‹ Histoire du Canton de Fribourg, Volume 2Chapitre 31 sur 63 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

fita. de cette occasion pow libérer ceux de Romont des pcarantes dirigées contre eux par les tribunaux ecdésiasliques, pour dettes.

On reçut aussi cette année les 7000 flor. d*or (avec les intérêts) que nous avions autrefois empruntés à Bàle pour Marie de Savoie, Marquise de IIochberg-Rothelen, Comtesse douairière de Neucbàtel. Plus tard le Duc nous paya encore 3000 fl. sur les 30,000 qu'il nous devait. Ces remboursemens nous mirent à même d'acquérir la seigneurie de Chàtel pour 12,000 petits florins d'or. On y mit desuite une garnison de 4 hommes. Les habitans prêtèrent serment de fidélité , et comme ils voulaient placer leurs droits sous la garantie d'un serment de notre part, on leur répondit que Messeigueurs ne prêtaient pas serment à leurs sujets, mais qu'ils leur promettaient secours et protection K Cinq ans après, le Duc de Savoie racheta cette seigneurie pour 6240 liv. 6 soùs 8 derniers.

Eofio ce fut encore cette, année (1512) que l'Eglise paroissiale de St. Nicolas fut érigée en collégiale, non sans grands frais. ^ Payerne, Granson et tous les curés des anciennes terres s'étaient associés au clergé de Fribourg pour solliciter cette faveur , consentant à l'incorporation de ces monastères et cures , moins celles de Givisiez et Barberêcbe déjà incorporées à la chantrerie. François d'Arsent avait été chargé d'exposer cette demande au Car-* dînai Raymond, Légat apostolique 3, qui promit de l'appuyer auprès du St. Père ^. Alors Messeigneurs adressèrent à ce sujet une supplique au Pape et prièrent plusieurs Cardinaux de faciliter cette négociation. La bulle fut octroyée en efiet par Jules II , sous date du 20 décembre 1512 5.

1 A. C. Man. de 1513, fol. 1. En 1486 une contestatic ;^ntoine de Menthon et ses sujets de Ghâtel etFruence, tou taibunal d'arbitres décida : 1° que le cens serait réduit à 1 a.a coutumier de Moudou ; 20 que chaque habitant paierait a Ae focage ; 3° que la tête de chaque pièce de bétail tuée appi Ji^^ que le subside de 20 flor. d'or, demandé par celui-ci sera arbitres se firent livrer 12 vacherins pour leur peine. A. C. Ti^o VII. — 3 A.C. Missiv. allem. fol. 23.— * Ibid. Missiv. la — 5 Seize ans plus tard le chapitre ayant cru devoir en^

iâO SECONBR PARTIE.

Mais Léon X qui avait besoin d'argent, révoqua tontes les concessions faites par ses prédécesseurs, pour en faire iobj^t d'un nouveau marché. Lors de {'installation du chapitre , l'Evéque de Lausanne plaça le Prévôt sur l'autel. Pendant longtemps le clergé continua d'exister à c6té du chapitre, ayant toujours à sa tête le curé qui prenait son rang avant le doyen i.

Je passe ici sous silence quelques petits démêlés qne nous eûmes avec le Valais , et à la suite desquels J. Kalbermatten fut longtemps arrêté à Fribourg,^.

Les esprits étaient toujours partagés entre la France et le Duc de Milan. La Confédération s'étant prononcée pour le Duc , noas mimes sur pied un contingent de 200 hommes, commandé par P. Rœschi 3. Plus tard nous envoyâmes Ully Schneuwly et P. Merz avec un second renfort ^ , pour compléter les 8000 hommes qui marchaient en Lombardie. Le total de ces deux levées se montait à 600 hommes qui entrèrent en Italie par le Simplon, avec les

de fondation, comme pièce à Tappui de certaine demande, ce titre s'égara pente&t le siège de Rome par Gliarles de Bourbon. On fat obligé de solliciter une nouTelle bulle y et ce fut le capitaine G. Heid qui fut chargé de cette mission. A. G.

t Le chapitre fat composé ainsi : Doyen , W. Praroinan ; Chantre , H. Wannenmacher; Chanoines * W. Payillard, Mathieu RoUenbalz, maître es arts etPrédicateor, Jac. Goltchi, W. Garmiswyl, maître es arts, P. Salo, Nie. Felg, W. Rono, W. Pitleli, Nie. deWaltenwyl, Constant Relier, docteur, Benoît Ponterose. À. G. Affaires ecclés. N° 63. Par acte du 24 décembre 1513, le Chevalier P. de Faucigny dnnna an chapitre la somme de 800 liv. valeur de Fribourg, à condition que son anniversaire fût célébré avec vigile, que ce jour-là on distribuât 5 liv. aux pauvres. 5 liv. devaient être employées aux frais d*un repas et 50 être versées dans la bourse commune. Il légua 260 liv. pour la célébration d*uae messe solennelle le jour de la Présentation de N.-D. Par une autre disposition testamentaire, deux enfans de chœur, en robes rouges et portant des gonfalons rouges , devaient accompagner le prêtre, lors de Tadministration des Sacremens. — ^ Son père avait forcé des né%0' cians Frîbourgeois qui faisaient partie de la grande Société milanaise , à an droit de transit. Le fils fut condamné à un dédommagement. — ^ Diétrich d'Ënglisberg, lieutenant; H. Pradervan, porte-drapeau; P. Stouder, aumônier; Jac. Stouder, secrétaire; Jacq. de Prez et Benoît Kunig, sautiers ; H. Musy , messager; Bastian Techterman, interprète; Nie. Seftinger, fourrier; P. Bechler, juge; P. Claus, saatier pour le criminel; Philippe , chirurgien. La ville fournit 49 hommes pour ce contingent. — 4 p. Gouglenberg, Ulman Techterman, H. Gribolet et P. Dick, Conseillers; H. Guidolaz, aumônier ; H. Reyff , secrétaire; Fayo , fifre. La ville fournit 69 hommes, l'ancienne seigneurie 184, les bailliages 72, les alliés 79. Les troupes de Berne, Soleure et Râle passèrent par Fribouig,

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contÎBgeiis de Berne, Soleàre, Bâle et da Valais » et prirent part à la glorieuse joorfiée de NoTarrev contre les Français. Noos pûmes Doas vanter qn'aaeon de nos soldats ne déserta. Mais ib pénétré-» rent jusqu'à Verceil, dans le marquisat de Montferrat» pillant quelques villes et frappant des conlribotions. Nos archives parlent de trois hommes d'Alterswyl ^ tués , disent^elles » traitreu* sèment dans le Milanais. S'ils se trouvaient parmi les maraudeurs, rien de plus naturel qu'on les eut tués pour se défendre. On n'en exigea pas moins et l'on obtint réparation, tant de l'Abbé de Lu* cedi que du Marquis de Montferrat. Toujours et partout abus de la force! Par contre des Fribourgeois ayant attaqué et dépouillé à RoUe un certain Eberly, de Rothwyl, ils furent condamnés par les arbitres bernois , nommés à cet effet , à lui payer 40 écus de dédommagement et aux frais qui s'élevèrent à 50 écus 3.

Notre perte fut de 150 hommes 3. Pradervan reçut 15 blessures , auxquelles il survécut encore plusieurs années. La voûte de notre Collégiale fut décorée de trois nouveaux drapeaux pris à l'ennemi ^. Michel Ziegler (d'autres l'appellent Jean Giger), garçon tailleur, de Fribourg, s'était approprié une part du butin, la^ quelle fut taxée 6700 écus. On le contraignit de s'en dessaisir pour la faire entrer dans le partage commun s. En général le butin fait par les Fribourgeois s'éleva à 45 1 3 écus d'or qui furent expédiés à Zurich, aux pressantes réclamations de la diète 6. La part de Fribourg an subside de 16,000 flor., payé à la Suisse par l'Empereur , s'éleva à 900 flor. du Rhin '^.

* Weber, Bischel et Teck. — 2 A. C. Deux frères, Antoine elMelchior Rufîner, fribourgeois , avaient été députés par les vainqueurs de Novarre poun annoncer à Messeigneurs l'issue de cette glorieuse journée. Mais ils furent arrêtés en route, blessés et dépouiUés. Un troisième. frère, Pierre Rufîner, obtint une lettre de recommandation au Duc Maximilien pour aller les soigner. Ibid. — ^ Un passage dans les comptes du trésorier ferait presque penser qu'Ulman Techterman fut au nombre des morts. — ^ On donna à chacun des soldats qui avaient pris ces drapeaux trois aunes de drap pour récompense. A. G. Man. fol. 75. — s Michel Ziegler était de Nurembwg. Plus tard le Gouvernement le protégea et loi rendit 900 écus. — « Recèe du 16 février 1514. A. G. Man. foi. 53. Traités et contrats JH^ 11. — 7 Le florin valait 2 liv. 12 sous 6 den.

132 SBCOHDB PARTIE.

Cette campagne^ malgré la gloire militaire qui en rejaillit sur les troupes suisses , ae laissa pas que de susciter au dedaus des querelles et des anîmosités. Les parens de ceux qui avaient péri à Novarre voulurent s'en prendre aux partisans de la France, encore très-nombreux. Une troupe de ces méconteos, ayant à leur tète UUi Pétri , se transporta à Rue , attaqua les maisons d'Aymon et de Georges Haillardoz et les pilla. Ils rançonnèrent aussi le curé de Romanens et d'autres particuliers , enlevèrent du bétail , etc* Le Gouvernement fut obligé d'intervenir et les auteurs du désordre furent punis. Maison réclama de Georges Mai llardoz une somme de 300 écus que son beau-frère Hans Wyder, arrêté à Berne, avouait avoir déposée chez lui et reçue du roi de France pour lever des recrues.

Le Baron de Châtelard , toujours zélé partisan des Français, ne s'était pas borné à les prévenir du passage des Alpes par les Suisses; il leur avait même promis des soudards. Une troupe de Bernois et de Fribourgeois vint le surprendre dans son château i. Sansiif déconcerter, il les accueillit de bonne grâce, fit servir aux cUs un bon repas et de ses meilleurs vins , et s'esquiva secrètement pendant qu'ils fesaient bonne chère. Son frère , également atiaqé par les paysans sur la route de Lucerne, dansia seigneurie ie Wangen, se sauva dans le cimetière de St. Ours et ne s'y maintint qu'ayec grande peine jusqu'à la décision de son procès. On finit par restituer ans: deux frères leurs propriétés.

La réaction contre les pensionnaires français se borna chez nous à ces deux mouvemens de Rue et du Châtelard. Elle fut bien plus orageuse dans les Gantons de Berne, Laeerne etSoleure , où le peuple des campagnes ne fut calmé qu'à force de concessions. Nous envoyâmes à ce sujet une députation à Zo-

i SefUnger ci Lcnzburgec forent à la tête de cette eipéditioD. Noos prîmes anssi possession de Douatyre; 10 hommes suCfirent pour cette expédition. Ayant la réformation f cenx de Villarepos allaient chaque année en procession à Donatyre et contribuaient k Tentreticn des ornemens de son église.

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