‹ Histoire du Canton de Fribourg, Volume 2Chapitre 19 sur 63 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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portaient des armes ^, fesaient commerce de vin, sans payer Tohmgeld, etc.

On voit entr'aotres, par le verbal de cette visite, que Rue s'appelait tout simplement Rota , tandis que Riaz s'appelait Rotat^illa. Item que Gorbiéres n'était alors qu'une filiale de Hauteville, dont le cimetière, disent les RR. Visiteurs, yoz^r/n/fZ/e de serpens. Ces Messieurs arrivèrent à Fribourg, le 1" Septembre 1453, Tout le clergé, lé curé Houser en tète, alla à leur rencontre jusqu'au pont de Berne. Une foule de monde suivait en procession. Us trouvèrent peu de chose à corriger dans la tenue de notre Collégiale.

La plupart des cures étaient desservies par des vicaires, les titulaires résidant ailleurs. Il y avait un certain nombre de ces dernier^ à Lausanne, dont le chapitre, à cette époque, se composait de 32 chanoines, 24 chapelains et 12 enfans de chœur.

Les pèlerinages étaient alors fréquens. En 1 485 l'Etat accorda un subside de 2 liv. à Guillaume de Praroman et à Pierre Aley pour se rendre à St. Jacques de Compostelle. En 1493 on donna un passeport à Cassier et Muller qui voulaient visiter l'église de SS. Pierre et Paul à Rome.

Au commencement de juillet 1516 Pierre Falk, Humbert de Praroman ^, Hans Vogt, dit Seiler, s'embarquèrent à Venise. Pierre d'Englisberg,' Commandeur de Tordre de Jérusalem, les accompagna jusqu'à Rhodes. Ils furent tous les trois créés chevaliers du St. Sépulcre 3. Englisberg apporta de Rhodes la mesure exacte des distances qui, à Jérusalem, séparent les stations du Sauveur. Il les marqua sur le chemin de Bourguillon par sept piliers et trois croix, qui furent plantés depuis le citnetîère de St. Jean jusqu'à l'église de Bourguillon. Celle-ci fut censée être le Calvaire, et le cimetière de la Commanderie la maison de Pilate. Un marchand de Romans en Dauphiné, nommé Rotnanet Bonfin, qui voulait faire exécuter un semblable monument chez lui, obtint du Gouvernement de Fribourg un certificat daté du

^ MaD. du IT mars 1569. -^ ^ Sans doute celui -doBt fart mention la chronique de Lenz. — ^ Yoy. pièces justif. , N^ III,, le diplôme accordé à Praroman. .

10 novembre 1516, portant que son plan était conforme anx mesures suivies à Fribourg.

Les procédures contre les sorciers et sorcières commençaient à se multiplier. Nous consacrerons plus tard quelques pages spéciales à ce sujet intéressant. En général , les idées superstitieuses des siècles précédens, loin de s'affaiblir, semblaient prendre plus de consistance.

On fesait quelquefois garder dans les cimetières les corps des financiers, des avocats, des procureurs, etc., par crainte que le diable ne vint les déterrer.

Mais c'étaient surtout les phénomènes atmosphériques et, célestes qui prêtaient aux terreurs et aux interprétations les plus ridicules. L'éclipsé totale de soleil de 1485, consterna les populations qui en tirèrent les plus sinistres présages. Mais jamais Tinquiétude ne fut plus grande qu'en 1546. Le dimanche 9 mai de cette année , entre 7 et 8 heures du matin , au moment où la procession sortait de l'église, à Fribourg, on' vit distinctement trois soleils au firmament. Ceux de droite et de gauche étaient marqués chacun d'une croix blanche , disent les chroniques , et ceintes d'un cercle aux couleurs de feu.

La coutume de sonner contre les orages et les gelées du printemps subsistait toujours. £n 1532 on accusa le prédicant da Gouggisberg d'enseigner à faire la grêle. Une antre fois on mit bien vile à profit le chapeau d'un pendu pour en faire je ne sais quel sceau de ville.

Nos terres étant ravagées par les insectes , surtout du côté de Grasbourg, on écrivit au Vicaire général ^e Lausanne, puis à l'Fvêque, pour que notre Doyen Wilhelm Burger fit périr ces animaux, suivant le principe alors reçu : Omnis creatura* sententiam excommunicationis reformidare débet.

Rien de plus curieux qu'une lettre écrite à Messeigneurs par le Stadtschreiber de Zurich. Il se plaint qu'une somme de 313 écus

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lui a été voiée^ dans une auberge de Romont. Il ajoute qae ses chefs ayant consnlté an prêtre qui savait retrouver les choses perdues, celui*-ei avait déclaré que l'argent volé se trouvait effectivement à Romont , mais qu'il ne pouvait réussir à faire entrer le diable dans le corps du voleur, attendu que la conspiration de Vair^ entre Zurich et Fribourg^ est trop longue et la masse deau trop grande *.

Le supplice d'un hérétique était toujours regardé comme une chose fort louable , à laquelle on ne pouvait assez prendre part. Quaq,d un auto-da-fê de cette nature eut lieu à Granson en 1491, le Gouvernement de Fribourg s'y fit représenter par Guillaume d'Affry.

Le relâchement des mœurs et de la discipline monastique causait un tel scandale , que le Gouvernemept fut plus d'une fois obligé d'intervenir. On incriminait spécialement le couvent de St. Jean, celui d'Hauterive et celui de la Maigrauge. Nos députés à Granson furent chargés de s'aboucher avec le sacristain pour faire cesser, dans le premier, lés désordres touchant l'administration des sacremens et le service divin ^. Ce sacristain , nommé Guillaume Bourgeois , menait lui-même une vie scandaleuse. Le curé de Giez étant mort, il avait obtenu ce bénéfice pour un de ses parens, homme trés-ignorant. Ce fut en vain que Messeigneurs prièrent j'Abbé de Hautcrest de le faire remplacer par un prêtre plus digne. L^Abbé répondit que la chose ne pouvait se changer, mais que la première cure vacante appartiendrait à. Don Brunisperg, à qui Messeigneurs destinaient la cure de Giez 3.

Quant à l'abbaye d'Hauterive, le Prieur venait d'être déposé et banni de tout le Canton, pour avoir trompé Messeigneurs, au sujet de la cure de Cugy. Le frère Jost avait partagé* son sort. L'Abbé Tavemey lui-même s'était depuis longtemps compromis par son

4 A. C. — 2 Maaual du Conseil. Fol. 61. A. C. — » A. C.

Goûglûi

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incondoîte et ses intrigues. Il souleva une telle réprobation qu'il fut forcé de remettre fia charge à Jean Speglin. L'abbaye fut coddamnée à lui payer une pension annuelle i. Mais il s'en vengea en citant Spegiin par devant la cour de Rome. Celui-ci se vit réduit à faire un emprunt pour s'y rendre. Il était muni de fortes recommandations. Messeigneurs y exprimaient à Jules II et au Cardinal Raymond l'indignation que leur inspirait la démarche de Taveroey. Ils y dévoilaient en même temps la conduite licencieuse de ce Prélat et celle des moines ses adhérens, ainsi que ses dilapidations ruineuses^, tandis que Speglin s'efforçait de rétablir la discipline et de remonter les finances. Cette déplorable affaire réagit péniblement sur le Prévôt de St. Nicolas , frère de Taverney 3. En attendant Tissue du procès, on lui Ata la desservance de sa chapelle.

L'année suivante (1506), sur les rapports combinés du Bourg* maître et d'un certain frère Ambroise , Messeigneurs écrivirent à l'Ëvéque de Lausanne pour lui déclarer qu'il était impossible de tolérer plus longtemps les désordres des couvens ^. On plaça celor des Cordeliers sous une surveillance spéciale. La moitié des aumônes qu'il recevait, fut réservée pour l'entretien de l'église et da Kreùtzgang. On fit fermer la porte extérieure du couvent les jours d'œuvre, et les jepnes religieux ne purent plus sortir sans être accompagnés d'un prêtre.

Un mauvais prêtre, nommé Martigny, causa de grands embarras à la ville d'Estavayer, qui resta longtemps frappée d'interdit, i cause de lui. Par lettre patente du 20 mai 1513 , Charles III, Doc

1 A. G. — ^ Ce fut au point qu*en 1484 quatre religieux d*Hauterive prièrent l'Etat de prendre en main les afTaires du couvent et de leur fournir annuellement les moyens de célébrer le service divin. En 1512, on pria le Pape d'effecteer que le Cardinal de S. Clément cédât à Tabbaye les revenus qu*il possédait du monastère I)e Alpibas^ pour qu'elle pût subvenir aux frais de bâtisse. J'ignore quel était Id couvent De Atpibus et ses rapports avec Hauterive. — 8 Notre député en diète (1514) s'appelait aussi Taverney. C'était peut-être le frère de ceux-ci. Il avait épousé la fille du bour^matlre de Zurich» Félix Schmid. — ^ Cette lettre ne se trouve pas dans le missival latin , parce qu'on en a arraché trois feuniets. Elle était datée du Vendredi 3 Avril 1506.

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