LES DAMES DE THOUARCÉ
Refrain : Vivent les dames de Thouarcé Pendant Tété!
I bi
bis.
Charmantes dames de Thouarcé, Le jour de PAques est arrivé ; Je veux clianlcr votre beauté Pendant Tété !
Vivent, etc.
Autrefois on vit au pays, Isemhard avec ses amis, Qui fondèrent le prieuré * Près de Thouarcé.
Vivent, etc. Sa sœur Dalhildc y consentit; C'est alors que l'on construisit La chapelle du prieuré »
Pn'^s de Thouarcé.
Vivent, etc.
Cent ans plus tard un grand sei- [gneur De Tliouai'cé faisait le bonheur;
Ce personnage était nommé Andi*é de Doué *.
Vivent, etc.
Puis la belle Eustachc de Doué Voulut, avec son fîls André, Soulager à perpétuité
L'humanité ^.
Vivent, etc.
Agnès de Vendôme cl Bouchard ûe risie sont venus plus tard, A Montrevault et à Thouarcé,
Passer Tété •.
Vivent, etc.
Jeanne de l'Isle vint après ^ Par sa beauté, par tes attraits.
Charmer nos pères do Thouarcé Pendant Tété.
Vivent, etc.
< Au XI» siècle.
> La déilicacc en fut faite en 1093. '
' 11 vivait eu 11 GO.
^ Ils fonderont Thépital de Doué en 1229.
B En 1326.
« En 1430-1440.
insToms DU canton de thouarcé.
Antoinette do la Palad, Se distinguant par sa Tcrta Mouint an château de Chanzé * Près de Thouarcé.
^▼enty etc.
Hélène de Rieux, en été, Femme de Charles du Bellay, Est aussi Tenue à Chanzé Et à Thouarcé *.
Vivent, etc.
Gahrielle do Saint-Simon, D'Albert de Cossé prit le nom, Et devint dame de Chanzé Et de Thouarcé *.
Vivent etc.
Depuis lors on voit chaque jour, Des jeunes gens remplis d'amour Auprès des belles soupirer.
Et les aimer.
Vivent, etc.
L*ann6e 1842 vit la création de doux assemblées à Chavagnes, Tune le premier dimanche de mai et Taulre le dernier dimanche d*aoùt. On allongea la nef de Tégliso de Chanzeauz à la place de Tancienne galerie. Celle année et les suivantes on reconstruisit le clocher de Brigné et on restaura complètement Téglise.
En vertu de la loi du 21 mai 1836, quatre chemins do grande communication avaient été classés dans le canton de Thouarcé; le n* 4 de Vihiers à Rochofort par Gonnord, Le Champ, Rablay et Beaulieu ; le n"" 5 de Beaulieu à Mazé par Paye, Vauchrétien et Brissac ; le n"" 34 de Cbcmillé à Boue par Joué, Gonnord et Tigné ; et le n"" 40 d*Allençon à Saint-Mathurin par les Alleuds et Chemellier. Ces chemins ont été exécutés peu à peu aux frais des communes, avec les subventions fournies par le département et malgré les plaintes des fermiers ignorants qui, ne comprenant pas ruUlité des routes, s*y opposaient sous le prétexte qu'on coupait leurs champs.
L*hiver de 1841-1842 avait été très pluvieux et les chemins n'avaient pisut-être jamais été si mauvais ; car pour en faire connaître Fétat, il n*est pas nécessaire de dire que les molkii^ les profondes ornières étaient plus ou moins
I Vers 1555.
* Ed 1545.
> En 1663.
multipliés, il sera plus frappant do faire connaître quels détours on était obligé de faire pour aller d*un endroit à l'autre avec les chaiTeties et mémo les chevaux. Nos voituriers, pour aller à Angers, se rendaient de Thouarcé au village de Mille pour y prendre la roule départementale, puis passaient à Chavagnos, Allençon, Brissac, etc. Ceux qui allaient chercher de la pierre à Mortagne pour le pont de la Grande-Fonlaine (route d*Allençon à Thouarcé), suivaient la même roule jusqu'à la butte d'Erigné, puis tournaient vers Saint-Lambcrt-du-Latay, Chemillé, Cholet et Mortagne, faisant ainsi environ moitié plus de chemin <iu*eu suivant la ligne droite. Une charretée de vin partant de Thouarcé pour Chcmillé faisait ainsi six myriamètres au lieu de deux ; pour aller à Doué, de Thouarcé à Mille, Chavagnos, Allencon, Quincé, ou bien encore d'Allençon aux Alleuds par la traverse, et de là suivant la grande routo jusqua destination; pour aller à Vihiers : même rendez-vous à Mille, puis de là par la grande route à Marligné, Aubigné, Montillicrs et Vihiers, ou bien par Cornu, Villeneuve, Aubigné, etc.
Eu 1843, M. le duc de Brissac, fil restaurer rancien cliàleau poiu* en faire son habitation, et fit raser le petit qui avait été couslruit depuis la Révolution. M. Jules lUouiu du Bouchct fit faire de vastes servitudes près do sou cbàleau de G as Unes et transforma le domaine. C*est aussi à celle époque que Ion commença, dans le canton, à se servir de rouleaux ou cylindres en pierre pour battre les grains.
Le 15 août 1844 oui lieu la première assemblée au bourg du Champ. Celle année M. Delaunay commença la restauration do son château du Pineau; et M. Bourjuge fit construire la maison de Briançon près du bourg do llahlay.
Eu 18ii-181o, on construisit, dans Tancion cimetière, une nouvelle église à Beaulieu, pour remplacer rancienno
210 insTomB du CAr«TON de thouarcé.
qui était en mauvais état et trop petite. M. Philippe-Joseph Leclerc, baron de Yezins, fit agrandir le château de Fesles, en y ajoutant deux ailes ou pavillons à trois étages, et fit fahre un vaste bâtiment de servitudes. M. Guillaume- Constant Dubois de Maquillé, ayant acheté, vers 1843, le château de i'Echasserie le fit reconstruire.
Le mardi 11 mars 1815, une voiture publique à quatre roues est partie pour la première fois de Thouarcé pour Angers. Le lundi de la Pentecôte, 12 mai, eut lieu la première assemblée à Paye. C*est aussi cette année que je publiai une première Carte du canton de Thouarcé indiquant tous les villages, hameaux et fermes, et tous les chemins, et feus le plaisir d*en vendre à toutes les personnes intelligentes du pays. r
En 1846 M. Frédéric Abraham fit restaurer les anciennes servitudes du château d*Argonne et y fixa sa résidence. Cette année un bureau de distribution des lettres fut établi à Martigné. M. Théodore de Quatrebarbes fit commencer la restauration et Tagrandissement du château do Chanzeaux qui fut terminé en 1848. Le 17 mars 1817 mourut à Thouarcé Marie-Jean- André Papin, curé depuis 1817, et il fut enterré en grande cérémonie le vendredi 10. En 1847-1848 M. Poitou fit construire le château des Bouillons, commune de Tigné, et y fixa sa résidence.
L*année 1848 est remarquable par la Révolulion qui se ût en France au mois de février, et la proclamation de la République. Le suffrage universel fut établi, et les élections générales des représentants du peuple furent fixées au Jour de Pâques, 23 avril. Une grande partie des communes du canton vint voter à Thouarcé ; on avait construit, pour cela, une vaste baraque en bois dan.sla cour du Prieuré. Trente-deux drapeaux aux couleurs nationales avaient été placés par les habitants de la ville aux fenêtres de leurs maisons. A sept heures les électeurs de la commune de Thouarcé commencèrent à voter et eurent fini â neuf
DIX-NEUVlfeME SIÈCLE. 211
heures ; ceux do Rablay, do Gonnord, de Joué et du Champ volèrent ensuite. Cependant les aubergistes et cabaretiers de Thouarcé avaient fait de grands préparatifs, sept ou huit autres habitants avaient ouvert leurs maisons pour servir à boire et u manger aux nombreux électeurs, mais comme chaque commune partait presque aussitôt après avoir voté, il arriva que chacun fit peu de dépense, et que les vingt-trois auberges et cabarets étaient très peu garnis de monde. Ajoutons à cela que pendant tout le jour, lo ciel fut très sombre, et que mémo il tombait une petite pluie flne de temps en temps , ce qui fit que la Journée qui aurait pu être une fêle très brillante, ne fut qu*une assemblée assez triste. Il y avait eu deux mille quatre-vingts votants co premier jour. A six heures du soir, les gardes nationaux du poste qui avait été établi à la mairie, allèrent chercher la boite du scrutin et rapportèrent, sur une civière, à la mairie pour y passer la nuit.
Lo lundi 24, les électeurs do Favcraye, Chavagnes, Saint- Lambert, Beaulicu, Allcneon et Paye vinrent aussi voter à Thouarcé au nombre d'environ mille six cent soixanto-dix. La journée avait clé belle et beaucoup plus bruyante que la veille. La boite aux bulletins fut encore déposée à la mairie où elle passa la nuit. Le mardi quelques électeurs vinrent encore déposer leurs bulletins ; et à cinq heures et demie on commença lo dépouillement qui dura toute la nuit jus(]u*au lendemain six heures du malin. La section éloclorale de Thouarcé avait eu trois mille sept cent cinquante-huit volants. Le mercredi ÛG, vers une heure et demie, les membres du bureau électoral de Drissac vinrent apporter leur procès-verbal. On en rédigea un autre comprenant les opérations des deux | sections électorales de Brissac et de Thouarcé, et à cinq heures et demie tout était fini. Le canton comprenait cinq mille huit cent vingt-sept électeurs inscrits, cinq mille deux cent soixante avaient
voté, et par conséquent cinq cent soixante-sept seulement 8*étaient abstenus.
Le dimanche 27 août eut lieu à Thouarcé Télection d*un membre du Conseil général et les électeurs de douze communes vinrent voter au nombre do mille quatre-vingt huit, c^ux de huit communes votèrent à Brissac au nombre de sept cent dix. Le jeudi 31, se ût rélbction d*un conseiller d*arrondissement ; les douze communes qui votèrent à Thouarcé fournirent mille vingt-quatre votants, et les huit autres communes en eurent cinq cent cinquante à Brissac.
Le dimanche 10 décembre, eut lieu Télection pour la présidence de la République. Les électeurs d^AUençon, Chavagnes, Faveraye et Faye vinrent voter à Thouarcé. n y eut aussi des sections électorales à Brissac, Gonnord, et Saint-Lambert. Cette année on réorganisa la garde nationale dans beaucoup de communes et il se forma quelques compagnies de pompiers.
Le dimanche 13 mai 1819, on procéda à Télection des représentants à TAssemblée législative, et le canton do Thouarcé fut encore divisé en quatre sections comme au mois de décembre précédent.
Le choléra vint exercer ses ravages dans le département ; Angers, les bords de la Loire, Rochefort, Chalonncs et les environs virent mourir un grand nombre de personnes. A la On de juillet, il parut à Beaulieu et continua jusqu*au mois d*octobre. 11 mourut environ cent personnes du choléra et une quarantaine de diverses maladies.
En 1849-1850, M. Prieur ût construire les pavillons et bas cdtés de sa maison de la Girardière. M. de Quatrebarbes fit construire de vastes bâtiments de servitudes près de son château de Chanzeaux ; les conmiunes du Champ et de Thouarcé firent faire le pont de la Bougrie, et la mairie de Thouarcé, conmiencée au mois d'octobre 1848, fut achevée.
1>1X-N£UV1ÈME SIÈCLE. 213
Lo lundi 10 raars 1851, en enleva de Téglisc do Faveraye les bancs, les chaises, la chaire à prêcher, la grille du chœur, les confessionnaux et la cloche, enfin tout le mobilier pour le transporter à Machelle. Pendant ce temps, quelques habitants de Faveraye. surtout des femmes, exaspérées de voir qu'elles allaient enfin perdre les avantages qui résultaient de leur position près du centre des réunions communales, pleuraient, se lamentaient et traitaient de voleurs ceux qui dévalisaient ainsi leur église.
Le jeudi 13 mars eut lieu la bénédiction de l'église de Màchclle dont on avait commencé la construction au mois de mai 1849. C'est M. Pcltier, curé de Thouarcé, qui fit ki cérémonie assisté de MM. Terrien, desservant do Cbavagnes; Baillif, d'Aubigné; Macé, d'Allcnçon ; Coquard, de Saint- Paul-du-Bois, et Broquin, de Machelle, avec Joly son vicaire. II fit aussi la bénédiction du nouveau cimetière, les rues du bourg étaient ornées de guirlandes et d'arcs de triomphe, et beaucoup de personnes, surtout des femmes, étaient venues do toutes les communes voisines.
Lo lundi 15 septembre, M. l'abbé Bompois, vicairo général du diocèse, fit la bénédiction de l'église de Chavagnes, dont la première pierre avait été frappée le 25 avril 1850, et qui venait d'être achevée à la place de l'ancienne. Il y avait une cinquantaine do prêtres à la cérémonie.
En 1851 la poptilation du canton de Thouarcé était de dix-neuf mille trois cent soixante-treize habitants ; elle n*avait jamais été si forte, mais depuis cette époque elle a toujours été en diminuant, comme dans toutes les campagnes, parce qu'elle préfère se porter dans les villes.
Le samedi 24 avril 1852, eut lieu la première foire do Gonnord ; et au mois de juillet fut livrée à la cûrculation la route départementale n* 24 entre Gonnord et Tounieville.
Un arrêté préfectoral du 16 août classa, dans le département, quatre-vingt treize chemins d'intérêt commun dont
214 lUSTOmE DU CANTON DE TlIOUAnCÉ.
les suivants traversent la contrée que nous étudions ici, savoir : le n* 20, de la butte d*Erigné à Thouarcé par Soulaines et Faye qui fut prolongé plus tard jusqu*à Vihiers; le û* 21, de Cbalonnos à Gonnord par Chanzeaux et Joué ; le n* 22, de Rochefort au cliemin précédent; lo n^ 23, do Brissac à Denée par Saint-Melaino; le u"* 25, do SalnULambert-du-Latay à Martigné, par Rablay et Thouarcé ; lo n* 26, de la Jumellière à Chavagnes ai à la Yillaino par Chanzeaux, le Champ et Thouarcé ; le n"" 27, de Vauchrétien à la route départementale n*" 2 par Saint-iMclainc; le n* 28, de Brissac à Chemellier par Quincé, Cliarcc cl Saint-Ellier ; le n* 29, de Saulgé à Saint-Rcmy par Grczillé et Chemellier; le n* 61, de Sainl-IIilaire-Saint-Floront û Chemellier par Louerre et Grézillé; le n"" 67, de Ctiâlillon à Biartigné par la Fosse-de-Tigné ; le n* 08, de Tigné i Saint-Pierre-à-Champs par Tancoigné, etc. ; lo n* Gl), do Trémont a Montilliers, prolongé plus tard vers Gonnord ; le n* 71, de Somloiro à la Plaine et prolongé plus lard par la Salle jusqu*à Gonnord ; et le n"* 78, de Sainl-Gcorgcs- Ch&telaison au Puy-Notre-Dame qui fut prolongé plus lard d*un cdté jusqu*à Brigné et Linières, et de Taulre jusqu a Aubigné.
Pendant Tannée 1853 le clocher de Chavagnes fut exhaussé de douze mètres trente-trois centimètres.
Le !•' mars 1854, on livra à la circulation la portion de la route départementale n"" 21 entre Thouarcé et Tourneville. Le 12 du même mois eut lieu, à Thouarcé, une réunion d*un certain nombre de propriétaires qui organisèrent un Comice agricole pour le canton. M. le comte de Quatrebarbes fut nommé président ; MM. Charles Delaunay, maire du Champ, vice-président; Alexandre Barré, maire de Quincé, secrétaire ; Asseray, adjoint des Alleuds, vice-secrétaire ; et Martincau, propriétaire à Gonnord, trésorier. Il fut décidé que chaque année le eoucours aurait lieu le lundi de la Pentecôte et se ferait
WX-XEUVllblE SIÈCLK. 213
successivement dans les dilTérontos communes du canloD. Le premier concours eut lieu le 5 juin dans un champ entre Gruelte et Chasles, commune doTliouarcé. Dos prix furent donnés aux meilleurs laboureurs, aux plus beaux bestiaux et aux machines à battre le blé. Un mât de cocagne horizontal fut établi sur la place du Prieuré et les jeunes gens purent ainsi gagner des prix. EnQn le soir il y eut un feu d*arliftce et des illuminations pour terminer brillamment la journée.
Cette année M. Rctaillcau a fait commencer la construction d'un château à la Colette, commune de Gonnord, et il a été terminé en 1855.
L'église de Gonnord a été démolie pour la reconstruire un peu plus au nord-ouest, c*est-à-dire plus près du château.
M. Peton a fait commencer la restauration du château do Tigné.
Dans la nuit du 25 au 2G février 1855, une crue extra ordinaire du Layon emporta le grand pont du Prieuré, a Thoiiarcé, nouvellement construit pour le passage de la roule déparlcmcnlalo n* 2i.
Le hindi 28 mai, le concours agricole eut lieu dans la commune de Gonnord, près de la ferme de la Normandière.
C'est vers celle époque que Ton commença dans le pays les cérémonies de TAdoration perpétuelle, qui se font successivement dans les diirércntcs paroisses de notre diocèse.
Une société de musique s'organisa à Thouarcé pour pouvoir figurer dans les fctcs publiques qui tendent & s'établir partout, et depuis il s'en est formé successivement à Faye, Drissac, Chanzcaux, le Champ, Beaulieu, Joué, Kablay, Mozé, Soulaines, Chavagnes et les Alleuds.
Le l''' janvier 1850 fut établi un bureau de distribuiiou des lettres à Thouarcé pour les communes de Chavagnes, Faveraye, Faye et Thouarcé.
216 UlSTOinE DU CAPQ'ON DK TUOUARCÉ.
Celte année, M"' Cesbron-Lavau Qt nchovor la reconstruction du château de TAssay, commencée eu i854. Ou reconstruisit aussi le grand pont du prieuré à Tliouarcô, qui avait été emporté par la crue du 25 février 1855. L*ôglise du Champ, entièrement reconstruite, fut terminée ainsi que celle de Gonnord. La mairie de Brissac fut également terminée.
En 1857-1858, on reconstruisit le chœur de Tégliso de Thouarcé beaucoup plus grand que Tancien. Le 24 mai 1858, le concours agricole eut lieu à Quincé et une feto fut organisée à Brissac à cette occasion.
En 1859-1861, on reconstruisit entièrement Téglise de Saulgé-rHôpital.
En 1863, fût terminée la nouvelle église do Tigné, dont la première pierre avait été bénite le .14 mai 18G0. C'est aussi cette année, au mois de juin, que fut terminée la mairie de Gonnord, commencée en 18G1.
En 1864, on reconstruisit la chapelle de Mâchelle, située à Textrémité méridionale du bourg. M. Yaugoyau établit une fonderie de fer à Choiseau, près de Thouarcé, cl en 1866 il y installa une machine à vapeur.
En 1865, M. Messe fit achever à la Ilaule-Mulonaièro, commune de Beaulieu, une charmante maison de campagne qui avait été commencée Tannée précédente. Celte année, les bâtiments de rétablissement de Jouanelte furent beaucoup augmentés ; la grande salle, construite en 1771), a été relevée de deux étages, et un étage a été construit sur le bâtiment des bains. M. Camille Bourcier fit aussi faire les bas-côtés de sa maison de Briançon, à Rablay.
Le lundi 17 juillet 1865, vers deux heures après midi, le tonnerre se fait entendre vers le sud-ouest; le ciel se noircit tellement que Ton ne voit que très peu dans les maisons. Vers deux heures et demie, des grêlons de forme ronde mais un peu aplatis, se mettent à tomber avec tant de force dans la direction du sud-ouest au nord-est, qu'ils
lirisoiit lous los carreaux des vitres exposées vers l'ouest, le sud- ouest et le uord-ouest. Les ardoises sont percées eu grand nombre sur les toits et tous les châssis vitrés sont brisés. Pendant dix minutes, les ravages se sont étendus sur une largeur de cinq kilomètres, soit environ trois kilomètres au sud-est de TUouarcé et deux kilomètres au nord-ouest. Les récoltes sont fortement endommagées dans les communes do Gonnord, Faveraye, Thouarcé, Paye, Allençon, Chavagnes et les Alleuds, et los pertes sont évaluées à environ six cent soixante-dix mille francs, dont quatre-vingt mille dans la commune de Paye et cent cinquante mille dans celle de Gonnord.
En i 8GG, fut terminée la construction de la mairie de Paye, commencée Tannée précédente. M. Prapereau, tailleur à (lonuord, acliela une machine à coudre qui est probablement la première inlroduile dans le canton. Le 7 juin, il y eut à la mairie tle Thouarcé une réunion do tous les instituteurs du canton, sous la présidence de MM. do Lens, inspecteur d'Académie, et Michelet, inspecteur des écoles primaires.
Le landi 10 juin 1867, le quatorzième concours agricole du canton eut lieu à Màchelle; une très belle féto, organisée par M. Cesbron-Lavau, maire de la commune, avait attiré beaucoup de monde de tous les environs *. De temps en temps, les musiciens de Thouarcé jouaient des airs qui charmaient le public. Un banquet de soixante couverts réunit les membres du comice. M. Charles Delaunay, maire du Champ et vice-président, prononça un discours dans lequel il Ht connaître Tutilité des concours et les bons résultats déjii obtenus. M. Lemercier, grefHer de la justice de paix et secrétaire, lut une pièce de vers dont le titre : les Fètcs de Màchelle, indique sufûsamment le 8i\j6t. M. Cesbron-Lavau porta chaleureusement un toast à Tancieu ami de son père, à M. le comte do Quatrebarbos, le
1 Journal de Maine-et-Loire du 3 joiUot 1867.
âl8 inSTOlRE DU CANTON DE TIIOUARCÉ.
vénéré président du comico. Moi-m£mo, Jo demandai la parole et je lus à rassemblée une Notice historique sur la commune de Faveraye, qui a été imprimée dans le Répertoire archéologique de F Anjou.
Le mardi 3 mars 1868, eul lieu la première foire de Thouarcé, sur la vieille levée. Dès le matin, on avait frappé la première pierre d*un établissement d*eaux minérales près d*une source ferrugineuse nouvellement découverte aux portes de la ville. A huit heures et demie , le rappel ballait dans les rues pour convoquer les pompiers et la société do musique à se réunir sur la place do la Mairie. Bientôt M. Blot, maire de la commune, accompagné d*un conseiller municipal et de MM. Gardais et Raimbault qui, en i8GG, avaient pris Tinitiative de la pétition tendant à obtenir la création des foires de Thouarcé, s'y rendit également. Tout le cortège, tambours et musique en tète, se mit en marche vers les diOérentes places publiques pour inaugurer solennellement cette première assemblée commerciale, et souhaiter la bienvenue aux marchands arrivés de tous les environs. La Journée fut terminée par des illuminations et une retraite aux flambeaux avec feux de Bengale >.
Le 1*' juin, le concours agricole eut lieu à Bcaulieu, et au dîner des membres du comice , je lus une Notice historique sur la commune de Beaulieu, qui a aussi été imprimée dans le Répertoire archéologique de V Anjou. Le 25 août, M" Fruchaud, évëque de Limoges, flt, en grande cérémonie, la consécration de Téglise de Martigné dont la reconstruction avait été commencée en 186i.
Le lundi 17 mai 18G9, le concours agricole eut lieu à Thouarcé. M. le Préfet de Maine-et-Loire, M. le Sous-Préfet de Saumur et M. Louvet, assistèrent à la distribution des prix, puis au banquet de soixante-dix couverts, dans la
^ Journal de Main€*€i'Loire da 9 mon 1868, et V Union de VOuest du 7mtft.
DlX-NËUVllilME SIÈCLK. 219
sallo (lo la .Mairie. M. le préfet, M. Louvet ol M . Delaunay , viceprésidenl (lu comice, prononcèrent chacun un discours, et jo lus mon /y/s/o/re des voies de communication et itinéraire de nos /lois dans le canton de Thouarcé^ qui a élé publié dans le Répertoire archéologique de l'Anjou. Les routes et les chemins à I clat d^eulrclicndans le canton ne formaient pas alors un tolal do deux cenls kilomètres, et comme il y avait en outre au moins mille kilomètres de chemins vicinaux ou ruraux non entretenus et en grande partie impraticables dans la mauvaise saison, il restait donc beaucoup à faire pour quo les besoins fussent satisfaits. Je terminais mon travail on demandant que le canton fut enfin pourvu d'un chemin do fer qui put servir de débouché à ses nombreux produits et en augmenter la valeur.
Le dimanche 8 mai 1870 eut lieu, dans toutes les communes, le vote sur le plébiscite présenté par l'empereur Napoléon 111. Dans le canton de Thouarcé, il y avait cinq mille neuf cent-trente électeurs inscrits et cinq mille ccnt-qualre-vingt-cinq votants ; il y eut quatre mille huit cciit-trcnle-six oui et deux cent soixante-quinze non. Maïs bientôt les électeurs virent combien ils s'étaient trompés en confiant à un seul homme les destinées de la Franco, car Napoléon déclara la guerre à la Prusse, et nous perdîmes deux provinces 1
Le dimanche 20 mai, les membres du comice agricole se réunirent ù la mairie de Thouarcé ; M. Galland, ingénieur à Paris, fit une conférence sur les chemins de fer projetés dans le département, et présenta à rassemblée une carte dans laquelle figurent la ligne de Monlreuil à Angers par Marlignéj Chavagncs et Brissac, et celle do Thouarcé à Chalonncs. Il était déjà venu à Thouarcé au mois do février, et je lui avais fait voir qu*il était indispensable que la ligne d*Angers passât par Thouarcé *, ce qu'il unit par
> Journal de .Maine-et-Loire du 8 mars 1870.
230 IIISTOUIE DU CANTON DE TIIOUARCË.
bien comprendre, car, au mois do juin, il publiait une nouvelle carte sur laquelle le chemin de fer partant de Moutreuil passait à Doué, Martigné, Tliouarcé, Brissac, pour aller à Angers, avec embranchement à Thouarcô conduisant à Chalonnes par Rablay. Les ingénieurs du département vinrent bientôt à Thouarcé pour faire les éludes des chemins de fer, mais tout fut interrompu par les événements de la guerre dont tout le monde fut obligé de s*occuper.
Le 9 août, il y eut à Saulgé une revue de la garde mobile pour la compagnie de FEst du canton, et une au Champ pour la compagnie de TOuest. Le A septembre se fit rélection des ofûciers, sous-ofQciers et caporaux de la garde nationale. Pendant ce temps-là, les femmes et les jeunes filles « elTrayées, faisaient des prières et des neuvaines. Le 1 1 , les jeunes gens de la classe de 1870 du canton de Thouarcé allèrent tirer au sort et passer la révision à Brissac. Le 7 octobre, eut lieu à Thouarcé la révision des célibataires ou veufs sans enfants de vingt et un à quarante ans ; cl le 16, on commença à monter la garde. Le 22, les gardes nationaux mobilisés de huit communes nommèrent leurs chefs par acclamation à Thouarcé ; et le 20, ù huit heures du matin, le chef de bataillon passa la revue. Le 1" décembre, les vieux garçons de vingt-neuf à quarante ans partirent pour Tarmée.
Le 8 février i87J, eut lieu Télection des députés à TAssemblée nationale. Les électeurs de douze communes vinrent voter à Thouarcé, et huit communes allèrent ù Brissac. Bientôt les troupes furent refoulées dans notre pays. Le 15, il en passa une grande quantité à Brissac, les Allouds et Saulgé, venant de Laval et allant d*Angers à Doué. Le lendemain, il en passa d*autres qui suivirent la mémo roule. Des spahis, dits éclaireurs algériens, venant de Mozé par Brissac, passèrent à Allonçon, Chavagnes, et allèrent coucher à Martigné et dans les villages voisins. Des troupes de
DlX-NEl'VIÈME SIÈCLE. 221
ligne, venant d'Angers, campèrent sur la route près de Rrissac et partirent le lendemain matin pour Doué. Le passage des troupes continua ainsi tous les jours jusqu'à la fin du mois, et, les jours suivants, les mobilisés du pays rentrèrent chez eux ainsi que les gendarmes.
Au mois de mars 1872, M. Després commença à fdre le tracé du chemin de fer de Montreuil-BcUay à Angers, et du mois d avril au mois de juin on travaillait aux environs do Thouarcé.
Le mardi 30 septembre 1873, M<' François Grolleau, natif de Perray, dans la commune de Chavagnes, fit la consécration de l'église en grande cérémonie. Il y eut une procession dans les rues^ ornées de branches d'arbres, de guirlandes et d arcs de triomphe.
Au mois d'août 1871, on prépara l'élection d'un député à l'Assemblée nationale. Dans toutes les communes on plaça un très grand nombre d'affiches contenant la profession de foi et le nom des trois candidats, MM. Berger, Bnias et Maillé. Les distributeurs de bulletins en portèrent chez tous les électeurs, et le 13 septembre le vote eut lieu dans chaque commune. Mais il y eut ballottage ; de nouvelles affiches fin-eiit placardées dans les rues ; des circulaires et des bulletins furent de nouveau portés à tous les électeurs, et le vole eut lieu le 27. Au mois de novembre, je publiai une nouvelle Carie géographique et historique, comprenant le canton do Thouarcé et onze communes environnantes: depuis lors, je l'ai toujours perfectionnée, et le douzième tirage a été fait en 1882.
A\i mois do janvier 1875, on fit pour la première fois, dans chaque commune du canton, la révision et le classement des chevaux susceptibles d'être requis pour le service de l'armée en cas de mobilisation. Au mois d'avril suivant, M«' Freppel, évoque d'Angers, est venu donner la confirmation aux enfants du pays, et partout il y a eu des processions et de grandes cérémonies avec guirlandes, arcs-do
222 inSTOlRE DU CANTON DE TnOUARCÉ.
triomphe, lo 13 à Mozé, lo 14 à Brissac, le 17 aux Allouds, le 18 à Thouarcé, le 10 à Gonnord, lo 20 à Chanzoaux et le 21 à Beaulieu.
Le mercredi 31 janvier 1877, le chemin de fer do Montreuil à Angers fut inauguré par un train de gala, composé de onze wagons, parti d'Angers, gare de la Maitrc-Ëcole, à midi et demi, arrivé à la station de Thouarcé à une houro quarante-cinq. Une trentaine de personnes do Thouarcé s*y étaient rendues pour voir le train, qui était pavoisé à Tavant et à Tarrière de drapeaux, do lauriers et de fleurs. Après une minute d'arrêt, le train continua sa marcho vers Montreuil, et il repassa à Thouarcé vers cinq heures pour retourner à Angers. Le lendemain 1*' février, le chemin de fer fut livré au public qui eut à sa disposition six trains par Jour, et la première année il partit do Thouarcé pour les différentes stations dix millo six cent trente-trois voyageurs, dont six mille quatre cents pour Angers.
Le lundi de Pâques 2 avril, il y eut à Rablay une grande fête à roccasion de l'assemblée annuelle, festival donné par les musiques de Brissac, le Champ, Faye, Joué, Rablay et Thouarcé, et terminé par une retraite aux ffambeaux.
Au mois de juin, on commença les études du chemin do fer de Thouarcé à Chalonnes.
Le dimanche 20 octobre 1878, M. Lionel Bonncmèro, de Louerre, ût à la mairie de Thouarcé uno conférence sur la Vie de famille dam les Gaules , en présence d'environ cent dnquante personnes qui remplissaient complètement la salle.
Le 8 janvier 1879, il y eut une très forte crue du Layon, et les maisons de la Basse-Rue, & Thouarcé, furent envahies par l'eau qui continua à être très élevée pendant le mois de février. Le 5 juin, il y eut à la mairie de Thouarcé une réunion, sous la présidence de M. le préfet, en présence de MM. Yon, inspecteur d'Académie; Colomb, inspecteur des écoles primaires; Célestin Port, archiviste du département;
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Dallcry , juge de paix ; Labbé , maire de Thouarcé ; Delaanay, du Champ; Ouriou, d'Allençon ; Boureau, de Rablay: des conseillers municipaux de Thouarcé, des instituteurs du canton, des élèves do Técole de Thouarcé, etc. M. le Préfet remit à M. Jules Spal, instituteur à Thouarcé, une médaille d*or pour son rapport sur FExposition universelle de Paris, section de renseignement primaire.
Le dimanche 10 août, après beaucoup de pas et démarches faits par M. François Mizandcau, propriétaire à Étiau, pour la reconstruction de l'église, M. Tabbé Bouleau, natif de la paroisse, fit la bénédiction du monument que Ton venait de terminer grâce à la générosité de M"* la comtesse de Quatrebarbes. Il y eut une procession dans les rues, ornées de guirlandes et d'arcs de triomphe, et les habitants du bourg furent heureux de voir rétabli au milieu d'eux un centre de réunion rappelant la grande antiquité de leur pays.
Le vendredi 15 août, M. Maison, curé de la Trinité d*Angcrs, fit la bénédiction de Téglise de Joué, dont la reconstruction avait été commencée en 1878.
Au mois de décembre, commence le grand hiver ; le 7, la température était à dix degrés au-dessous de zéro; le 10, à quatorze degrés trois dixièmes ; le vin gèle dans les celliers et nii'me dans les caves, le pain gèle aussi ; le 12 , les branches des arbres cassent sous le poids du givre qui les couvre. Le û(jy le thermomètre centigrade descend à quinze degrés ; c'est le plus grand froid observé pendant l'hiver. Le 28, il dégèle un peu; la neige, qui couvrait les toits depuis le commencement du mois, fond et coule par-dessus les gouttières qui sont pleines de glace ainsi que les tuyaux de descente; les murs sont couverts de cuivre. Le froid continua, quoiqu'un peu moins fort, pendant tout le mois de janvier 1880. Au commencement de février, la terre était encore gelée à une profondeur de quinze à vingt centimètres, et Peau des ruisseaux et des fossés était complète-
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ment glacée. Le 16, la glace élail à peu près toute fondue dans le Layon, mais il en restait encore dans quelques mares et quelques ruisseaux. Les lauriers, les lierres, les ûguiers et autres arbres exotiques étaient gelés. On crut aussi que la vigne était complètement gelée.
Le 17 mai, le concours agricole eut lieu à Thouarcé, dans un champ de la ferme du Ponge. Ensuite les jeux ont commencé, et la Journée a été terminée par les illuminations de la mairie et des maisons particulières et un feu d'artifice. Le dimanche 18 novembre, M. le docteur Motais, d* Angers , vint faire , à la mairie de Thouarcé , une conférence publique sur le Vin d'Anjou^ qui fut suivie d*un diner h l'hdtel du Cheval-Blanc.
Le 24 avril 1881, M. Gasté, avocat à Angers, en fit une à Martigné, dans la salle de Técole des garçons, sur les Sorciers. Le 14 juillet, il y eut aussi à Martigné un banquet, et le soir un feu d*artiflce à Toccasion de la fête nationale. Le dimanche 17, M. Priou, fermier des eaux minérales de Jouanette, organisa une très belle fête pour Touverture de la saison ; ime société d'artistes et d*amateurs d*Angers y donna une représentation composée d*opérettes et de romances. Le soir, il y eut à Thôtcl du Cheval-Blanc, à Thouarcé, un banquet do soixante-trois couverts auquel ont assisté les patriotes de Thouarcé et des communes environnantes pour fètcr Tanniversaire du 14 juillet.
Le 18 décembre, le recensement de la population fut fait dans toutes les communes, et on trouva dans le canton de Thouarcé dix-sept mille neuf cent dix-huit habitants, soit mille quatre cent cinquante-cinq de moins qu*en 1851. Ce sont les communes exclusivement rurales qui ont surtout diminué ; Chanzeaux, Charcé, Rablay et Yauchréticn d*un cinquième; Chavagnes de deux cinquièmes ; Saint- Ellier et Luigné d*un tiers. Depuis trente ans, les habitants de la campagne tendent à se porter dans les villes, parce que le travail est très pénible à raison des mauvais chemins qui
sont oncoro trop nombreux. Cependant on en arrange tous les jours do nouveaux, et quand tout le monde en comprendra rimportance, chacun fera des sacrifices selon ses forces ; tous les chemins deviendront viables en toutes saisons et la circulation facile. Les travailleurs auront des moments de loisir pour se rappeler mutuellement les fiûts du temps passé, et quand ils connaîtront THistoire du pays, ils s y attacheront par Tintérôt qu'elle leur inspirera; ils appï'endront que chaque point du sol rappelle un monument ou un fait intéressant, et ils s'y fixeront en jouissant du présent, se souvenant du passé et espérant dans .l'avenir!...