CHAPITRE XLI
Anciens siéges de Québec.—Siêge de 1759,
183. Nos jeunes lecteurs se souviendront que la belle capitale do la Nouvelle-France, Québec, fut fondée par Samucl do Champlain en 1698. Environ 20 ans après, les Anglais vinront la prondre; mais colle fut renduo aux Français. Soixanto ans plus tard cncore, du temps du gouverneur FFrontenac, les Anglais, sous l'amirai Phipps, se pré<cutèront de nouveau pour s'emparer de la place. Cotto fois, cependant, clle fut sauvée, grâce à là bravoure du vicnx gouverneur qui, ainsi que nous l'avons vu, battit Phipps ct contraignit sa flotte à s'éloigner.
Uno troisièmo fois, on 1709, les Anglais envoyèrent
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-des vaisseaux do guerre et des soldats, sous l'amiral :: Walker dans le but de prendre la cité. Do Vaudreuil était alors gouverneur ot prêt à combattro pour la. défense de ss capitale, comme l'avait fait Frontonnc.
Mais les vents ct les flots la tirèront do danger; los
navires de Walker firent naufrago avant mème qu'il en fût à uno distanco do 500 milles. |
Il s'était encoro écoulé un laps de temps do quarante neuf années, lorsque les Anglais firent lour quatrième
- et dernière tentative. C'était en 1759. Un autre de
Vaudreuil, fils do celui que nous avons cité plus haut,
. gouvernait au Canada. Il lui était réservé, ainsi que nous.
allons le raconter, d’être témoin de la prico do la ville:
pe les Anglais ot de survivro aux derniers jours de la.
ouvelle-France.
184. À la fin de juin 1759, une flotte d'environ cinquante vaisseaux de gucrre anglais remonta le St.
Laurent.
En gagnant le haut de l'Ile d'Orléans, l'amiral et le
.: général no tardèrent pas à voir quelle rude tâche ils: ‘auraient à remplir. ÆEn dehors de l'enceinte de la.
cité, et de l’autre côté do la rivière St. Charles s’écho-
‘lonnaicnt les troupes de Montcalm postées derrière des retranchemonts qui, partant de l'embouchure do
cette rivière, s’étendaient au loin vers les chutes do Montmorency. Eu égard au peu do profondeur de
‘l'eau, les gros navires anglais no pouvaient pas péné-
trer dans la rade pour faire fou sur elles. I] n’y avait. pas non plus possibilité do faire débarquer des soldats.
en bateaux pour les combattre; car les Français pou-
vaiont aisément balayor à coups de mousquets ot de canons un nombre quelconque d'hommes enfoncés jusqu'aux genoux dans le sable ct la vase.
185. Les deux commandants remontèrent le fleuvo en bateau, le long do la rive sud. Do là, ils trouvèrent que la rive opposéc était partout eccarpéc ct surveilléo par les Francais. Bref, la placo qu’ils venaient prendro était par sa position naturelle si forte, ct si bien gardéo, . qu’ils no savaiont pas de quelle manière ils pourraiont
> arriver. Lo soul plan auquel ils y ip songer, c'était do la bombarder de la Pointe-Lévi, situéc do l’autre côté du fleuve, ct en mêmo temps do cherchor à faire sortir Montcalm de son camp rotranché pour livrer bataille.
Lo plan d'attaque ainsi arrêté, une partio des troupes anglaises fut stationnéc à la Pointe-Leévis, où elle établit an camp ct rangea des batteries do canons do gros calibre pour tirer sur la ville. En mêmo temps, l’onnemi forma un autre camp, au delà do la rivière Montmorcney, à son emhouchurce, ct non loin des chutes. Enfin, il s’en établit un troisitme au haut de l'ile d'Or- Jéans, dans le but surtout d’y recevoir et d'y soigner les malades ct les blescés.
187. Dans un petit livre cômmo celui-ci, il scrait impossible de relater tous les détails du siégo. Cependant, il cst facile de voir que co fut une affaire Lien autrement grande qu'aucune des anciennes attaques dont il a question au commencement de co chapitre.
Tous les jours, ct généralement aussi toutes les nuits,
endant cnviron dix semaines, le canon do la Pointo-
vis ne cessa do vomir les boulets et les bombes sur Québec. La Dasse-Ville fut Licntôt ruinéc. A la Haute-Ville, les édifices publics, les églises ct des containcs d'habitations bourgeoises furent détruites ou fort endommagées. Les rues ne présentaient que des ruines. Tous les habitants, en état do le faire, quittè- . rent la ville. :
188. Comme Montcalm ne voulait pas abandonner #a position pour combattre les Anglais à n'importe lequel de leurs camps, Wolfo prit le parti de l’attaquer là où il était. La tentative cut lieu le 31 juillet, aux retranchements les plus rapprochés de l'embouchure de la rivière Montmorency; mais ce fut une affaire complètement manquéce. Les Anglais furent repoussés, après avoir perdu plusieurs centaines d'hommes, tant tués quo blessés ct prisonniers. Bicntôt après, Wolfe tomba malade do fièvres ct faillit mourir. |