‹ Histoire du canton de Thouarcé et des communes environnantesChapitre 2 sur 19 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

En It^^ll, je lisais L'Anjou et ses Momtinents qui avaient été publiés depuis pou par M. Godard-Faultrier. J'avais aussi lu les Recherches historiques sur V Anjou par J.-F. Bodiu, et je vis que Ton pouvait écrire d'autres histoires que Yllistoire Sainte et V Histoire Romaine que nous apprenions à Técoie. J'avais déjà recueilli quelques notes sur Thouarcé, et je me mis à la recherche des vieux papiers et des vieux parchemins Bientôt je trouvai, dans la maison de l'héritier d'un ancien procureur fiscal du marquisat de Thouarcé, une grande quantité de titres seigneuriaux, déclarations féodales rendues aux seigneurs de Thouarcé, des minutes de notaires du xvi* et du xvii*" siècles, des anciens rôles de contributions, etc. Quelque temps après je pus avoir communication des archives du château de Brissac qui avaient été classées et reliées en volumes in-folio avant la Révolution. Là je trouvai les titres du duché de Brissac en quarante-

VIU UISTOIBB DU CANTON DE TUOUÂRCÉ.

un Tolames; marquisat de Thouarcé, quarante-trois; ch&tellenie de Chanzé, dix; les Marchais-Ravart, trente; la Varenne de Charcé, huit; la Motte-ea- Girard, onze; Vauchrétien, vingt; les Landes-Conqaessac, quatorze; Montengibert, trois; la Bàto^ quinze; Luigné, dix-neuf; Martineau-Cœur-de-Roy, neuf; Brigné, sept; Denée^ vingt-et-un, etc. Ils contenaient des documents presque complets sur la moitié da canton de Thouarcé. Us me firent voir la grande complication des droits divers de propriété dans l'ancien temps. Les grands seigneurs, ducs, marquis, comtes et barons tenaient leurs biens du roi ou du duc d'Anjou, et devaient, à chaque renouvellement, rendre ce que l'on appelait un Aveu, c'est-à-dire un écrit sur parchemin contenant, article par article, le détail de leurs immeubles et les droits qu'ils avaient sur leurs vassaux ou sujets; les droits honorifiques de posséder la première place dans l'église qu'ils avaient fondée, et de faire peindre, autour de cette église, une cein-r tare funèbre ornée de leurs armoiries; droits de haute justice et de faire élever un gibet à quatre ou môme six piliers pour pendre les criminels dans l'étendue do leur seigneurie; droits de dîmes, etc. Dans le cours de cette Histoire on trouvera des extraits de ces Aveux ^nnant les principaux articles. Les petits seigneurs relevaient de seigneurs supérieurs; et les roturiers

VntVACE, IX

devaient; sur tous leurs biens, des rentes qui quelquefois n'étaient que d'un denier, ou une cuillerée de blé, de seigle ou d'avoine, mais qu'ils ne pouvaient pas amortir; et s'ils oubliaient de payer le denier, etc., ils étaient exposés à avoir des procès qui occupaient les sénéchaux, les procureurs fiscaux, les greffiers, les avocats, les arpenteurs, les notaires et les sergents ou huissiers très nombreux autrefois.

Les contributions dues au Gouvernement étaient aussi très compliquées et même très élevées. Ainsi en 1725, le rôle des Tailles (qui correspond à ce que l'on appelle aujourd'hui la cote personnelle) s'élevait, pour la paroisse de Thouarcé, à la somme de cinq mille huit cent quinze livres treize sous, qui était répartie sur les habitants par quatre citoyens du pays appelés collecteurs et recueillie par eux. En 1745, la première portion du rôle du sel comprenait trois cent-seize boisseaux et demi qui étaient répartis par six collecteurs sur les familles à proportion du nombre des membres, et le sel était alors évalué douze livres dix-huit sous le boisseau (douze francs quatre-vingt-dix centimes) tandis que le froment ne valait, cette aniiée-là, que quatre-vingtquinze centimes (dix-neuf sous) , le seigle soixantequinze centimes et l'avoine trente centimes le boisseau.

Le magasin appelé Grenier à sel, pour notre contrée, était établi à Brissac, et pour juger les contraventions.

X , HISTOIRE DU CAfCTON DE THOUARCÉ.

il y avait on tribunal composé d'un président^ un procareur do roi, un greffier, un receveur et un contrôleur. Pour empêcher la contrebande, il y avait toute une année d'employés, appelés archers (U gabelle y établis dans les campagnes ; à Thouarcé, un capitaine à cheval ayant sous ses ordres un certain nombre d*archers également à cheval et dissémines dans les villages; des lieutenants à Brissac, Aubignô et Martigné; et des brigadiers à Brigné, à Villeneuve et à Rablay, etc. Quand ils soupçonnaient qu'il y avait du sel de contrebande dans les maisons, ils s'y introduisaient, fouillaient les meubles et défonçaient môiue les portes. Aussi ces agents étaient exécrés de la population, et il y en avait souvent d'assassinés.

Dans les mairies, je pris connaissance des anciens registres de baptêmes, mariages et sépultures ou de Tétat civil qui remontent à Saint-Lambert-du-Latay à Tannée 1540; à Vauchrétien, 1555; Quincé, 1571 ; Luigné, 1580; Brissac, vers 1587; Tigné, 1589; Martigné, 1597; Joué, 1599; Allençon, 1G02; les Alleuds, 1607; Faveraye, 1615; Saulgé, 1629; Rablay, 1638; Noyant, 1663; Faye, 1668; Etiau, 1677; Saint-Ellier, 1697; Montilliers, 1700; Ghavagnes, 1701; Aubigné, 1716; etc.

J'ai aussi puisé largement dans l'immense dépôt des Archives de Maine-et-Loire qui est à la Préfecture.

PUKIACE. XI

J*ai parcouru les Antiquités d'Anjou, par Hiret; les Chroniques cV Anjou et du Maine, par Bourdignô ; Vllistoire d'Anjou, par Barthélémy Roger, publiée dans la Remte de V Anjou en 1852-1853; le Jo^imalàe Louvet, publié aussi dans la Revue de l'Anjou en 1854-1855; les Coutumes d'Anjou, publiées par Claude Pocquet de Livonnièrc en 1725; Matthaei Paris., Ilisloria major; Vllistoire de Bretagne, par Lobineau, etc., etc.

Le Dictionnaire historique^ fjéographique et hio^ graphique, publié par M. Port, archiviste de Maineet-Loire, en 1809-1878 et auquel j'ai eu l'honneur de collaborer, m'a fourni des renseignements sur l'origine des églises et des châteaux. Dans les Chroniques de Saint-Lambert-du-Latay, Beaulieu et Sainte-Foy manuscrites par M. l'abbé Conin, en 1852, et dans Vllistoire de la Vendée, publiée en 1878-1879, par M. l'abbé Dcniau, curé du Voide, j'ai trouvé beaucoup de détails précieux sur les faits qui se sont passés pendant la Révolution. Enlin, dans quelques événements contemporains, je parle de ma présence, et cela me dispense de citer d'autres témoins.

DU

CANTON DE TIOUAKCÉ

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