CHAPITRE IV
€ùerre8 d^Italie. -* Àllitoce renouvelée aycc l'Autriche et U Savoie. — Erection de la €oUég:iale de St. Nicolas. — Bataille de Novarre. — Réaction contre les peosionoaires français. — Invasion en Bourgogne. — Siège de. Dijon. — Humbert de Villeneuve. — Surprise de Chiavasso. — Pafx de Galoura. — Bataille de MarigiiaB. — Alliance avec Genève. — Expédition contre le Duc de Savoie. — Paix. ^ Berthelier. — Enrôlemens opposés. — Bataille de Pavie. — Traité de combourgeoisie avec Lausanne.
Celte même année (151 1) vit nos enseignes vengeresses se déployer pour punir un attentat contre le droit des gens. Pendant la luneste campagne d'Italie de l'année précédente, le commandant français de Lugano avait fait arrêter trois messagers fédéraux des cantons de Berne, de Scbwytz et de Fribourg. Celui-ci s'appelait Hans Krummo. Après une dure captivité, les deux derniers furent mis à mort ; celui de Berne , natif de l'Entlibuch , parvint à s'écliapper , abandonnant sa jaquette et son arquebuse. Scbwytz, excité par Schinner, arma sur-le-champ, malgré les représentations de la diète , de l'Empereur et des Grisons. Ceà derniers se trou- Fâient le plus exposés en cas de guerre, et leurs soldats servaient d'ailleurs en France. Des vexations commises envers des négocians suisses, dans le Milanais, indisposèrent aussi les autres Gantons. Entraînés par Scbwytz et par le Cardinal Scbinner, ils mirent sur pied leurs contingens respectifs et envoyèrent successivement leur déclaration de guerre au Gouverneur de Milan. Celle de Berne fnt rédigée en termes si réservés que les Confédérés s'en formalisèrent. JSoo contingent arriva le dernier en campagne avec celui de Soleure. Fribourg Gt partir six cents bommes , sous les ordres de Peter Falk et de deux trabans (sans doute Jacques de Vuippens et Jean de Ileid , cités par d'Âlt). On lui adjoignit comme
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Conseillers Goillaame Reyff , Nicolas Nosspengel , Henri Sc^MBid
et Ulric SehneuTly K
La plupart des contingeDs arrivèrent à Bellinzona le 3 décembre. A mesure qu'ils arrivaient, quatre Notables de Schwytz venaient leur présenter le salut fédéral. Toutes ces troupes réunies formaient une armée de 10,000 hommes qui, à Lugano, se partagea en trois corps. Fribourg se trouva à Tavant-garde avec Berne et Soleure. «( Quoique aidés partout de gens bien disposés, écrivaient nos capitaines , ce ne fut qu'avec peine que nous avons transporté notre artillerie par-dessus le St.-Gothard. » Elle leir rendit de bons services ^r les bords du lac Majeur» alors que )e> Français, montés sur des barques, les provoquèrent ^. Leî Schwytzois prirent les devans avec quelques Friboorgeois , trouvèrent le pont de la Frise emporté par les flots et virent des archers et de la cavalerie prêts à leur disputer le passage. Plusieurs traversèrent aussitôt la rivière à la nage et chassèrent les ennemiSa Les Schwytzois avaient à peine rétabli le pont , que \a W nière de Fribourg les rejoignit et les suivit jusqu'à Varèse. U prudence et le mauvais temps les engagèrent à s'arrêter pour attendre leurs Confédérés s.
On pénétra jusqu'aux faubourgs de Milan; mais l'indiscipline, la rigueur du froid et surtout l'argent français amenèrent la rapide déisorganisation de cette armée qui se retira dans le plus
1 Le reste de latroape éléit compose comme suit : Nic.Qurger, Banoeret ; P. de Garmiswyl, porte-enseigne; VouzaI g , porte-drapeau des tireurs; P. Stouder» aumônier; Nie. Felg et G. Gribolct, Secrets; Réginet, Lowenstein, Rraraer d Chollet, sautiers; André Grob, messager; Tsclianik et Fayo, fifres; Fayo, Yômlj et Scherer, tambours ; Gasser , mattre artilleur. — Le Bourg fournit 118 honnnes, TAuge 111 y La Neuveville 76, les Places 92, Grasbourg42« Everdes 10, Mootagny 19, Pont 20, Bellegarde 6, Chenaux 6. Total 498 hommes. Les oombourgebfs et alliés : Gruyères, Corbiéres, Yaulruz , Bulle, Tuippens, la Roche, Payerne, Avenches, St. Aubin en Vuilly, St. Aubin-te-lac et Albeuve fourairent 8*2 hommes. En tout 580 soldats, non compris Tétat-major composé de 23 perboiinos. A. G. Kriegsrodel N° 34. — 2 Xotre mattre artilleur Jacob fut blessé devant Bellinzona. On lui donna à son retour 4 liv. 10 sous pour dédommagement. — 3 Gloutz.
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graod désordre. Un kîslorien suisse ne peut retater, sans rougir, \eé excès commis dans cette relraile. Schwytz qui avait provoqué celte levée de*boucliers, à l'instigation de Schinner, eut la honte de voir que ses propres troupes se conduisirent le plus mal. La diète demanda à la France un dédommagement de 200,000 écus pour leà frais de cette expédition*
Cette année eut aussi lieu le renouvellement de ralliance, soit traité d'union héréditaire ^ , entre les Suisses et l'Autriche (BrbeinilDg).
L'Etat de Fribourg prit sons sa protectton ceux de Maman , à condition qu'ils paieraient annuellement un florin et que, dans l'occasion , leurs gens suivraient nos bannières 2.
Les Gingios du Cbàtelard , bourgeois de Lucerne et de Fribourg, avaient surpris le château de Lassaraz, d'où la daipe Huguette de St.-Trivier se sauva à Berne, avec. le jeune Mangerot et réclama le secours de cet Etat. Mais Fribourg et Lucerne demandèrent une intervention pacifique , et en attendant que le Duc de Savoie eut prononcé entre les parties, le château de Lassaraz fut occupé militairement par les troupes de Berne, Fribourg, Lucerne et Soleure 3. Cette affaire coula 23,000 écus au Duc de Savoie qui apprit à ses dépens à être dorénavant plus prudent et plus sincère; car il avait longtemps ajourné la sentence, dans l'espoir de brouiller Berne avec Lucerne. Dame Huguette fut réintégrée dans ses propriétés. Fribourg réclama aussi du Duc la punition de Château-fort qui avait attaqué M. de Liriéux notre bourgeois * (1512).
Le Pape nous devait encore 2457 écus, et bien quil négligeât de payer, on ne laissa pas de fournir un contingent de 450 hommes 5
« Burgrechfe und Bandnisse der Stadt Freyburg^. — 2 A. C. — 3 Pendanl c€ttë occupation , un vol considérable fut commis à Lassaraz par quelques particuliers d'Orbe, dans la maison de Noble de Villars. Fribourg chargea notre garnison de procéder à une enquête. Knimenstoll y commandait pour Friboiirg. -* 4 A. G. — s Et non 700 , comme dit la chronique Montenach.
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à Varmée qu'il levaîl en Suisse contre la France. Cette poissaDce avait fini par soulever de nombreuses, antipathies et ne comptait plus que quelques partisans à Fribourg et à Berne, parmi les hommes du pouvi^r ^* J^AB Heid voulut équiper un corps de yolontaires^maâs le Gouvernement s'y oppo^. Il n'en partit pas moins seul, et telle était la confiance générale dans ses talens militaires que le Conseil de guerre fédéral le nomma Grand-maitre de l'artillerie ^.
Vingt mille Suisses se trouvèrrât réunis à Trente , sous les or* dres du Baron de Hohensax. Jamais encore armée étrangère plus belle et mieux disciplinée n'avait paru dans les plaines d'Italie, depuis Ie$ temps antiques. Après avoir opéré sa jonction avec les troupes da Pape et de Venise , elle prit successivement Vallegio et Crémone, chassa Bayard et les. Français de Pavie ^ et s'empara de toute la Lombardie, après avoir dispersé le concile de Pise, rassemblé à Milan, et profané la tombe de Gaston de Foix. Le Duc deMilaD fut solennellement réintégré dans ses Etats. Diétrich d'ËDgUsbet^ et P. Taverney assistèrent à cette cérémonie, au nom de Fribouf
Pour récompenser ces services , le Cardinal Schinner conféra i aux Suisses le tire de défenseurs du St. Siége^ avec deux drapeaux aux armes de l'Eglise. Chaque Canton reçut en outre une f distinction particulière. Ainsi par acte daté de Pavie le 1" joiHel j^ 1512, ScUnner, en qualité de Légat apostolique, conféra à | l'Avoyer , Conseil et Communauté de Fribourg le privilège de pouvoir placer en leur bannière {^age'de la passion du Sauveur et principalement l'image de Ste. Véronique ^. Le Pape fit en outre
1 Anshelm. — ^ L*état-majoT de notre conliogrent fut composé comme suitt P. Falk, capitaioe ; Ulli Schneavlin, Louis et J. Pavillard, Coasémers; Jac.Tecliterman, Banoeret; H. Haymoz, porte^enseigne ; Rod. Seftînger, autnônier; Cbristophe , chirurgien ; H. Gribolet , secrétaire; P. Brunisberg, messager. Il y avail 3 fifres , 3 tambours et le bourreau. — Le Bourg fournit 84 hommes, TAuge 78, la Neuyeyille 51 , les Places 65 , les bailliages 70, les alliés 75. A. G. Kriegsrodel N^ 35. — 3 Ce fut Jean Haymoz ()ui y pénétra le premier, avec laT>annièredc Fribourg. Hans Lauper rapporta à Fribourg un drapeau neuf, aux armes de France, que nos troupes trouvèrent dans une maison hors de Pavie. On le suspendit dans li Collégiale , enlre l'orgue et la grande grille. — 4 Voy. pièces justificatives.