DE L'IMPRIMERIE DE LOVELL ET GIBSON, RUE ST. NICOLAS
(EL, ment publi naitr aime Nous Nouv
et un.
“IL serait sans doute superflu d’argumenter longue- -ment, pour prouver l’utilité, ou l’à-propos de la présente publication. Tous les hommes doivent désirer de connaître l’histvire de leur pays, de leur nation ; tous doivent aimer à savoir ce qu'ont été, ce qu'ont fait leurs ancêtres. Nous avons, il est vrai, une ‘ Histoire Générale de la Nouvelle-France,” par le P. François bE CHARLEVOIX, et une Histoire du Canada en langue anglaise, par M. (maintenant l'honorable) William S1iTH; nous avons RaYNaL; nous avons enfin les “ Beautés de l'Histoire du Canada” mais l'Histoire de Charlevoix, qui est devenue rare, même en Canada, et qui ne sera probablement pas réimprimée, ne va pas au-delà de 1725, et est d’ailleurs remplie de détails minutieux, et souvent hors du sujet, qui en rendent la lecture ennuyeuse et rebutante pour la plupart des lecteurs ; l'ouvrage de M. Smith est plein de faits, (ou pour mieux dire d’anecdotes,) qui ont tout l'air d’être, sinon absolument controuvés, du moins étrangement défigurés. Raynal, dans son
“ Histoire du Commerce et des Etablissemens des Euro- A2
péens dans les deux Indes,” ne rapporte que quelques traits isolés de l’histoire du Canada, et l’auteur des ‘““Beautés” de cette histoire, qui. s’est principalement attaché à décrire les mœurs et les usages des Sauvages, n’ajoute rien à ce qu’on en lit dans l'ouvrage volumineux du P. Charlevoix. Une Histoire suivie, uniforme et complète du Canada, sous la Domination Française, manquait donc aux lecteurs Canadiens, et nous avons eu l'intention, au moins, de bien mériter de nos compatriotes, en leur donnant cette histoire.”
Ainsi nous exprimions-nous dans la Préface de notre première édition. Depuis lors, il nous est tombé
sous la main des documens qui nous mettent en état de
corriger plusieurs erreurs, dans lesquelles nous étions
tombé, en suivant Charlevoix, particulièrement à l'égard de QuarTIER et de ROBERVAL, et de nous étendre davantage sur les deux époques les plus intéressantes des annales du Canada, celle de la découverte de ce pays, et celle de la guerre qui l’a fait passer de la domi-
nation de la France sous celle de l'Angleterre.
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Si l’on s’en rapportait à la carte géographique publiée par Guillaume PosreL, vers 1550, l'ile de Terre-Neuve, et les côtes voisines du continent américain, auraient été connues et fréquentées par des pêcheurs Français, de temps immémorial.*
Des écrivains anglais ont soutenu qu’au douzième siècle, un prince du pays de Galles, nommé Mapoc, ayant navigué du côté de l’ouest, découvrit le continent américain, vers le 35e. degré de latitude septentrionale, et y fonda une colonie.f Il paraît plus avéré que même avant l’époque où l’on place l’expédition du prince gallois, les Scandinaves découvrirent, vers l’ouest, une contrée fertile et tempérée, qu’ils nommèrent Vinlande, (Vinland), ou Terre des Vignes, et y firent un établissement. Il n’est peut-être pas bien prouvé que cette
* Terra hæc, y est-il dit, ob lucratissimam piscationis utilitatem, summä litterarum memoriä, à Gullis adiri solita, et antè mille sercentos annos frequentari solita est ; sed ed qudd sit urbibus inculta et vasta spreta est.
C'est sans doute en partie d'#près cette autorité, que LEscar- Bor avance que les ‘ Dieppois, les Malouins,"les Rochelois, et autres mariniers français, fréquentaient déjà Des plusieurs siècles, le grand banc et les côtes de Terre-Neuve.” Il ajoute qu'encore de son temps une grande partie des noms des îles, caps, hâvres, &c, de ces parages, étaient bretons ou basques.
t “ Manor, prince de Galles, fatigué des troubles qui régnaient dans son pays, équippa quelques vaisseaux, sur lesquels il s’embarqua en 1171, dans le dessein de trouver un pays où il pourrait s'établir et vivre tranquillement. Ayant découvert, vers l’ouest, une contrée fertile, il y laissa une partie de ses compagnons, et revint dans son pays natal, afin de prendre assez de monde pour fonder une colonie. Il remit à la voile avec dix vaisseaux chargés de gens de bonne volonté, tant hommes que femmes, et ne reparut plus.” Telle est la substance de la légende.
contrée soit celle qui porte aujourd’hui les noms de Massachusetts et de Rhode Island; mais un fait qui parait maintenant certain, c'est que la partie méridionale du Groenlande (Greenland), de la Terre- Verte, fut non seulement découverte, mais encore colonisée par des hommes du Nord, Danois, Norwégiens ou Islandais, entre le 10e. et le 11e. siècle.
Des écrivains ont avancé, suivant CHARLEVOIX, qu’en 1477, un Polonais, nommé Jean SCALVE, étant entré dans le bras de mer qui a été appellé depuis Détroit d’Audson, découvrit le pays que d'anciens géographes ont nommé Æstotilande, (ou Statesland,) et auquel les Anglais ont donné le nom d’Eust-Main, ou de Terre- Ferme de l'Est, par opposition à celle qui est située de l’autre côté de la baie d'Hudson.
Quoiqu'il en soit de ces découvertes, vraies ou imaginaires, avant Christophe Corous(Christoforo CoLouB0,) on ne parlait en Europe ni d’un nouveau Monde, ni d’un Continent occidental; ce grand homme eut le premier l’idée, fut le premier persuadé de l'existence de ce continent ; et pourtant, dans son premier voyage de 1492, et dans celui de l’année suivante, il se contenta de la découverte de quelques unes des îles nommées ensuite Lucayes et Antilles, et laissa à AuERIC-VESPUCE (Amerigo VESrucc1) la gloire de découvrir le premier le continent, ou la Terre-Ferme de l'Amérique, comme fut appellée la région dont cetillustre navigateur rangea les côtes en 1497.
La même année 1497, Sébastien CABorT, ou GABOTo, fils de Jean Gaboto, marchand vénitien établi à Bristol en Angleterre, ayant armé aux frais, ou sous les auspices de Henry VIL cingla vers l’ouest, passa au nord de l’île de Terre-Neuve, qu'il se contenta de voir de loin, découvrit les côtes d’une partie de la région à laquelle ses gens donnèrent le nom de Labrador, s'éleva au nord
jusqu'a jusque parait ( de poss Une quelque décrites DE Cor un pass Legé dit que (Norma sur les précisén s'être fai fleur en
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ou GABOTO, bli à Bristol les auspices au nord de voir de loin, laquelle ses bya au nord
jusqu'au 56e. degré de latitude, puis redescendit au sud jusque vers le 36e., d'où il repassa en Angleterre.* Il parait qu’il ne débarqua nulle part, et ne fit aucune prise
| de possession.
Une partie des côtes de l'ile de Terre-Neuve et quelques unes des îles voisines, furent reconnues et décrites, en 1500, par le navigateur Portugais, Gaspard DE CORTEREAL. Comme Cabot, il cherchait par le nord un passage aux Indes.
Le géographe Guillaume DELISLE, parlant du Canada, dit que ce pays fut découvert par des pècheurs Français (Normands et Bretons), qui faisaient la pêche de la morue sur les bancs de Terre-Neuve; il ne détermine pas précisément l’époque de cette découverte ; mais elle doit s'être faite avant que Jean DENYs, navigateur de Honfleur en Normandie, eut tracé une carte de la Grande- Baie, qu’on a depuis appellée Golfe Saint-Laurent, et } suivant Charlevoix, cette carte portait la date de 1505.f
L'auteur d’un Voyage rapporte que vers 1506, un capitaine Espagnol, nommé VELASCO, remonta près de deux cents lieues dans la grande Rivière de Canada,
4 appellée depuis Fleuve Saint-Laurent. Ce fait, regardé
jusqu’à dernièrement comme dénué de toute vraisem-
*“Faisant voile, dit-il, en longeant la côte, afin de voir si je
trouverais quelque golfe qui la coupît, je vis que la terre se pro- 4 longeait toujours jusqu’au 56e, de latitude, et m'appercevant que M vers cet endroit, la côte faisait un coude vers l’orient, et désespé- Mrant de trouver un passage, je revins sur mes pas, et fis route en Ucotoyant cette terre, cinglant vers l'équateur. J’arrivai à la partie ‘du continent qu'on nomme aujourd’hui Floride, lorsque venant à manquer de vivres, je mis à la voile pour l’Angleterre.”
“Sous Louis XII, les Français s’occupèrent de chercher le
solution du problème du passage aux Indes par le nord-ouest, but de toutes les expéditions et voyages maritimes d'alors.
Ils décourirent le Canada, fréquentèrent l’île de Terre-Neuve en 1504’êt
y fondèrent l’industrie de la pêche de la morue, dont les autres nations partagèrent plus tard les bénéfices et les avantages.”—M, MG. T. Poussin.
blance, est devenu au moins plus probable, depuis qu’un canon de bronze, de très ancienne fabrique, a été trouvé dans ce fleuve, à cent quarante lieues de son embouchure. En 1508, un pilote de Dieppe, nommé AUBERT, engagé dans la pêche de la morue, près des attérages de Terre- Neuve, toucha aux terres du Canada, probablement près de la baie de Gaspé, et emmena en France un ou deux des naturels du pays.
En 1518, le baron de LERY, vicomte de GUEu, reconnut une partie des côtes du Canada, ou du moins quelques unes des îles du golfe de Saint-Laurent. C’est le premier des Français à qui on a attribué le projet de fond2r une colonie en Amérique, “Il avait, dit LescARBoT, le courage porté à de hautes choses et désirait s'établir par delà (en Amérique), et y donner commencement à un établissement de Français.” Malheureusement, il sut mal choisir son poste : ayant abordé à l’ZZe de Sable, par le 44e. degré de latitude septentrionale, il y débarqua des animaux domestiques de différentes espèces, dans la vue d’y revenir avec des émigrans, si même il n’y laissa pas dès lors un certain nombre de familles, comme quelques écrivains l’ont avancé. Dans
ce cas, les nouveaux-colons durent être bientôt contraints d'abandonner cette terre infertile et presque inhabitable, pour n’y pas périr misérablement.
Jusqu’alors les rois de France avaient laissé voyager leurs sujets en Amérique, sans se mêler de leurs expéditions, ni trop s'occuper de leurs découvertes ; mais en 1523, François I, voulant exciter l’émulation des Français par rapport à la navigation et au commerce, comme il l'avait déjà fait avec succès par rapport aux arts et à la littérature, donna commission à Jean VER- RAZZAN (Giovanni da VERRAZZANO), Florentin, qui était à son service, d'aller reconnaître les terres nou-
au no!
Fran:
L’a en me mence tout c Zan, soit q avec pays la tra était basqu sort d
*U réten lorid
ce qui et & | le Flo comm d’aprè Verre cet au 1525,
velles, dont on commençait à parler beaucoup en France. Verrazzan partit de Dieppe avec quatre petits vaisseaux, qu'il ramena dans le même port, l’annéc suivante. On ignore par quelle hauteur Verrazzan découvrit la terre, dans ce premier voyage, et jusqu’à quel degré il s’éleva au nord. Vers la fin de la même année 1524, Verrazzan
arma de nouveau un‘ navire, sur lequel il s’'embarquea, .
avec cinquante hommes d'équipage et des provisions pour huit mois. Il rangea les côtes de l'Amérique Septentrionale, entre le 32e. et le 47:. degré de latitude ; attéra en plusieurs endroits, imposa des noms aux caps, baies, ports et îles qu’il reconnut ; prit possession du pays au nom de Frunçois I, et lui donna le nom de Nouvelle France.
L'année suivante, 1525, le même navigateur se remit en mer, dans le dessein, a-t-on écrit, de donner commencement à une colonie française en Amérique ; mais tout ce qu’on sait de cette dernière entreprise de Verrazzan, c’est que s'étant embarqué, il ne reparut plus; soit qu’il eût péri en mer, soit qu’il eût été massacré, avec tous ceux qui l’accompagnaient, par les naturels du
pays où il avait entrepris de bâtir un fort, et qui, suivant
la tradition la plus accréditée du temps de Lescarbot, était l'ile du Cap-Breton, appellée alors en langage basque, Ile de Bacallos, ou des Morues.* Le malheureux sort de Verrazzan, joint aux malheurs de l’état, et surtout
* Un écrivain moderne, appuyé d’autorités anciennes sans doute, per que ce fut sur une partie du continent contiguë à la
loride, pays découvert en 1512, par gr Poxcs ps Leon ; ce qui semblerait donner quelque poids à l'opinion de CARDENAz et de l’auteur de la vie de Cabot, qui disent que Jean Verrazzan, le Florentin, fut pris par les Espagnols, en 1525, regardé par eux comme pirate et pendu. Pour réfuter cette assertion, TrTLER avance, d'après une lettre d’Annibal Cano, citée par TIRABOSCHI, que Verrazzan vivait encore en 1537. Il ne serait donc pas mort, suivant cet auteur, ou n'aurait pas péri, d’une manière ou d’une autre, en 1525, comme l'ont affirmé tous les écrivains français.
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à la captivité du roi, fut cause que pendant plusieurs années, on ne songea plus en France, à former d’établissemens en Amérique.
En 1527, Pamphile NaRvAEz, parti de Cadix, avec une escadre, aborda sur les côtes de la Floride ; pénétra, | accompagné de trois cents hommes, jusqu’à la haute région des Apalaches ; regagna ensuite les bords de la mer, et parvint à l'embouchure du fleuve Apalachicola. Il y fit construire des chaloupes, sur lesquelles il s’'embarqua, avec ceux de ses gens qui n’avaient pas péri dans l'expédition ; et, cotoyant les bords de la mer, de l’est à l’ouest, il reconnut l'entrée d’un grand fleuve, qui ne pouvait être que le Micissipi.
Suivant HAKLUYT, les Anglais auraient envoyé, en 1529, deux vaisseaux sur les côtes orientales de l’Amérique du Nord, lesquels auraient reconnu Terre-Neuve, le Labrador, le Cap-Breton, et les côtes d’une contrée qu’ils nommèrent Arembec, ou Norembègue ; mais ce
voyage, s’il eut réellement lieu, n’eut pas pour lors d’autres résultats; ce ne fut que beaucoup plus tard que la Norembègue cessa de faire partie de ce que Verrazzan avait appellé Nouvelle France, et prit le nom de Nouvelle Angleterre.
endant plusieurs ormer d’établis.
oride ; pénétra, squ’à la haute e les bords de ve Apalachi.
sur lesquelles n'avaient pas
grand fleuve,
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l'erre-Neuve, l’une contrée [ue ; maïs ce as pour lors plus tard que 1e Verrazzan >)m de Nou-
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