CHAPITRE PftSMlSR
avait d'abord Ie?é400 hommes pour renforcer J'araiée fédérale qui marçhail au secours des Grisons i. On envoya plus tard un renfort de 300 hommes, sous les ordres de Guillaume Felga ^. Ses conseillers furent Rodolphe Praromau, Jacques Garmiswyl et Jean Tecfatermann. Jacques Henny y prit le rang de banneret 3^ Willi Bieler celui de porte-enseigne. Le banneret des archers se nommait Loys Granjean. Les villes alliées de Lavaux s'offrirent à nous fournir quelques hommes et à occuper tous les passages. Fribourg , conjointement avec Soleure et Berne , fut chargé de garder les frontières depuis Brpug jusqu'au Pays-de-Vaud *. Nous envoyâmes de plus une garnison â Granson et 6 hommes occupèrent le château. Mais on les retira, dès que la Bourgogne se fut déclarée neutre 5.
Nos troupes ne prirent aucune part aux glorieux combats qui signalèrent la reprise des hostilités sur le Rhin. Elles étaient tenues en échec, ainsi que celles de Berne et de Soleure, par les forces ennemies qui se massaient aux environs de Dornach. Une de nos bannières se joignit aux Bernois et aux Schaffhousois , et ces troupes réunies prirent le château de Randeck, pillèrent Halsberg et Gottmadingen , et le hrûlèrent ainsi que le château de Fidingen. Elles firent le siège de Thiengea , jolie petite ville dans un site charmant , à l'entrée de la Forêt-Noire. Notre mattre artilleur y fut tué par un arquebusier juif qu'on fit exécuter après la prise de la place , avec des circonstances révoltantes ^.
^ J*ajouterai poar ceux qui aiment les détails, que ces troupes furent placées sous les ordres de Guillaume Reif. Steiby était banneret , Marti Tecbteirmann et François Arsent conseillers, Pierre Faucon porte-enseigne. Les bailliages fournirent leur contingent, dans la proportion suivante : Bellegarde 10 bommes, LaRocbe 6 , Morat 31, Gruyères 20, Bulle 4, Yuippens 2, Everdes 8 , Pont 16, St.- Aubin 2, Albeuve 7, Cbarmey et Gorbières 18, Montagny 16, Ghenàut 4. Ayant de partir, chaque soldat fut régalé d*un pot de vin, et à leur passage par Berne , nos troupes y furent traitées gratis et très-bien.. — ^ La lettre de Guillaume Felga du 12 février, fait mention de 630 bommes. — 3 Le poète Louis Sterner lui était attaché en qualité de secrétaire. Il est fait mention d*un Louis Sterner, dans le /iVre noir de 1501, comme ayant été arrêté et obligé de jurer une ourféhdé. A. G. — ^ Gloutz- Blotzbeim. — s Ibid. — ^ Suspendu par les pieds à un arbre, pendant 24 heures , il demanda un prêtre, assurant que la Mère de Dieu lui était apparue pour lui sauver la vie et le convertir à la religion chrétienne. Sa demande lui fut accordée , et on se contenta de lui trancher la tète. Gloutz^Blotzheim» L'Etat dé Fribourg récompensa le bourreau, A. G.
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La prise de Thiengen fut suivie de celle de plusieurs places, entr'autres de Blumenfeld , où la Baronne de Roseneck sauva sou mari en l'emportant sur ses épaules. On se disposait à pousser plus avant; mais Soleure ayant fait savoir que les Impériaux s'approchaient de son territoire, nous nous bâtâmes, ainsi que les Bernois» de venir à son secours, au grand mécontentement des alliés qui supposèrent à cette retraite des motifs moins honorables. Tous les détacbemens fribourgeois réunis formèrent un corps de 800 hommes, sous les ordres de trois chefs : Guillaume Felga, Diétrich d'Eoglisberg et Théodore Lary qui avait été placé à la tête des 50 hommes envoyés dès le commencement dans le comté de Baden. Les troupes suisses ne se distinguèrent pas dans cette campagne par leur discipline. On répandit sur le compte des Bernois et des Fribourgeois des plaintes amères, des bruits romanes^ ques *. Ce qu'il y a de sûr , c'est qu'en général ils se comportèrent très-mal. Leur retour eut lieu vers la fin de février 1499.
Cependant rartillerie promise par Louis XII n'arrivait pas. Les Confédérés chargèrent Fribourg d'écrire à ce monarque pour en presser l'envoi. Il se trouva que ces canons étaient arrêtés en Franche-Comté. On députa vers le Duc de Savoie pour en obtenir le transit. Pierre. d'Arsent^, de Fribourg, fut adjoint à la députation comme interprète, mais sans succès. Le Duc craignait de violer la neutralité, s'il avait permis le passage de cette artillerie par le pays de Gex. Elle n'arriva en Suisse que l'année suivante 3. Quand elle retourna en France, Fribourg la fit escorter jusqu'à Genève ^.
Les troupes fribourgeoises, commandées par Diétrich d'Ënglisberg, n'arrivèrent à Dornach, avec celles des petits Cantons, que le lendemain de la fameuse bataille qui termina la guerre de Souabe.
* GIoutz-Blotzheim. — 2 Une chronique cite François d'Àrsent. — 8 Nicolas Lombard en parie ainsi dans sa leUre datée de Mons, 1^^ mai : ce sont six pièces principales avec tout leur attirail. Par leur moyen on peut abattre tout ce que Ton veut. On se fait foil de tirer avec une des grosses pièces 31 coups en un jour. — ^ Chron. Mootenach.