‹ Histoire du Canada pour les enfants [microforme]Chapitre 67 sur 88 · ARE · texte numérisé non relu

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Pendant ce séjour, il visita les Trois-Rivières, Montréal, Chambly et Sorel, les seules villes qui, outre Québec, fussent de quelque importance au Canada. Partout le rince fut accueilli avec la plus grande joie. Lord orchester (Guy Carleton) était alors gouvernour. Le lendemain matin de son arrivée, il se rendit à terro dans son canot au-dessus duquel fiottait l’étendard royal. Quatre autres embarcations remplies d'officiers et d'hommes appartenant aux autres vaisseaux do

uerre qui se trouvaient alors dans le port, venaient à

a suite de celle du prince. En somme, le débarquement fut une superbe affaire. Les matelois étaient tous aux vergues et les vaisseaux de guerre tirèrent chacun un salut royal de 21 coups. En même temps,leurs équipages,ainsi que ceux des vaisseaux marchands et des bâtiments de transport firent entendre trois hourrabs. Au débarcadère, près du marché Champlain, le prince fut reçu par tous les principaux citoyens de la ville. Puis le cortégo partit processionnellement de la Basse- Ville et gravit lu côte de la montagne jusqu’à la Place d'Armes. Des détachements de milices provinciales formaient la haie le long des rues. Lorsquo le princo mit pied à terre, aussi bien qu’à son arrivée à la place : d'armes, le oanon de la ville lui donna le salut royul. Sur toute la route que suivit la procession, Son Altosse fut accucillie par des sourires ct des hourrahs. Les fenêtres étaicnt garnies de dames. En dépit de la pluie qui tombait à torrents, toutes les physionomies rayonnaient de joie et disaient combien la population était reconnaissante de posséder au milieu d'elle lo fils du roi Gcorge III. Inutile de dire quo le prince portait gon uniformo de capitaine, co qui ajoutait au plaisir que sa vuo causaié au peuple.

La journée se termina par un banquet donné au château. Lo soir, on tira un feu d'artifice, ct il y ouë illumination par toute la ville. Telle fut la manière dont fut honoréo la visite de premicr fils de roi qui débarqua à Québoc.

Lo lendemain, lo gouverneur, Lord Dorchester, alla

visiter le princ: à bord de son vaisseau lo Pégase où il était retourné. Lorsqu'il monta sur le navirc ct lorsqu'il le quitta, l’artillerio lo salua de 19 coups do canon. Le soir du méme jour, il y out dos #dresses en Francais ct on Anglais. Jusqu’aux premiers jours de septembre, époque à laquelle le prince partit pour ies Trois-Rivières, le temps so passa de la facon la plus joyouse. On cut bals, revues de troupes sur les plaines d'Abraham et illuminations.

Sa visite aux Trois-Rivières terminée, le prince alla à Montréal. Là, comme à Québec, rien ne fut épargné pour fêter l’occasion. “Son Altesse, nous dit-on, dina avec Lord Dorchester ; lo soir, les troupes et la milico tirèrent le canon, et la ville fut magnifiquement illuminée. Les dames furent présentées au prince lo lundi, et le soir du mardi, il y eut grand bal. On y lut plusieurs adresses dont une venant des magistrats ot des citoyens et portant les signatures de sujets français et anglais indistinctement. ”

Après plusieurs jours passés à Montréal, le prince visita tour-à-tour Chambly et Sorel. Il arriva le 17 septembre à cette dernière place. Dans l’adresso qu'ils lui présentèrent, les habitants sollicitèrent de lui la permission de substituer pour leur ville au nom de Sorel celui de William Henry, en l'honneur de son heureuse visite.

Le 10 octobre, le Pégase quittait avec le prince le port de Québec. À

Quarante-trois ans plus tard, en 1830, le prince devint roi d'Angleterre, sous le titre de Guillaume IV.

Il n'avait pas oublié son excursion au Canada, et toutes les fois que des Canadiens furent présentés à sa cour, il les accueillit ot conversa avec eux du ton le plus affable.

213. Quatre ans après William Henry vint le prince Edouard, quatrième fils du roi Georgo IIT. Son frère était venu en marin, avec son vaisseau; lo princo Edouard amena lui, son régiment, car il avait embrassé lo métier des armos.

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Lbrd Dorchester était encore gouverneur, mais à la veille de partir pour l'Angleterre.

La réception faite au prince Edouard ne semble pas avoir été tov** fait une aussi grande affaire que celle dont Willian :enry avait été l'objet. Pourtant, il y eut des salut: . .yaux, des revues, des bals, des banquets et d’autres façons de témoigner du respect à un fils de roi. Son Altesse ne tarda pas à attirer l'attention en accompagnant, très-peu de temps après son arrivée, les soldats de son régiment pour aider à éteindre un incendie dangereux. Grâce à cette conduite, le peuple conçut uno haute idée de sa personne. Bientôt après, le 2 novembre, jour anniversaire de sa naissance, la la ville fut illuminée. En juin 1792, il y eut nresque une émeute à l’occasion du choix qui se faisait d’un membre pour le comté de Québec. Le prince, qui se trouvait là, tâcha de calmer le peuple par un speech où il disait: “Ne mo parlez plus de l’odicuse question qu'on ne cesse de soulever à propos de Français et d'Anglais. Vous êtes tous ici, et tous au même titre, les bien-aimés sujets canadiens du roi.” Ces paroles furent accueillies par les applaudissements des auditeurs qui dès lors renoncèrent à toute mésintelligence entre eux.

Le prince remonta le cours du St. Laurent plus haut que n'avait fait son frère; car il visita la cataracte de Niagara en août 1792. Son séjour au Canada fut de deux ans et demi. Il quitta Québec pour se rendre aux Indes occidentales ct se dirigea vers Boston par la route du Richelieu et du lac Champlain.

Lo prince Edouard reçut, quelques années plus tard, letitro de Duc de Kent. S'il avait survécu au règne de Guillaume IV, il serait devenu roi ; mais il y avait alors dix-sept ans qu’il était mort.

Nos jeunes lecteurs, peut-être, n’ont pas besoin qu'on lour dise que ce même prince Edouard, ou Duc de Kent, fut le père de la reine Victoria.

Après son départ du Canada, il n’y eut plus de royale visite à la colonie pendant l’espace de 66 ans. Alors

vint son petit-fils, qui est le prince de Galles ot le fils ainé de la Reine Victoria.

Nous parlerons de sa visite dans un des chapitres suivants.

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