‹ Histoire du Canton de Fribourg, Volume 2Chapitre 12 sur 63 · CHAPITRE Bjuransn · texte numérisé non relu

CHAPITRE Bjuransn

Les messagers Papau , Odet et Malan mirent toute une nuit à rassembler nos gens pour cette expédition. La paix fut conclue au congrès de Scbaffbouse, auquel assistèrent pour Fribourg Rodolphe Praroman et Nicolas Lombard.

Sept Fribourgeois, exilés pour meurtre, profitèrent de cette occasion pour rentrer dans leur foyer, sans y avoir été autorisés par le Gouvernement. Ce furent Ulli Heido Vonlanten, Hans Vonlanten, Hans Scborro, Claude Dryssert, Fillîng, Ulli Gaillard et Jean Mimay. Zurzach reçut une garnison zuricbo-fribourgeoise *.

Les désastres causés par cette guerre font frémir l'humanité, et doivent retomber comme une malédiction sur la mémoire de ce monarque absolu^, qui la provoqua par sa stupidité et son orgueil. Elle coûta la vie à une trentaine de mille hommes, détruisit près de deux mille petites villes , châteaux et villages , ravagea un dis- , trict d'environ trente milles d'Allemagne^, et, comme de coutume» traîna à sa suite la famine et la peste. Ces suites funestes se firent sentir jusques chez nous. Nos médecins ne purent plus suffire au grand nombre de malades, et on fut obligé d'appeler un docteur de Lausanne. La cherté était telle qu'on fit la visite de tous les greniers et qu'il fut enjoint à tous les propriétaires de céréales d'en fournir les marchés publics. Il fut défendu aux meuniers de retenir aux pauvres gens le son pour prix de mouture, de se faire payer plus de trois deniers par coupe de blé et cinq deniers par coupe d'épeautre, de garder chez eux ni chenaux, ni oies, ni canards, ni pigeons, ni poulets, et- de pétrir farine quelconque. Pour subvenir aux dépenses publiques, on fut forcé de lever un impôt de y2 p. %• Le nombre des bourgeois, naguères encore de 4000 , fut réduit au quart, et le commerce déclina rapidement.

Ces pertes matérielles n'étaient rien encore en comparaison du

1 Chronique Montenach — ^ £ntr*aiitres griefs qu'il articule contre les Suisses, dans sa lettre aux Etats d'Empire, datée de Fribouri;^ en Brisgau, il les accuse d'ôtre des paysans dépourvus de titres de noblesse, — 3 D'AU.

CHAPirmi PRBmsi. 31

écoliers de cliaqae camton catholique à Faniversité de Paris, en leur foornissant à chacun une bourse de 200 Ht. Hais la clause la plus singulière de ce traité fut rengagement que prit le Roi de le faire confirmer par son Parlement de Paris (1499). Cet arrangement s'étant fait sans la participation des Bernois, la diète de Luceme députa vers eux les plénipotentiaires deLuceme, Uri, Frihourg, Zoug et Soleute, pour leur représenter la nécessité de leur accession. Elle ne se fit pas attendre, à la grande jubilation des Confédérés.

Le calme qui , après la guerre de Souabe , s'établit pour quelques années dans nos relations extérieures , nous permet de revenir à Texamen de nos affaires privées. Avant de dire un dernier adieu à ce quinzième siècle si monumental et si intéressant , voyons les changemens qui se sont introduits dans les usages, les lois et les mœurs et jusques dans les limites du territoire.

■HP^l*^

32 SBCONDB PABTtE.

Page 1