‹ Histoire du Canada, sous la domination française [microforme] (volume 2)Chapitre 45 sur 76 · PR · texte numérisé non relu

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Iroquois, imitez mon exemple ?” Le député des tri-

bus outaouaises parla à peu près dans le même sens : pe celui des Abénaquis dit qu’il n’avait pas d'autre hache la

que celle de son père, et que son père l’ayant enterrée, eu 0 : . ee: tag il n’en avait plus. Les Iroquois domiciliés firent la glai

même déclaration. Après quoi, il fut conclu ct signé Es à une espèce de traité provisoire, en attendant une grande ii Jr | assemblée, qui fut indiquée au mois d’août de l’année la E lit suivante. Le gouverneur signa le premier, ensuite Qu L l’intendant, puis le gouverneur de Montréal, le com-

. Te eu mandant des troupes, et les supérieurs ecclésiastiques pee

fl qui se trouvaient à l’assemblée. Les chefs sauvages Fe

signèrcnt ensuite, en mettant, chacun, la marque de sa Le tribu au bas du traité. Les Onnontagués et les Tson- . qe nonthouans tracèrent une araignée ; les Goyogouins, un de : Ù | calumet ; les Onneyouths, un morceau de bois en ne HE | fourche, avec une pierre au milieu ; et les Agniers, un

ours. Ce traité est daté du 8 septembre 1700. :

Le gouverneur dépêcha aux tribus du Nord et de se

14 les chefs de ces tribus à l’assemblée générale de l’année suivante. Dans l’intervalle, une attaque faite à | l’improviste par un parti d’Outaouais contre des chas- | | | seurs iroquois, et le projet de la construction d’un fort | |

[UN A ; quart | l'Ouest le P. ANJELRAN et lesieur DE COURTEMANCHE, audi 11 TRE ü à 1€ el pour engager celles qui n’avaient pas envoyé de dépu- ns h ! 4 s ° 4 r [| tés à Montréal à acquiescer au traité, et pour amener 1 i Î e so

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au Détroit, donnèrent lieu à quelques plaintes de la

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! | part des Cantons; mais M. DE CALLIERES parvint à fin d ! A: . . . Q e L | Fi les satisfaire, ou à leur faire entendre raison, sur ces io ARE deux points. ; dernie

| l M. DE CALLIERES écrivit au ministre de la marine

. embr et des colonies (M. pr PoNTCHARTRAIN), pour lui

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rendre compte de ce qu’il avait fait. Il lui mandait, en même temps, qu’il pensait qu’on devait profiter de la présente disposition des Cantons, pour régler avantageusement les limites, entre les Français et les Anglais ; que si l’on ne pouvait pas obtenir la propriété du pays des Iroquois, il fallait, au moins, faire en sorte qu’il fût déclaré neutre, et qu’il ne fût permis ni à la France ni à l’ Angleterre d’y faire des établissemens. Quant à la religion, il jugeait qu’on devait laisser à ces peuples une liberté entière de choisir ou des mission naires catholiques, ou des ministres protestants, persua— dé, dit le P. CHarLevoix, qu’ils préfèreraient toujours les premiers aux seconds.

Vers la fin de juillet 1701, Montréal se vit rempli de Sauvages de toutes les tribus. Les Iroquois s’y trouvèrent au nombre de deux cents. Le P. ANJEL- RAN en amena un grand nombre des tribus du Nord et de l’Ouest, et COURTEMANCHE y arriva, des mêmes quartiers, avec cent-qu'atre-vingts canots. La première audience publique eut lieu, le ler. août. Le gouverneur fondait sa principale espérance, pour le succès de son grand dessein, sur KoNDIARONK, à qui il avait presque toute l’obligation de ce concert et de cette réunion, jusqu'alors sans exemple, detant de tribus sauvages, pour la paix générale ; mais ce chef tomba malade, au commencement de sa harangue, qu’il ne put achever qu’à voix basse. Ilse trouva plus mal, à la fin de la séance, et on le porta à l’Hôtel-Dieu, où il mourut, le lendemain, au matin, après avoir reçu les derniers secours de la religion chrétienne, qu’il avait embrassée. Les funérailles qu’on lui fit eurent quel-

que chose de magnifique et de singulier : M. ce SAINT- SB

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Ours, premier capitaine, ouvrait la marche, avec soixante soldats sous les armes. Ensuite venaient seize guerriers hurons, marchant quatre à quatre, vêtus de longues robes de castor, le visage” peint en noir, et le fusil sous le bras. Le clergé venait après, et six chefs de guerre portaient le cercueil, qui était couvert d’un poële semé de fleurs, sur lequel il y avait un chapeau avec un plumet, un hausse-col, et une épée. Les frères et les enfans du défunt étaient derrière, accompagnés de tous les chefs des nations, et M. ze Vau- DREUIL, gouverneur de la ville, fermait la marche. A la fin du service, il y eut deux décharges de mousquets, et ae troisième, après que le corps eut été mis en t *. Il fut enterré dans l’église paroissiale, et l’on m. sur sa tombe cette inscription: Cy-Git Le Rar, Chef Huron.*

La mort de KonprARONK, et celle de plusieurs autres Sauvages des plus considérables, qui arriva dans le même temps, engagèrent le gouverneur à presser la conclusion du traité. Il indiqua la dernière assemblée au & août. On choisit une grande plaine, hors de la ville ; on y fit une double enceinte de cent-vingt pieds de long, et de soixante-douze de large, l’entre-deux en ayant six. On ménagea, à l’un des bouts, une salle couverte, d'environ trente pieds, pour les dames et le beau monde

* KonpraronK, toujours applaudi, lorsqu'il parlait en public, % ne brillait pas moins, dit CHARLEvoIx, dans les conversations particulières, et on prenait souvent plaisir à l’agacer, pour entendre ses reparties, qui étaient toujours vives, pleines de sel et ordinairement sans réplique. Il était, en cela, le seul homme du Canada qui püt tenir tête au comte de FroNrTenac, lequel l’invitait souvent à sa table, pour procurer cette satisfaction à ses oficiers.??

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de la ville. Les soldats furent placés tout autour, et treize cents Sauvages furent arrangés dans l’enceinte en très bel ordre, L’intendant, le gouverneur de Montréal et les principaux oflicicrs entourraient le gouverneur général, qui était placé de manière à pouvoir être vu et entendu de tous, et qui parla le premier.

Il dit, en peu de mots, que l’année précédente, il avait arrêté la paix entre toutes les nations ; mais que comme de toutes celles de l’Ouest et du Nord, il ne s'était trouvé à Montréal, que des Hurons et des Outaouais, il avait fait inviter les autres à lui envoyer des députés ; afin qu’il pût leur ôter solennellement la hache des mains ; déclarer à tous ceux qui le reconnaissaient pour leur père, qu’il voulait être désormais le seul arbitre de leurs différens ; leur recommander l’oubli du passé, et leur promettre à tous une égale justice. “ Vous devez, ajouta-t-il, être las de la guerre, dont vous n’avez tiré aucun avantage, et quand une fois vous aurez gouté les douceurs de la paix, vous a su gré de tout ce que j'ai fait pour vous la procu-

Les Sauvages applaudirent à ce discours par de grandes acclamations : plusieurs des chefs y répondirent par des harangues. Les prisonniers de guerre furent ensuite remis, de part et d’autre, et le traité de paix fut apporté et signé par trente-deux députés Après vint le grand calumet. M. pe CaALLieres fuma le premier, ensuite M. DE CHAMPIGNY, puis M pe Vaupreuiz, et tous les chefs et les députés cha on à leur tour. Le canon de la ville annonça, loin l'heureuse nouvelle, et le soir, il y eut illumination je feux de joie.

L'année suivante, M. DE CALLIERES reçut une députation solennelle des Cantons, qui le remerciaient de le‘w avoir donné ja paix, et lui demandaient des missionnaires. Tout semblait lui sourire, lorsqu'il apprit que la guerre était déclarée entre l’Angleterre et la France, et qu’on attendait à Boston, des vaisseaux d'Angleterre, pour croiser dans le fleuve Saint-Laurent, et même pour faire le siège de Québec. Il se hâta de faire travailler aux fortifications de cette ville, écrivit à la cour de France, pour avoir des recrues, et prit toutes les mesures que lui suggérèrent son habileté et son expérience dans la guerre. % Il était lui-même, dit Cxar- LEVOIX, la plus grande ressource de la Nouvelle- France ; mais elle eut le malheur de le perdre, days le temps qu'il lui était le plus nécessaire. Il mourut, à Québec, le 26 mai 1703, autant regretté que le méritait le général le plus accompli w’eut encore eu cette colonie, et l’homme dont elle avait reçu les plus grands services.??

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