CHAPITRE PABMIBR
ticle Kberticide do Conyenant, qai défendait aux Conmimiaotés de s^assembler sans le coasentement du souverain.
Ce retour vers le principe démocratique n'eut pas été du goût des oligarques. Aussi le député de Berne s'y opposa-t-il avec arrogance. Il fut soutenu par toutes les grandes villes, et la chose en resta là. Cependant la même diète rejeta les propositions de l'ambassade française avec dédain , et de nouvelles ouvertures faites plus tard par M. de Lameth ne furent pas mieux accueillies, malgré les instances des Bernois i. Ceux-ci accommodèrent encore cette année une contestation qui s'était élevée entre Fribourg et le marquis de Hochberg, au sujet de certaines possessions litigieuses dans les seigneuries de St. Aubin et de Grangier 2. Elles avaient été données à la maison d'Estavayer par Jean , comte de Fribourg, et les Fribourgeois avaient formé sur elles des prétentions. Fribourg était déjà intervenu avec Berne dans la contestation entre René de Lorraine et le Comte de Vallangin, au sujet de la seigneurie de Bauffiremont , que ce dernier possédait par droit de succession et sur lequel le Duc faisait valoir un droit maternel. L'avoyer Faucigny avait été au nombre des arbitres choisis par le comte» à qui la seigneurie resta.
Notre Etat intervint encore collectivement, avec les autres cantons médiateurs, dans la guerre des Âppenzellois contre l'abbé de St. GalK Notre contingentse tint prêt à marcher avec celui de Soleure» et on en avisa le comte de Gruyères 3. Il offrit aussi sa médiation dans le démêlé de Berne avec les habitans de Gessenay, au sujet des époux Broche, et dans la concurrence de Seyssel et de Champion ^, qui se disputaient le siège archi-épiscopal d'Âix, le premier soutenu par le Comte de Gruyères son parent, le second par le roi de France 5. Une contestation pareille s'étant élevée pour l'abbaye de Payerne, celle-ci fut mise sous la garde de Berne et de Fribourg
^ Tillier, Tom. If, page 373. — > D*Alt, tom. Y, page 369. TjUier n'en parle pas. — * Girard. — 4 Magnin écrit Camp ion. — ^ Voyez dans Girard, la correspondance à ce sujet.
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jusqu'à Fadjadication définitive do siège aU»atial i. Mais ce qui attira surtout notre attention cette année (149W), ce furent les troubles qui agitèrent la Savoie, après la mort de Charles I". Dans la lutte que recommença le marquis de Salaces, Berne et Fribourg se contentèrent de tenir leurs troupes prêtes à marcher en cas de besoin. Par centre les deux villes prirent une part active à la guerre de Bretagne, où Içs Suisses offrirent de nouveau le honteux spectacle de soldats d'une même nation, combattant sous des bannières opposées. Jean Féguely, de Fribourg, commandait une partie des troupes qu'ils avaient données au rpi de France. 600 Bernois qui marchaient au secours du roi des Romains , le quittèrent lâchement, séduits par l'appât d'une double solde ^; Ce furent encore les deux villes qui prévinrent, par des négociations habiles, les tristes résultats qu'eut pu avoir l'affaire des frères Wolleben, d'Uri, arrêtés en Savoie pour avoir eux-mêmes fait prisonniers 40 Florentins qui se rendaient à la foire de Lyon. Les deux frères furent élargis à la prière des deux Etats. Les Valaisans méditant à cette occasion une attaque dans la Savoie pour opérer une diversion en faveur des Uraniens , Berne et Fribourg surent les en empêcher (1492). Elles se chargèrent aussi d'écrire au roi de France pour lui offrir la médiation de la Suisse, dans ses démêlés avec Maximilien. Jacques Faucigny et François d'Ârsent s'étaient rendus à la diète que l'empereur avait convoquée à Constance à ce sujet (1492). Il parait qu'à cette occasion l'empereur renouvela la stérile formalité de la confirmation de nos privilèges, bien qu'aucun auteur n'en fasse mention. Car l'Etat de Fribourg paya 40 il. à la chancellerie impériale, et donna 25 fl. au courrier qui apporta le diplôme, et celui-ci fut lu en plein conseil le 7 septembre 1492. On trouvait sans doute dans ces fréquentes confirmations une garantie de plus pour Tindépendance
iD*ÀU ibid., pag^e 396. Engriisberg fut envoyé eo Piénroot à cesojet; prenye que Guicbenon se trompe quand il met le décès du Duc en 1489. — ^ ])*Alt.
GHAI»ITBE PBBMIER. 17
i cantonale. Maitmttien désirait conclore une alliance avec les
I hantes ligues : mais les petits Gantons s*y refusèrent avec opinift*
i treté, et le làndammann Reding, reniant ses premières opinions,
!| dit à cette occasion que le service de France était utile et le seul
k qui convtDt aux Suisses. Paroles imprudentes , qu'une expérience
I tardive fit cruellement expier!
Fribourg conclut cette môme année un traité de combourgeoisie perpétuelle avec Soleure i, et nulle alKance postérieure ne de« vait y déroger {diss Burgrecht soll allen çorgahn). Les deux Etats s'y garantirent réciproquement leurs constitutions et franchises, se promettant un prompt secours, au besoin, liberté de commerce et exemption de nouveaux péages. Toute contestation devait être soumise à un tribunal d'arbitres, qui se réunirait à Arberg, ou dans tout autre endroit convenu. Ce traité devait être renouvelé tous les cinq ans^ sous réserve des anciennes alliances.
La tendance opposée des deux systèmes politiques qui se parta* geaient la Suisse, se dessinait chaque jour plus nettement. Les grandes villes accueillaient avec faveur les alliances monarchiques, les petits Cantons les repoussaient en manifestant hautement leur méfiance et leur antipathie contre les villes. Auçsi s'opposèrent-ils plus tard à l'admission de Constance et de Lausanne. Pour obtenir la majorité dans les diètes, ils voulurent réduire Fribourg et Soleure à n'avoir ni suifrage ni séance dans ces conseils amphictyoniques, si ce n'est pour leurs affaires particulières. Mais Berne ne voulut pas même se charger d'annoncer cette résolution à ces deux Etats. Il fit plus. Il se porta garant de leurs droits et convoqua une diétine àZofingue, où il fut résolu qu'on maintiendrait le Convenant de Stantz, dans toutes ses dispositions, qu'on remplirait à l'égard de l'empire les devoirs d'Etals fidèles, et qu'on ne dédaignerait pas l'utile alliance de l'Autriche , de la Savoie et de
*■ Voyez Bargrechten uod Bandnissen der Stadt Freybarg in Uchtland.