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remarquable, ège de Louisuée, en 1757; l'amiral Loué de l’année hal, à qui nous qu'une flotte ne et de dixhes de troupes habarus, à une tait démontré e distance ne été impossible es nécessaires é à le rendre L’assaillant nonçaient des oir appeller la
ruse à son secours, et pendant que, par une ligne prolongée, il menacçait et couvrait toute la côte, il descendit en force sur le rivage de l’anse au Cormoran.
Cet endroit était faible de sa nature; mais les Français l'avaient étayé d’un bon parapet, fortifié par des canons, dont le feu se soutenait, et par des pierriers d'un gros calibre. Derrière ce rempart étaient 2,000 bons soldats et quelques Sauvages. En avant, il y avait un abattis d'arbres si serré, qu’on eût eu bien de la peine à y passer, quand même il n'aurait pas été défendu. Cette espèce de palissade, qui cachait tous les préparatifs de défense, ne paraissait, dans l’éloignement, qu'une plaine verdoyante.
C'était le salut de la colonie, si l’on eût laissé à l’assaillant le temps d'achever son débarquement, et de s'avancer, dans la confiance de ne trouver que peu d'obstacles à forcer. Alors, accablé, tout-à-coup, par le feu de l'artillerie et de la mousqueterie, il eût infailliblement péri sur le rivage, ou dans la précipitation du rembarquement. Cette perte inopinée aurait pu rompre le fil de tous ses projets: mais l’impétuosité française fit échouer toutes les précautions de la prudence : à peine les Anglais eurent-ils fait quelques mouvemens, pour s'approcher du rivage, qu’on se hâta de découvrir le piège où ils devaient être pris. Au feu brusque et précipité qu'on fit sur leurs chaloupes, et plus encore à l’'empressement qu’on eut de déranger les branches d'arbres qui masquaient les forces qu'on avait tant d'intérêt à cacher, ils devinèrent le péril où ils allaient se jetter. Dès ce moment, revenant sur leurs pas, ils ne virent plus d’endroit pour descendre, qu'un seul rocher, qui même avait paru jusqu'alors inaccessible. Le brigadier WorE, quoique fortement occupé du soin rf2
de faire rembarquer ses troupes, fit signe au mir Scott de s’y rendre.
Cet officier s’y porta aussitôt, avec les soklats qu'il commandait. Sa chaloupe étant arrivée la prernière, et s'étant enfoncée, au moment 5:ù il mettait pied à terre, il grimpa tout seui sur le rocher. Il espérait y trouver cent des siens, qu’on y avait cavoyés, depuis quelques heures; il n’y en avait que dix. Avec ce petit nombre d’hommes, il ne laissa pas de gagner le haut du rocher. Les Français lui tuent deux hommes et lui en bl::sent deux autres mortellement ; mais malgré sa *itlesse, il se soutient dans ce poste important, à la faveur d’un épais tailliss Enfin, ses intrépides compagnons bravant, pour le joindre, et le courroux de la mer et le feu du canon, achèvent de le rentre maitre de la seule position qui pouvait leur assurer la descente.
Dès que les Français virent l’assaillant soliement établi sur le rivage, ils prirent l'unique parti qui leur restait, celui de s’enfermer dans les murs de la ville. Les fortifications de Louisbourg manquaient de solidité : les revêtemens des différentes courtines étaient entièrement écroulés. Il n’y avait qu’une casemate et et un petit magasin à l’abri des bombes. La garnison qui devait défendre la place n’était que d'environ 3,000 hommes, non compris les soldats de marine.
Le capitaine DESHERBIERS parvint à ‘'jetter quelques secours dans la place; mais l'artillerie anglaise ayant mis le feu à un des vaisseaux français, l'incendie se communiqua aux autres, et le port n’offrit plus qu’un bassin désolé et couvert de débris flottants.
Malgré ces désavantages, les assiégés se déterminèrent à la plus opiniâtre résistance. Pendant qu’ils se défendaient avec cette fermeté, les grands secours qu'on leur faisait espérer pouvaient arriver, et à tout évène-
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ment, ils préservaient le Canada de toute invasion, pour le reste de la campagne. Qui croirait que tant de résolution fut soutenue par le courage d’une femme ? Madame pe DrucourrT, continuellement sur les remparts, la bourse à la main, tirant elle-même trois coups de canon, par jour, semblait disputer au gouverneur, son époux, la gloire de ses fonctions. Rien ne découragcait les assiégés, ni le mauvais succès des sorties qu’ils tentèrent, à plusieurs reprises, ni l’habileté des opérations concertées par l'amiral Boscawen et le major-général* AMHErsT. Ce ne fut qu'à la veille d’un assaut impossible à soutenir, qu’on parla de se rendre. La garnison de Louisbourg devait être prisonnière de guerre, et conduite en Angleterre. Sa perte, en tués et blessés, n’était pas considérable. (Celle des assiégeans, suivant JEFFERYS, fut de moins de deux cents hommes tués, et d'environ trois cent-cinquante blessés, Dans la capitulation de Louisbourg furent comprises l'île du Cap-Breton et celle de Saint-Jean. Le gouverneur de cette dernière, qui ne se croyait pas lié par la capitulation de Louisbourg, fit d’abord quelque résistance. dans le fort qui la défendait; mais il se rendit enst àu lieutenant-colonel ROLLO, par une nouvelle capitulation, en vertu de laquelle, les habitans de l'ile devaient remettre leurs armes aù commandant anglais, et être ensuite transportés en France, aux frais de l'Angleterre. Ces habitans, la plupart Acadiens réfugiés, étaient au nombre d'environ 4,000, répartis en différents endroits de l'ile. His y vivaient presque tous dans l’aisance, et plusieurs récoltaient jusqu’à 1,200 minots de bled, par année, Le nombre de leurs bêtes à cornes était de plus de 10,000. Québec était un
* Maréchal-de-camp, ou général de division.
marché sûr pour le surplus de leurs grains et de leurs viandes de boucherie, et la perte de l'ile Saint-Jean ne contribua pas peu à augmenter la disette de vivres en Canada,
Dès le commencement de l’année 1758, le marquis de Vaudreuil avait reçu avis qu’un gros corps de troupes anglaises s’assemblait à Albany, sous le commandement du général ABeroroMBIE, dans la vue d'attaquer Carillon. Comme la possession de ce poste important n’était pas à négliger, il envoya des renforts au marquis de Montcalm, qui était toujours dans ces quartiers. Ces renforts arrivèrent à Carillon, le 20 juin. Le ler juillet, le général fit prendre les devans à M. de Bourlamaque, avec les régimens de la Reine, de Guienne et de Béarn, et les suivit, avec ceux de la Sarre, de Languedoc et de Roussillon, et le premier bataillon de Berry, jusqu’à la Châte, où il campa, Le second bataillon de Berry, et plusieurs compagnies de Canadiens furent laissés au fort, comme garnison.
Le lendemain, 2 juillet, M. de Bourlamaque reconnut les montagnes, à la gauche du camp, et forma deux compagnies de volontaires, sous les capitaines BE”NARD et DuPraT, pour être envoyées en avant, et obtenir avis de l'approche de l’armée anglaise, qui était alors à l’autre extrémité du lac George. Le 5, un de ces partis donna avis que l’armée d’Abercrombie s'était embarquée pour descendre le lac. Cette armée consistait en 6,000 hommes de troupes réglées, et 12,000 de troupes provinciales. Aussitôt que le signal de son embarquement eut été donné, le colonel Bourlamaque détacha le capitaine DE TREPEZEE, avec trois cents hommes, pour épier ses mouvemens.
Le 6, on apperçut l'avant-garde de l’armée anglaise, et à son approche du portage, Bourlamaque retraita,
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pour rejoindre Montcalm, qui avait pris possession des hauteurs, où l'ingénieur en chef Poxt-LE-RoY avait érigé des retranchemens, et fait faire un grand abattis d’arbres. Dans sa retraite, le détachement de Trépézée, qui s'égara, fut rencontré par un plus fort détachement d'Anglais, commandé par lord Howe. Il s’en suivit un combat, où le commandant anglais fut tué, mais où les Français furent défaits, avec perte d’un grand nombre de morts et de blessés, et de cent-cinquante prisonniers. M. de Trépézée y fut blessé mortellement.
Le 8 au matin, toute la garnison fut sous les armes : les régimens de la Reine, de Guienne et de Béarn étaient postées à la droite, sous les ordres de M. de Lévis, qui venait d'arriver sur les lieux ; ceux de la Sarre et de Languedoc, et deux forts piquets, à la gauche, sous M. de Bourlamaque. Le centre, où s'était placé le marquis de Montcalm, se composait des régimens de Roussillon et de Berry, et de plusieurs piquets. Les volontaires attachés à l’armée avaient pris position dans les bois ouverts, entre la rivière et la chûte, Les troupes de la colonie et les Canadiens étaient postées derrière les retranchemens érigés dans la plaine, et étaient soutenus par un corps de réserve, composé des huit compagnies de grenadiers et de plusieurs piquets. Ces dispositions faites, l’armée attendit avec impatience l’arrivée des Anglais.
Vers midi, on entendit le feu commencer sur les gardes avancées, qui se replièr nt, en bon ordre, sur le régiment de la Sarre, et bientôt, les Anglais arrivèrent, en quatre colonnes, formées de 14,000 hommes, trois sur la hauteur, et une sur le penchant de la côte. Celle de la droite attaqua, la première, la gauche des Français. La colonne du penchant de la côte, qui venait presque en front des Canadiens, après avoir
essuyé leur première et leur seconde décharge, se replia entièrement sur la régiment de la Reine, en montant la colline, pour forcer ses retranchemens. Cette colonne , essuya le feu du régiment de la Reine, en tête, et celui des Canadiens, en écharpe. Le combat ne fut nulle part plus meurtrier qu'en cet endroit. Les Canadiens, divisés en quatre brigades, commandées par MM. Ray- MOND, DE SAINT-OURS, DE LANAUDIERE et DE GASPE’, alternativement, firent des sorties sur cette colonne, en la prenant par-derrière, et lui tuèrent beaucoup de monde. Déjà le combat était devenu général, sur toute la ligne: les Anglais se précitaient sur les retranchemens avec la fureur la plus aveugle: inutilement on les foudroyait, du haut du parapet, sans qu’ils pussent se défendre; inutilement, ils tombaient enfilés, embarrassés, dans les tronçons au travers desquels leur fougue les avait emportés: tant de perte ne faisait qu’accroitre cette rage effrénée. Elle se soutint pendant plus de quatre heures, et leur couta près de 4,000 hommes tués ou blessés, avant qu’ils abandonnassent une entreprise aussi téméraire. | Sur les quatre heures, le feu se rallentit un peu: le général Abercrombie avait laissé une réserve de 6,000 hommes à la Chûte: il en fit venir 5,000, qui, joints aux autres, recommencèrent un combat désespéré ; mais la défense ne fut pas moins opiniâtre que la première fois. Enfin, voyant qu'il n’y avait pour lui aucune espérance de succès, et que s'opiniâtrer plus longtems, c'était s’exposer à une entière défaite, le général anglais prit le parti d’ordonner la retraite. Les derniers des Anglais qui tinrent ferme furent ceux de la colonne du penchant de la côte, et ce furent les Canadiens, sortis de leurs retranchemens, qui eurent l'honneur de les mettre en pleine retraite,
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