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désordre. La battcrie de mortiers et de canons fut érigée, cet bientôt, la basse ville ne fut plus qu’un monceau de ruines.
Les troupes anglaises étaient à peine débarquées sur l’île d'Orléans, qu’il s’éleva une tempête furjeuse : quelques uns des plus gros vaiseaux chassèrent sui leurs ancres ; plusieurs bâtimens de transport perdirent leurs agrès, et un nombre de vaisseaux plus petits coulérent à fond, ou se brisèrent, l’un contre l’autre. Profitant de l’cbscurité de la nuit, et du désordre de la flotte ennemie, le général français fii partir huit brulots, pour la réduire en cendres. Hommes et vaisseaux eussent infailliblement péri, si l’opération avait été conduite avec le courage, le sangfroid et l’intelligence qu’elle exigeait; mais ceux qui en avaient été chargés ne possédaient aucune de ces qualités, ou du moins, ne les réunissaient pas toutes. Impatients d’assurer leur retour à terre, ils mirent beaucoup trop tôt le feu aux bâtimens dont ils avaient la direction. Aussi les Anglais, avertis à temps du dangeï qui les menaçait, vinrent-ils à bout de s’en garantir, par leur audace et leur activité. [ls touèrent les brulots sur le rivage, où ils brulèrent à fleur d’eau, et il ne leur en couta que deux faibles navires.
Le général Wozre traversa, le 9 juillet, de l’île d'Orléans sur la côte du nord, et campa à la gauche des Français, sur la rive gauche de la rivière de Montmorency. Il espérait qu’en montant le long de cette rivière, il pourrait la traverser à gué, et attaquer le marqus de MonrTcaLzm, avec plus d'avantage que dans ses retranchemens. Mais le général francais, qui avait reconnu la rivière Montmorency, avait eu la précaution
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d'élever des retranchemens, à l’éndroit du gué, lé seul qui offrit un passage p.aticable. Le détachement que Wore y envoya fut attaqué, deux fois, dans sa route, et contraint de s’en retourner, après avoir perdu une cinquantaine d’hommes.
Le genéral anglais. voyant peu d'apparence de succès, de ce côté, passa devant Québec, le 18 juillet, avec quelques vaisseaux portant des troupes, afin de reconnaître les bords du fleuve, du côté de cette ville, et voir s’il n’y trouverait pas un endroit favorable à la descente. Ayant trouvé partout i:: côte inaccessible, entre Québec et le Cap Rouge, il se contenta d’envoyer ie colonel CARLETON à la Pointe aux Trembles, où on lui avait dit qu’il y avait des magasins d’armes et de munitions, et s’en rétourna découragé, et désespérant presque du succès de l’entreprise contre la capitale du Canada.
Cependant, les généraux PRIDEAUX et JOHNSON “étaient mis en marche, pour aller assiéger Niagara. En passant à l'embouchure de la rivière d’Oswego, ils y laissèrent un détachement de 2,000 hommes, avec l’ordre de rebâtir le fort détruit d’Ontario. Le chevalier de LA CoRKE s’avança, du même côté, dans le dessein de hérceler les Anglais, et de les empêcher, s’il était possible, d’avancer vers Niagara. Les Français et les Anglais se trouvèrent en présence, les uns des autres ; mais, comme le combat allait s’engager, la terreur s'empara du détachement de LA CoRNF, qui fut contraint de s'éloigner. Quoique bien inférieur, du côté du nombre, il croyait pouvoir renouveller la tentative, le lendemain ; mais il trouva les Anglais sur leurs A C
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gardes, et trop bien retranchés, pour qu’il fût prudent de les attaquer,
M. Poucxor ne fut averti qu’il allait être assiégé, que par la vue des Anglais, qui parurent devant son fort, le 6 juillet. Dès le soir, il reçut du général Pri- DEAUX la sommation de se rendre. Il lui fit réponse que sa garnison était brave, que sa place était forte, et qu’il se flattait de mériter l’estime des Anglais, par la défense qu’il y ferait. Il dépêcha aussitôt des courriers à M. D’Ausry et à M. de LICNERY, qui commandaient à l'Ouest, pour leur mander de le venirjoindre, avec autant d’hommes qu’ils pourraient.
Sur la réponse du commandant de Niagara, les Anglais mirent le siège devant cette forteresse, et le poussèrent avec vigreur et habileté ; mais la défense ne fut ni moins vigoureuse, ni moins habile. Le 21, Pri- DEAUX fut tué, et remplacé, dans le commandement, par sir WizziAM Jonnson. Le lendemain, M. Povcor reçut une lettre de M. D’AuBry, lui annonçant qu’il arrivait, avec 1,500 hommes, Français et Sauvages, et qu’il se proposait. d'attaquer les Anglais, dans espoir de leur faire lever le siège de son fort.
Le combat se donna, en eflet, le 23; les Français commencèrent l'attaque, à leur ordinaire, avec beaucoup d’impétuosité ; "mais soit que leur commandant se füt laissé envelopper par des forces supérieures, comme il est dit, dans les mémoires du
chevalier de Levis ; soit qu’il eût été abandonné de ses Sauvages, comme le porte une autre relation, au bout d’une heure, ils se trouvèrent hors d’état de résister. Tous les officiers, au nombre de dix-sept, y compris M. p’AuBry, M. pe Licnery, et M. Marin, et
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presque tous les Français, ou Canadiens, qui n’avaient pas été tués, furent faits prisonniers.
Le lendemain, JoHNsoN envoya un trompette au commandant français, avec une liste des dix-sept officiers faits prisonniers, pour le convaincre de l’inutilité d’une défense prolongée. M, PoucHorT se montra persuadé de cette vérité, et il fut signé une capitulation, eù vertu de laquelle la garnison de Niagara, forte de six cents hommes, sortit avec les honneurs de la guerre, pour ètre ensuite embarquée sur le lac Ontario, et conduite à New-Vork. Les femmes ct les enfans furent envoyés à Montréal.
La défaite du corps d’AUBRY, et la reddition du fort de Niagara firent une vive sensation dans la colonie, d’autant plus que la communication avec le Détroit se trouvait coupée, et qu’il devenail nécessaire d’évacuer plusieurs autres postes. On fut persuadé que les Anglais se présenteraient incessamment aux Rapides, d’où M. pe LA CoRN£E avait écrit qu'il était hors d’état de résister, et qu’il serait contraint de se retirer, à l’approche de l’ennerni.
Le pénéral AMHERST arriva, en effet, au commenceméënt d'août, à Carillon, qu’il trouva abandonné et détruit, én conséquence de l’ordre qu'avait reçu M. D'HEBECOURT, qui y commandait, de se retirer, à l'approche de forces supérieures. M. D’HEeBEcoURT se retira d’abord à la Pointe à la Chevelure, où il fit sauter lé fort Saint-Frédérir, et ensuite à l’Ile aux Noix, où M. ne BoURLAMAQUE avait élevé des retranchemens, et commandait une garnison de 3,260 hommes. Ayant appris que le fort Saint-Frédéric avait aussi été abandonné, AMHERST s’y rendit, avec son armée, forte
d'environ 10,000 hommes, et y construisit un nouveau fort, qui prit le nom anglais de Crown Point.
Pour nous rapprocher de Québec, le général Woure, désespérant de pouvoir eflectuer un débarquement, audessus de cette ville, résolut d’attaquer le marquis do Moxrcazm, dans ses retranchemens, entre Beauport et la rivière Montmorency. Dans ce dessein, il fit échouer deux pingues, ou navires à varangues plates, vis-à-vis de la principale redoute, à l’entrée de la rivière Montmorency, et fit placer un vaisseau de 60 canons entre ces deux bâtimens. Pendant que ces vaisseaux canonnaient la redoute, les brigades de Townsenn et de Murray fiwrent mises en bataille, pour tenter le passage du gué, quand l’ordre leur en serait donné ; et celle de MonkTon eut ordre de traverser de la Pointe Lévy, pour soutenir les deux premières, s’il était nécessaire.
À une heure de laprès-midi, le chevalier de Levis fut informé que 2,000 hommes de troupes anglaises étaienten mouvement, du côté du gué : il fit aussitôt partir cinq cents hommes et les Sauvages, pour renforcer ce poste, et donna ordre au capitaine DuPprAT de suivre le mouvement des ennemis, et de linformer de ce qui se passerait. S’étant apperçu que les troupes anglaises embarquées dans des berges et des chaloupes paraissaient se diriger vers la partie du camp retranché qui était vis-à-vis de la pointe de l’île d'Orléans, il y fit marcher le régiment de Roussillon, avec ordre au commandant de ce corps de communiquer, par sa droite, avec les troupes qui s’avançaient du centre de l’arraée vers les redoutes du Sault. Le général MonrTcazu joignit M. pe Levis, vers deux heures, et approuva les dispositions qu’il avait faites.
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Cependant, les berges anglaises faisaient divers mouvemens propres à inquiéter les Français, en les mettant dans l’impossibilité de deviner en quel endroit se ferait l’attaque principale, ou plutôt, eu leur donnant à croire qu’ils seraient attaqués, en mme temps, à différents endroits. Ces mouvemens divers venaient, en grande partie, de ce que la plupart des berges s’échouèrent sur des bas-fonds ; ce qui fit que les troupes ne purent débarquer aussitôt que le général l’aurait désiré,
La brigade de TownNSEND attaqua les retranchemens
du Sault, avant qu’elle fût à portée d’être soutenue par les deux autres, ct fut reçue par un feu si vif d’artillerie et de mousqueterie que, dès l’abord, les grenadiers, qui s'étaient avancés presque en désordre, à la téte des autres troupes, perdirent un grand nombre d’hommer, et surtout d’ofliciers. Le chevalier de Levis, voyant que les Anglais s’étrient déterminés à ne faire qu’une seule attaque, fit renforcer le point attaqué des régiinens de Guienne et de Roussillon. Les Anglais redoublèrent d'efforts, soutenus par le feu de leurs vaisseaux échoués, mais toujours sans succès, et perdient beaucoup de monde. Vers cinq heures, la confusion se mit dans leurs rangs ; ils commencèrent à plier et à se retirer, et il survint une espèce de tempête, qui les déroba, pour quelque temps, à la vue de leurs ennemis. Lorsque les Français les revirent, ils s’embarquaient dans leurs berges et leurs chaloupes, derrière leurs navires échoués. :
La perte des Anglais, dans ce combat, qui se livra le 31 juillet, fut de près de 1,000 hommes, en tués, blessés et prisonniers. Celle des Français ne fut que
d’une trentaine de soldats tués, et de quelques officiers AC
blessés. La victoire que ces derniers remportérent fut principalement dûe aux judicieuses dispositions et à l’activité du chevalier de Levis.
Aussitôt après sa défaite, WoLre détacha le brigadier Murray, avec 1,200 hommes, afin de seconder l’amiral HoLMEs, qui était passé au-dessus de Québec, avec quatre vaisseaux, pour tenter de détruire les frégates françaises. Murray tenta deux fois de descendre à la Pointe aux Trembles, et fut repoussé, chaque fois, par M. DE BouGaINviLzr, qui y commandait, avec environ 1,000 hommes. Le général anglais réussit néanmoins à cffectuer une descente à Déchambault, où il brula quelque bagage appartenant aux officiers de l’armée française ; après quoi, il se rembarqua.
Quelques jours après le combat de Montmorency, le général pe Levis fut envoyé dans le gouvernement de Montréal, pour y ordonner les travaux et les dispositions qu’il croirait les plus utiles pour la défense de cette partie de la colonie,
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