CHAPITRE PMIUU. t
LeB goavernaûs iofidéles an plus saint de lenrs dêToirs, nes'oppo-* $aieat que faiblement à une contagion , dont ils étaient atteints eux-mêmes. Ils donnaient l'exemple de la violation de leurs propres ordonnances y et profitaient de l'occasion pour affermir leur pouvoir et remplacer les lois par l'arbitraire ^.
Craignant surtout que Taffluence des recrues ne fit baisser le prix de cette marchandise , ils prétendirent exercer à leur seul profit le monopole de ce trafic ignoble , en l'interdisant aux individus. On écrivit au roi de France pour qu'il renvoyât les volontaires de son service ^. A Fribourg on prohiba les enrôlemens, sous peine de 10 liv. d'amende, tant pour le coupable que pour celui qui intercéderait en sa faveur. Les bannerets allèrent môme de maison en maison porter cet ordre et la défense de recueillir aucun vagabond. On déclara déchus de leurs emplois et incapables de les remplir pendant dix ans les bannerets, 60 et 200, qui prendraient du service. On décida que chacun serait tenu de se faire inscrire dans une abbaye quelconque et y déposerait une certaine somme. Vaines précautions ! les enrôlemens n'en eurent pas moins lieu , et quand la diète rappela les troupes au service de France » l'ambassadeur de cette puissance n'eut pas de peine à faire suspendre les mesures d'exécution. La décadence des familles, l'éducation négligée , le désordre universel furent les conséquences de la passion de la guerre 3. Pour arrêter le débordement avec efficacité , il manquait aux pouvoirs gouvernans celte probité impulsive , qui prêche d'exemple. Ils purent alors se convaincre combien les lois répressives sont impuissantes à sauver la morale publique , quand les peuples ne sont pas formés par une bonne éducation. La corruption venait d'en haut ^, et après trois siècles et
* HoUioger.— ^ On Toitdéjà flgorec dans les receUes de 1471 un montant de 4 liy. 11 sous 4 deniers , provenant d'arrhes reçues par quelques recrues qui ne purent les restituer aux recruteurs, après la défense faite d*allcr à Tarmée. — ^G^outz. — ^ En 1498 on fut obligé de destituer des bannerets , 60 et 200 , qui avaient pris du senrjce contre les ordonni^ices. Ils furent même déclarés pour dix ans incapables de réélection.
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lif. SBCONBE PAETIB.
deiDÎ, Dous en subissons encore aujourd'hui les eflfots. Alot*s elle provoqua ^par toute la Suisse des troubles graves. Us prouvèrent , dit d'AIt 1 y que les alliances avec les puissances étrangères, de même que les pensions secrètes et l'argent d'alliance , comme on l'appelle, ne sauraient procurer aucun bien au corps helvétique et qu*il aurait mieux valu que les Confédérés ne se fussent jamais impliqués dans les affaires et dans les contestations de leurs voisins.
La première victime immolée à la vindicte publique, fut Jean Waldmann, de Zurich, ce bourgmaître ambitieux, qui résume en sa personne toute l'histoire de ces aristocraties naissantes. Après s'être élevé d'une condition obscure jusqu'aux postes les plus éminens, avec non moins de mérite que de bonheur, le contact des cours le perdit. Plus d'une fois, fler de ses liaisons monarchiques et de ses pensions, il viola les lois de l'égalité constitutionnelle, jusqu'à ce qu'enfin le peuple irrité lui fit expier son orgueil sar Téchafaud. Nous verrons bientôt le même drame se répéter au sein de la Communauté fribourgeoise, dans la personne de Tun de ses premiers magistrats.
Les paysans de Lucerne s'étant aussi mutinés, les autres villes ne furent pas sans inquiétude. Berne, Fribourg, Soleureet BieDoe conclurent à Berne un traité défensif , pour le cas où la rébellion se propagerait. On eut l'air de faire quelques concessions ^; mais, dit d'Alt, on ne put oublier le tendre souvenir des pensions, et ce penchant l'emporta sur tous les décrets.
L'indignation des ressortissans trouva un organe à la diète de Baden, dans le député de Schwyz. Il demanda compte des sommes qu'avaient rapportées le traité de Savoie , la prise de Granson , la cession de la Franche-Comté. Il finit par déclarer que puisque les pensions occasionaient tant de désordres, il fallait annuler l'ar-
A Tom. V, p. 348. — ^Recès de la diète de JLucerne eo avril et mai 1489.] TiUier, Tom. II , page 373.