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de cauou, par jour, semblait disputer au gouverneur, son époux, la gloire de ses fonctions. : Rien ne décourageait les assiégés, ni le mauvais succès des sorties qu’ils tentèrent, à plusieurs reprises, ni l’habileté des opérations concertées par l’amiral Boscawrn et le major-général AMHERST. Ce ne fut qu’à la veille d’un assaut impossible à soutenir, qu’on parla de se rendre. La garnison de Louisbourg devait être prisonnière de guerre, et conduite en Angleterre. Sa perte, en tués et blessés, n’était pas considérable. (Celle des assiégeans, suivant JEFFERYS, fut de moins de deux cents hommestués, et d’environ trois cent-cinquante blessés. Ils trouvèrent, dans la ville, une quantité considérable d’artillerie, de munitions et d’effets militaires de toutes sortes, et se rendirent maîtres de plusieurs vaisseaux de guerre.
Dans la capitulation de Louisbours furent comprises l’île du Cap-Breton et celle de Saint-Jean. Le gouverneur de cette dernière, qui ne se croyait pas lié par la capitulation de Louisbours, fit d’abord quelque résistance, dans le fort qui la défendait ; mais il se rendit ensuite au lieutenant-colonel RocLo, par une nouvelle capitulation, en vertu de laquelle, les habitans de l’île devaient remettre leurs armes au commandant anelais, et être ensuite transportés en France, aux frais de l'Angleterre. Ces habitans, la plupart Acadiens réfugiés, étaient au nombre d’environ 4,000, répartis en différents endroits de l’île. [ls y vivaient presque tous dans l’aisance, et plusieurs récoltaient jusqu’à 1,200 minots de bled, par année. Le nombre de leurs bêtes à cornes était de plus de’ 10,000. Québec était un marché sûr pour le surplus de leurs grains et de
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leurs viandes de boucherie, et la perte de l’île Saint- Jean ne contribua pas peu à augmenter la disette de vivres cn Canada.
Dès le commencement de l’année 1758, le marquis de VAUDREUIL avait reçu avis qu’un gros corps de troùpes anglaises s’assemblait à Albany, sous le commandement du général ABERCROMBIE, dans la vue d’attaquer Carillon. Comme la possession de ce poste important n’était pas à négliger, il envoya des renforts au marquis de MonTcALM, qui étaittoujours dans ces quartiers. Ces renforts arrivèrent à Carillon, le 20 juin. Le ler. juillet, le général fit prendre les devans à M. DE BOURLAMAQUE, avec les régimens de la Reine, de Guienne et de Béarn. et les suivit, avec ceux de la Sarre, de Languedoc et de Roussillon, et le premier bataillon de Berry, jusqu’à la Chûte, où il campa. Le second bataillon de Berry, et plusieurs compagnies de Canadiens furent laissés au fort, comme garnison.
Le lendemain, 2 juillet, M. ne BOURLAMAQUE reconnut les montagnes, à la gauche du camp, et. forma deux compagnies de volontai'es, sous les capitaines BERNARD et DUPRAT, pour être envoyées en avant, et obtenir avis de l’approche de l’armée anglaise, qui était alors à l’autre extrémité du lac George. Le 5, un de ces partis donna avis que l’armée d’ABERCROMBIE s'était embarquée pour descendre le lac. Cette armée consistait en ‘7,000 hommes de troupes réglées, et 13, 000 de troupes provinciales. Aussitôt que le signal de son embarquement eut été donné, le colonel Bourr.a- MAQUE détacha le capitaine DE TREPEZR'E, avec trois cents hommes; pour épier ses mouvemens,
Le 6,-on apperçut l’avant-garde de l’armée anglaise,
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et à son approche du portage, BouRLAMAQUE retraitx, pour rejoindre MonrTcaLM, qui avait pris possession des hauteurs, où l'ingénieur en chef Pont-L1r-Roy avait érigé des retranchemens, et fait faire un grand abattis d'arbres. Dans sa retraite, le détachement de Trepg- ZE'E, qui s’égara, fut rencontré par un plus fort détachement d’Ang'ais, commandé par lord Howe. Il s’en-suivit un combat, où le commandant anglais fut tué, mais où les Français furent défaits, avec perte d’un grand nombre de morts et de blessés, et de centcinquante prisonniers. M. pe l'REPEzr’E y fut blessé mortellement.
Le 8 au matin, toute la garnison fut sous les armes : les régimens de la Reine, de Guienne et de Béarn étaient postés à la droite, sous les ordres de M. De Le’vis, qui venait d'arriver sur les lieux ; ceux de la Sarre et de Languedoc, et deux forts piquets, à la gauche, sous M. pz Bourcamaque. Le centre, où s'était placé le marquis de MonTcALM, se composait des régimens de Roussillon et de Berry, et de plusieurs piquets. Les volontaires attachés à l’armée avaient pris position dans les bois ouverts, entre la rivière et la chûte. Les troupes de la colonie et les Canadiens étaient postés derrière les retranchemens érigés dans la plaine, et étaient soutenus par un corps de réserve, composé des huit compagnies de grenadiers et de plusieurs piquets. Ces dispositions faites, l’armée attendit avec impatience l’arrivée des Anglais.
Vers midi, on entendit le feu commencer sur les gardes avancées, qui se replièrent, en bon ordre, sur le régiment de la'Sarre, et bientôt, les Anglais arrivèrent, en quatre colonnes, formées de 14,000 hommes, trois
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Déjà le combat était devenu général, sur toute la ligne : les Anglais se précipitaient sur les retranchements avec la fureur la plus aveugle : inutilement on les foudroyait, du haut du parapet, sans qu’ils pussent se défendre ; inutilement, ils tombaient enfilés, embarrassès dns les tronçons au travers desquels leur fougue les avait emportés : tant de perte ne faisait qu’accroître cette rage effrénée. Elle se soutint pendant plus de quatre heures, et leur couta plus de 4,000 hommes tuës ou blessés, avant qu’ils abandonnassent une entreprise aussi téméraire.
Sur les quatre heures, le feu se rallentit un peu : le général ABERCROMBIE avait laissé une réserve de 6,000 hommes à la Châte: il en fit venir 5,000, qui, Joints aux autres, recommencèrent un combat déserpéré ; mais la défense ne fut pas moins opiniâtre que la première fois. Enfin, voyant qu’il n’y avait pour lui
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aucune espérance de succès, et que s’opiniâtrer plus longtemps, c’était s’exposer à une entière défaite, le général anglais prit le parti d’ordonner la retraite. Les derniers des Anglais qui tinrent ferme furent ceux de la colonne du penchant de la côte, et ce furent les Canadiens, sortis de leurs retranchemens, qui eurent l’honneur de les mettre en pleine retraite.
La perte des Français fut d'environ cinq cents hommes tuës où blessés, et celle des Anglais d'environ 5000: il en fut enterré de 14 à 1,500, dans les retranchemens et dans les bois voisins. Le marquis de MonTcALM ne parut jamais plus grand que dans cette journée : il se montrait partout, avec un air gai et assuré, ets’exposait, comme le simple soldat, au plus grand danger, en faisant mouvoir sa réserve, pour fortifier les endroits qui lui paraissaient les plus faibles. MM. pe Levis et DE BOURLAMAQUE y donnèrent aussi des preuves éclatantes de bravoure et d’habileté. Ce fut M. pe Levis qui dirigea les mouvemens des Canadiens contre la colonne de gauche des Anglais, M.DE BoURLAMAQUE fut blessé grièvement.
L'armée française n’était pas composée de plus de 4,000 hommes, au commencement de l’action, et elle
se trouvait diminuée de cinq cents : celie des Anglais
était encore de 13 à 14,000 hommes : aussi s’attendait-
on à la voir evenir, le lendemain ; mais on apprit que
le général ABERCROMBIE avait fait rembarquer ses
troupes, à la hâte, et s’était retiré, avec elles, à l’extré-
mité du lac George.
La victoire de Carillon ne dédommagea pas les Fran- |
çais de la perte de Louisbourg ; mais elle retarda peutêtre d’un an encore l’envahissement du Canada,
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Le général ABERCROMBIE renonça au projet de se rendre maître de Carillon et de la Pointe à la Chevelure, mais il accueillit favorablement la proposition que lui fit le colonel BRADSTREET d’attaquer le fort de Frontenac. M. PAyenN De Noyan, qui commandait à ce poste, ayant eu avis qu'il allait être attaqué, envoya, en diligence, demander au gouverneur un renfoïit de troupes. M. De VAuDREUIL fit partir 1,500 hommes de milices, sous le commandement de M. Dupzessis-FABIOT ; mais à peine cet officier était-il arrivé à la Chine, qu’il apprit que DE Noyan s’était rendu. BRADSTREET ayant traversé le Saint Laurent, le 25 août, à la tête de 3,000 hommes, s’établit d’abord, à cinq cents verges du fort Frontenac, s’en approcha ensuite, en s’emparant d’un retranchemet abandonné, et battit la place avec tant d’effet, qu’au bout de trois jours, la garnison, que la maladie ou la désertion avait réduite à cent-vingt hommes, fut contrainte de se rendre prisopnière de guerre. Le fort Frontenac contenait des canons, des petites armes, des munitions et des vivres pour une grosse garnison. Les Anglais y trouvèrent encore une grande quantité de marchandises destinées au commerce avec les Sauvages, et s’emparèrent d’une huitaine de vaisseaux de 10 à 18 canons, qu’on n’avait pas eu la précaution de faire éloigner, ou qui manquaient d'hommes pour la manœuvre. Après avoir démantelé la place, brûlé les vaisseaux, et détruit les effets qu’il ne pouvait pas emporter, BRADSTREET retraversa le fleuve, et alla rejoindre son général.
Aussitôt que le gouverneur général eut été informé que les Anglais s’étaient éloignés de Catarocouy, il y
Lu. Roy, avec ordre de rebâtir le fort, I fit partir, en mêmes temps, un autre détachement, sous le capitaine DE MonrTiGny, pour renforcer la garnison de Niagara, et prêter main-forte, s’il était nécessaire, à M. DE LicNery, successeur de M. Dumas, au fort Duquesne. Mais pour ce dernier pote, le renfort ne fut pas envoyé à temps, ou n’était pas assez considérab':.
Dès la fin de juillet, le brigadier MorBEs était parti | de Philadelphie, avec un gros corps de troupes réglées. Il fut joint, en route, par un corps de troupes proviniales, sous le colonel WASHINGTON ; continua à s’a-
À ! vancer à l’ouest ; fit jonction, à Raystown, avec ïe co-
ER lonel BouqaurT, qui commandait, en cet endroit, et se
RURAAUMR trouva à la tête de 7 à 8,000 hommes. BouquET, en- UE
l voyé en avant ; avec 2,000 hommes, s'arrêta à seize ou dix-sept lieues du fort Duquesne, et détacha le ma- ; jor GRANT, avec huit cents hommes, pour en aller re- Wu | connaître les apjiroches.
R Les Français, avaient été instruits, de bonne heure, de tous ces mouvemens, et s'étant placés en ambus- | cade, ils attaquèrent GRANT, à l’improviste, le défirent, Lt et je firent prisonnier, avec trois cents de ses gens, après ji a lui en avoir tué ou blessé un égal nombre. QE 0 Cet échec n’affaiblissait pas assez l’armée anglaise, HU | pour donner à M. pe LiGNERY la confiance de pou- [En 4 voir lui résister, dans son fort ; aussi se hâta-t-il de se (l retirer, avec sa gärnison, dès qu’il sut que Forses allait arriver. L2 général anglais, en prenant possession du fort Duquesne, en changea le nom en celui de fort Pitt, ou Pittsburg. Il y laissa une forte garnison, et s’en retourna à Philadelphie.
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