‹ Histoire du Canada, sous la domination française [microforme] (volume 2)Chapitre 22 sur 76 · USE SITE · texte numérisé non relu

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Port-Royal

appartint à M. pe Larour, (le même dont il a été parlé plus haut), soit que les deux commandans fussent trop voisins pour dereurer longtemps amis; la mésintelligence se mit bientôt entreux, et ils ne tardèrent pas à en venir aux armes. Après quelques hosti. lités de quelque importance, CHARNISE’ ayant appris que LATOUR était sorti de son fort de S'aint-Jeun, avec la meilleure partie de sa garnison, crut l’occasion favorable pour s’en rendre maître, et y marcha avec toutes ses troupes,

Madame DE LarTour y était restée ; et quoique surprise avec un petit nombre de soldats, elle résolut de se défendre jusqu’à l’extrémité. Elle le fit, en effe*, pendant trois jours, avec tant de courage, que les assiégeans furent obligés de s’éloigner: mais le quatrième jour, qui était le dimanche de Pâques, elle fut trahie par un Suisse, qui était en faction, et que CHARNISE” avait trouvé le moyen de corrompre. Elle ne se crüt pourtant pas encore sans resssource ; quand elle apprit que l’ennemi escaladait la muraille, elle y monta pour la défendre, à la tête de sa petite garnison. CHanr- NISE”, qui s’imagina que cette garnison était plus forte qu'il ne l’avait cru d’abord, proposa à la dame de la recevoir à composition, et elle y consentit, pour sauver la vie à ce peu de braves gens, qui l’avaient si bien secondée. CHarnise” ne fut pas plutôt entré dans la place, qu’il eut honte d’avoir capititulé avec une femme, qui ne lui avait opposé que son courage et une poignée d’hommes mal armés, Îl se plaignit qu’on l’avait trompé, et prétendit être en droit de ne garder aucun des articles de la capitulation. À la mauvaise foi il ajouta un excès de barbarie qu’on aurait peine à croire, s’il était

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raconté d’un Sauvage: il fit pendre tous les gens de Madame DE Larour, à l’exception d’un seul, à condition qu’il serait le vourreau de tous les autres, et il obligea son intéressante prisonnière à assister, la corde au cou, à cette atroce exécution. L’histoire ne dit pas si ce scélérat péri lui-même par la main d’un bourreau ; mais il parait qu’il ne vécut pas encore longtemps, non plus que madame DE LAToUR ; car quelques années après, par un assez bizarre caprice du hazard, on voit A. pe LaTour époux de sa veuve, et de nouveau en possession du fort de Saint-Jean et même de Port-Royal.

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