CHAPITRE II. 7t
quelconque, sans la terminer par nne coUation plus on moins co-. pieuse. Ainsi le fief de Planfayon rapportait chaque année un re-, Tenu de poules, que TAvoyer, les Conseillers et les Bannerets mangeaient ensemble. Quand la quantité ne suffisait pas , on achetait de la volaille et Ton présume bien que le vin ne fesatt pas défaut.
La Teille du nouvel an, le chantre allait avec ses élèves chanter devant les maisons de Messeigneurs. Des musiciens des environs venaient leur donner une sérénade.
Il existait un jeu gymnastique, dit Schwerttanz ^ parce que les acteurs dansaient en s'escarmouchant ayec des glaives. Le Gouvernement tolérait cette danse, comme un exercice propre à développer les forces. En 1492 on donna 3 liv. à ceux qui Texécu-
tèrent.
Lusage des voitures était encore inconnu. On ne voyageait qu a pied ou à cheval. Point de postes. La correspondance se fe- ^ ^it par des exprès , quelquefois par occasion i.
On peut savoir ce que coûtait Tentretien d'un domestique vers la fin du 15'' siècle par l'arrangement qui fut conclu entre Louis Ste^er, deSoleure, et son mattre Humbert Gouffy, secrétaire à Fribourg. Celui-ci s'engagea à lui dpnnet annuellement un ha^ billement complet de bon drap, 2 chemises, 1 chapeau, 1 paire de bottes avec les éperons, 4 paires de souliers et 4 liv. en argent.
La corruption des mœurs était généralement telle que, loin de supprimer l'asile des femmes prostituées ^, l'Etat se croyait forcé de veiller à son entretien K En 1505 on donna un teston, soit 15 sous 10 den., à noble Jacques de Gorbicres, pour un lit pliant destiné à cet établissement. Cependant le Gouvernement songeait
' On donna 5 sons à an pèlerin qui â apporté une lettre de TËvéque de Cologne. A. C. — Compte du trésorier (1488). It«ni 2 liv. 3 sous 4 deniers à un messager qoi apporta u|ie lettre de l'Empereur. Ibid. — 3 Belles filles du siècle. — 3 £n 1496, donné 1 liv. à la grosse Babeion du b...... A. G.
sérieusement à mettre fin à ce scandale. Divers projets de suppres3ron furent successivement* proposés, mais sans cesse ajournés. Aussi le Chancelier Gady ne peut-il dissimuler son impatiepce. Il 5'exprime arnsi dans son manual : cras , cras^ cras et itefum îer cras^ quare^ quia quando ; igitur J^udices eadem in fœce detinentur. L'année suivante (1539) on n'en donna pas moins encore du bois, à Tùsage des filles publiques. II y en avait entr'autres sur la Planche, désignées sous le singulier nom de Klosterfrauen auf der Matten,
Les Commissaires délégués en 1453 par FËvéque de Lausanne, pour faire la visite du diocèse, signalèrent un nombre prodigieux d'abus et de négligences. Là, les murs du temple lézardés, les fenêtres- brisées, des toiles au lieu de vitres, la charpente du clocher menaçant ruine, les images des Saints méconnaissables, le maitre^autel sans chandeliers, sans lampe. Ici le tabernacle en si mauvais état, que les souris y pénétraient *. Ailleurs point d'eau - bénitier , ni inventaire, ni registre quelconque i le cimetière sans croix, sans enceinte. Ils trouvèrent dans une église des cofires , des effets appartenant à des particuliers , dans une aqtre des tonneaux , des baquets. C'était bien pis à Promasens : l'église servait de salle de fesUn , de danse et à d'autres usages semblables K Quelques prêtres disaient deux messes par jour ^, assistaient aux repas des religieuses ^
1 Encore un siècle plus tard , deux femmes de Farvagny ayant demandé à éîie commoniées , on ne trouva dans Iç calice que de la moisissure Ai lieu d*hosti<» A- C. — ^ Inhibeaiur sub pena excommunicationis ne amodo in antea , cou* mestiones neque coree et' hujusmodi illecebre fiant in ipsa ecciesia. Ainsi s'ev priment les Commissaires dans leur rapport. Ce manuscrit précieux et unique se trouve à la bibliothèque de la ville de Berne. On y voit aussi qu'on enterrait les cadavres enveloppés seulement d'un linceul. Les Commissaires ordonnèrent la confection d'une bière commune pour chaque localité. — ^ 8 Man. du 27 Sept. 1540. — 4 ibid. 17 Mars 1568. — Le 15 Décembre 1508 entre les mains de M. TAvoyer et Chevalier François Arsenl et en présence de plusieurs ConseilIeVs et du Chancelier Nicolas Lombard, Dom Wilh. de Praroman, Dom Paul Rappolt et Dom Pierre de Courtion firent serment que, pendant dix ans, ils n'iraient plus au couvent ni dans le voisinage de la Maigrauge, excepté dans les processions publiques, qu'ils ne recevraient chez eux ni religieuses, ni personne de leur part el n'entretiendraient aucune correspondance avec elles, ni avec leurs gens, sous peine de bannissement. A. C.