‹ Histoire du Canada, sous la domination française [microforme] (volume 2)Chapitre 70 sur 76 · CHAPITRE XLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLV

Bataille de Québec.—Retraite de l'armée française. Capitulation de Québec.

Les Aüglais passèrent tout le mois d’août à canonner Québec et le camp de Montmorency, et à faire sur l’eau divers mouvemens propres à inquiéter les Français.*

* Suivant M. Sir, les Anglais firent aussi, dans le cours du même. mois, des excursions qu’on pourrait appeller déprédatoires et barbares, si elles avaient été telles qu’il les rapporte. Le ler août, dit, en substance, cet historien, un détachement, commandé par le capitaine GoREHAM, fut envoyé à la Baie Saint-Paul, pour y faire des vivres. Une corvette, qui convoyait le détachement, ayant jetté l’ancre vis-à-vis de l’île aux Coudres, elle fut seluée par une décharge de mousqueterie, qui lui tua un homme, et lui en blessa huit : sur quoi, le capitaine Gorr- HAM fit débarquer ses gens, chargea les habitans, et les mit en fuite. Peu content de cette facile victoire, il brula toutes les maisons, et ne laissa sur pied que l’église, sur la porte de laquelle il mit un écriteau, portant qu’on en avait agi, et qu’on en agirait encore avec cette rigueur envers les Canadiens, en conséquence du peu de cas qu’ils avaient fait de la proclamation du général Wozre, et de l’inhumanité avec laquelle ils avaient traité les Anglais, en PIHALeUES occasions. Le plaine GoreHAM fit ensuite un utin qui consista en vingt bêtes à cornes, quarante mou tons, plusieurs cochons, des meubles, des hardes, des livres, etc.

6 Le général WozrE (dit toujours M. SMITH,) ayant

Dans les premiers jours de septembre, le général Wozre, voyant la saison avancée, et désespérant da pouvoir forcer les Français, dans leurs lignes de Beau port et de Montmorency, résolut, d’après l’avis de son conseil de guerre, de changer de position, et d’essayer de combattre le marquis de MonrTcALM, dans une sitution moins désavantageuse ; une victoire étant à peu près devenue, pour les assaillans, la seule alternative de |! salut.

Dans la nuit du 12 au 13 septembre (1759), les trou. pes anglaises traversèrent, en plusieurs divisions, dans des bateaux plats et des chaloupes, de la Pointe Lévy sur la rive du nord, et débarquèrent, successivement, à

{ l l’anse du Foulon, appellée aussi, depuis, l.Anse de à Wolfe, sans que les Français s’apperçussent de leurs

| appris qué le curé du Chateau-Richer s’était fortifié, dans une grande maison, avec quatre-vingts de ses paroissiens, y envoya un détachement, avec une pièce de canon et un obusier. Au premier coup de canon tiré sur la maison dan

fortifiée, les Canadiens en sortirent, pour aller au-devant

des assaillans: mais ils tombèrent dans une ambuscade, qui me leur avait été dressée, à l’entrée du bois : il y en eut trente que de tués, et les Anglais leur enlevèrent la chevelure, en di conséquence (ajoute notre historien.) de ce qu’ils s’étaient P déguisés en Sauvages. har : Un autre détachement anglais, envoyé du côté de Beau. des mont, y surprit une vingtaine d’habitans occupés à faire la én ï récolte. Ceux-ci prirent leurs armes, se relirèrent der- Ë Ï rière un bois taillis, et tirèrent, avant que les Anglais fus- du « Ù sent à la portée du fusil. L’officier anglais partagea ses peu i gens en trois bandes, pour prendre les Canadiens en front é et sur les deux flancs. Ces derniers tirèrent sur la bande Qu | du centre, qui s’avançait au petit pas ; sur quoi, les deux tion f autres, précipitant leur marche, tombèrent, à l’improviste, st sur les Canadiens, leur tuèrent cinq hommes et leur en °C À prirent quatre. Les Anglais n’eurent que quelques hom- ou in | mes de blessés, dans ces deux dernières rencontres.” défer

le général spérant da , de Beau vis de son . d'essayer 1s une situétant à peu ernative de

)), les trou:

sions, dans sinte Lévy ivement, à l’ Anse de t de leurs

ortifié, dans aroissiens, Y non et un la maison au-devant uscade, qui neut trente velure, en ils s'étaient

é de Beaubs à faire la èrent dernglais fusrtagea ses s en front rla bande les deux mproviste, et leur en

jues homes.”

mouvemen#, ou s’y opporassent. Un premier détachement, composé de cent-cinquante hommes, réussit d’abord, avec quelque difficulté, à gravir la côte, après avoir délogé la garde française qui défendait, ou devait défendre le passage, mais qui se laissa surprendre, quoique la nuit ne fût pas obscure.” Ce détachement fut bientôt suivi d’un gros renfort, et enfin de toute l’armée, qui so forma sur les plaines apnelléss les Hauteurs d'Abraham. Elle sc trouva en ordre de bataille, à la pointe du jour, et s’avança alors, pour prendre une position plus avantageuse, entre la ville et l’anse du Foulon.

Aussitôt que le marquis de MonrcALM eut été informé du débarquement des Anglais, qu’il eût été si facile d'empêcher, s’il y eût eu des troupes pour s’y onpeèer, il se hâta de traverser la rivière Saint-Charles et la ville, pour venir offrir le combat au général WoLrs, laissant le marquis de Vaunreurc et le baron de SENNEZERGUES dans le camp, avec un gros corps de Canadiens. L’armée française, ou plutôt son général, ne consultant que son ardeur, en cette occasion, ou peut-être étourdi par l’apparition de WoLre sur les hauteurs d’Abraham, résolut de tout hazarder, malgré la disproportion des forces, et quoiqu'il ne tint qu’à lui de combattre le général anglais, avec des forces supérieures, au moins du côté du nombre. Il ne fallait, pour cela, qu’un peu de patience et de temporisation : la garnison de Québec pouvait se renforcer, sur le champ, et la jonction de l’armée de Monrcazm et du gros corps de

* Cette garde, ou ce piquet, était commandée par l’inepte ou indolent DE VERGoR, qui ne s’était pas beaucoup mieux défendu, trois ans auparavant, dans son fort de Beauséjour.

EE 5 = mm À ne sn Fi

Dee. L'ege v

rt er

Page 1