DEPUIS LES TEMPS PRIMITIFS JUSQU'AU DOUZIÈME SIÈCLE
Monuments celli<|ucs ou frauloi>. Anliquilrs romaines. Établissement lin itlirislianisme : Favcraye, Aulu^'n»'*. Silualion politique de la ronln'e. Tombeaux en piern* calraiiv. Donations des terres de H«)rhcforl et de Viliiers; des r^'lisis d'Allcnçon, des AUcuds, de <:iiaivé, Sainl-Melaine, Jour, Dripié et (Kinnord. Sii^e de Brissac. l-ondation du prieuré de Tliouarct*. É^'lise de Rablay. Autres localités exislanl au xi** siècle : Deauliiu, Saint-Kllier, Étiau, Mâchelle, lave, C.banzé, Saintc-roy, Saint-Lambert, Quincé Marti^'né, Honnezeaux, Fesles.Lui^iïé.Saulgé'-riIùpital, Sourdigué, Mauvezin, Jaugé, etc.
La portion de l'Anjou qui forme aujourd'hui le canton de Thouarcé et les communes environnantes est bien intéressante à étudier sous tous les rapports. Les monuments do tous les ûges qui y existent encore, les hommes remarquables dont le nom s'y rattache, les événements qui s*y sont passés, tout enfin contribue à rendre curieuses et importantes les recherches historiques sur cette contrée.
Trois dolmens ou pierres couvertes situées dans les communes de Beauîieu, Charcé et Thouarcé prouvent assez que ce pays a été habité dès la plus haute antiquité. Le
dolmen de Beanliea placé à douze cents mètres à I*est du bourg, près du chemin qui conduit à Paye, est un des plus petits monuments de ce genre, car le toit, qui est d*uue seule pierre, n*a que trois mètres vingt de longueur sur deux mètres vingt-cinq centimètres de largeur. Celui de Charcé, éloigné seulement de sept cents mètres, au nord de réglise, près de la ferme du Beaupreau, est remarquable parce qu*il est divisé en deux compartiments inégaux. Enfin celui de Thouarcé situé à trois kilomètres à Toucst dn bourg, près du chemin qui conduit au Champ, dans une pièce de terre dépendant de la ferme de la Trollière, a malheureusement été démoli au commencement do ce siècle par des chercheurs de trésor. Cependant il formait encore, avant 1856, un abri pour les bergères qui menaient paître leurs moutons sur Taride plateau où il se trouvait. En cette année il a été presque entièrement détruit. En 1844, ce dolmen était encore composé de trois pierres posées sur champ, formant le côté nord-est et ayant ensemble une longueur d'environ six mètres. La pierre du bout nord-ouest avait deux mètres de longueur. Le côté sud-ouest était entièrement démoli. La pierre qui formait la couverture avait deux mètres quatre-vingts centimètres dans le sens transversal du monument, et deux mètres yingt centimètres dans le sens longitudinal. Une espèce do tombelle existait autrefois près et au nord-est de Téglise de Sainte-Foy, dans la commune de Saint-Lambort-du- Latay ; elle a été détruite vers Tan 1833.
On découvre souvent dans le pays des haches celtiques en pierre de diflérente nature. J*en ai recueilli plusieurs qui ont été trouvées dans les communes d^Allençon, Cbanzeaux, Paye, Thouarcé et le Voidé. On en a aussi trouvé dans les communes des AUeuds, Chavagnes, Martigné, Quincé et Tigné. J*ai aussi recueilli, en 1866, un couteau en silex de seize centimètres de longueur, qui avait été découvert dans le bois de la Haie de Yauchrétien.
TEMPS f^DCTTFS JUSOC AC IfOUZ±tfE SDuOUL 3
La découverte faite au mois de mars 183*3, au lieu appelé les Chartes, cummune de Cha vagues, mais près du bourg d'Allcnron, de vases dargent propres aux sacrifices, de ma:^ues d'idoles, etc., en un mot du fameux sacelium ou cimelium antique qui fut un à^ plus précieux objets du cabinet de M. (iriîle, a consacré pour toujours, aux jreux des antiquaires, l'importance d'im lieu qui renferma pendant plus de quinze siècles un si riche trésor *. On y a aussi trouvé des médailles à Teffigie de César-Auguste, Tibère, Domilicn, Adrien, Fauslinc jeune. Gordien, Cons« lantin, elc. ; et le sol est encore couvert de débris do poteries et de tuiles à rebord *.
l)cs médailles romaines ont aussi été trouvées à Gonnord et à Thouarcé.
Il existe des traces de constructions romaines, des briques crochues ou tuiles à rebord au bourg de Thouarcé et dans la mémo commune, entre le village des Chasnières et la liucandiére, dans une pièce de terre nommée le champ des Potirons; dans la commune de Faveraye, au lieu appelé le Côlcau-Ciaudy, entre le Pont-Uourseau et lafermedeNoizé; dans des vignes situées au sud du pont de Faveraye et dans un champ près et à louest de la Commeric; dans celle de Faye, près du hameau de la l^insonnerie où la tradition rapporte qu'il y avait une église, c'est-à-dire un temple, et dans les terrains nommés les Rouillées, à Test de (iillebourg; dans la commune de Saint-Ellier ; à Joué, dans les fondements de Téglise; dans la commune de Chauzeaux, ù Toucst du village des Brétèches et au nordnord-ouest de rÉpinay, près du Plcssis-Florentin ; au canton des Palfrayes, commune de Chavagnes, entre Mille et
• Voir Annuaire fie Maine-et-Loire, 1834, pages 30-32, rappqrt da M. Godard-FaiiUrier ; et V Anjou et ses monumenti, t. 1, p. 81-82.
• Lei» Mémoires t/e lu Société d'Agriculture, Sciences et Arts d'Angers, VI* volum*\ aun«V 1847, coDticunent, p. 173-176, un plan des lieux et de» Dûtes indiquaut la place prêciic de chaque découverte.
lesOisonnières; à Blartigné et dans la mémo commune, près des moulins de Tailleprès ; enfin, suivant M. Godard, 1 Touest de Beauliea, dans un champ nommé Fief- Signoré '. L'emplacement de tous ces débris est indiqué sur ma carte des environs de Thouarcé.
Les Romains quittent bientôt notre pays avec leurs idoles et nous allons y constater la naissance du christianisme. Une tradition dont le souvenir était conservé par Texistence d*an gros bloc de pierre placé dans le chemin de Thouarcé à Faveraye, rappelait que saint Martin (iv* siècle) y avait passé en se rendant à la fontaine qui porte encore son nom, près du village des Noyers, commune de Martigné- Briand, et joignant laquelle se trouve aujourd*hui une petite chapelle bâtie en 1591. Cette pierre portait à sa face supérieure deux empreintes que Ton disait avoir été faites. Tune par le pied du cheval de saint Martin, et Tautro par son bâton. Elle a été brisée en 1842, m.^is à environ quatre cents mètres â l'ouest du lieu où elle était, il y a encore une fontaine dite des ScUnts-Martins, dans la commune de Thouarcé : aussi nous aimons à croire que le saint évAque de Tours vint quelquefois enseigner la nouvelle doctrine aux habitants de cette contrée. Ajoutons que Téglise de Joué est aussi sous son patronage.
Théodebald, roi de Metz, autrement d'Austrasie (548- 553), possédait le domaine de Faveraye ( Villam Fabrentem % et le donna aux moines de Saint-Maur qui y élevèrent probablement une chapelle dès cette époque. Il parait qu'alors ils possédaient la terre de Joué, en latin Gaudiaeus; et saint Maur s'y trouvant un jour avec plusieurs frères, y reçut la visite d'Ansegard, archidiacre de réglise d'Angers'.
1 VÀnj<m tt set numumenU, t I, p. 85.
* Àrekivei d^Anjou^ par M. P. Morchegay, t. I, p. 411 ; CarL Sanci. Mami, charte Lxvn.
* Ftet (Ut ioinU penmnatjet de VAnjim, U I, p. 263.
TEMPS PHDIlTll-'S JUSQL'*ÂU DOUZIÈME SIÈCLE. 5
Dans ce même siècle vivait saint Aubin, évëque d* Angers, dont la mémoire s*est perpétuée en Ai^ou dans les noms de plusieurs églises qui sont les monuments tradi* tionnels des stations qu^il fit en ces lieux. Celles des Alleuds, de Brigné et do Chemellier sont de ce nombre ; et un habitant d*Aubigné qui était aveugle fut guéri miraculeusement par ce saint évoque.
Nous allons établir succinctement les différentes phases de la situation politique do la contrée que nous étudions. Au temps de la conquête des Gaules par Jules César, c*estù-dire un demi-siècle avant Jésus-Christ, elle faisait partie de la Celtique, elle était sans doute comprise dans le pays des AmOiliates, dont la commune d*AmbilIou, qui est voisine, a conservé le nom. Sous Auguste, elle fut comprise dans r Aquitaine qui alors recula ses limites jusqu'à la Loire.
En Tannée 418, Wallia, chef ou roi des Visigoths, obtient d'IIonorius, empereur d'Occident, la cession de TAquitaîne avec tous les pays situés entre la Loire et les Pyrénées, et Toulouse devient lu capitale de ses états. Il meurt en 419, et a pour successeur Théodoric I", fils d'Alaric. Théodoric est tué en ioi, dans la grand bataille livrée par Attila et laisse la couronne à Thorismond, son fils. Vient ensuite Théodoric II, puis Euric, qui fut roi dos Visigoths, de Tan 4GG à 485. Alaric II, son successeur, est tué à la bataille de Vouglé ou Veuille, près Poitiers, en 507; Clovis, roi des Francs, s'empare do Toulouse, capitale des Visigoths, et réunit à son royaume les trois Aquitaines en 508. Le territoire de Thouarcé avait ainsi appartenu aux Visigoths pendant près d'un siècle. C'est du temps de Clovis que, d'après Bourdigné * et Iliret *, plusieurs Angevins se rendirent au secours de Ponthus, roi de Galice, qui voulait chasser les païens de ses états. Lm
ï Chroniques (TAnjou, nouTellc édition, t. I, p. 81-82. * AtUiguités d* Anjou, p. IZ-'io,
seigneurs de Rochefort et de Doué s*y trouvèrent; et Pierre de Chemillé et Garin de Brochessac (Brissac), furent tués dans la bataille.
Après la mort de Clovis (511), ses états sont partagés entre ses fils, et Clodomir, l'un d*eux, eut le royaume d'Orléans dont TAiyou faisait partie. Il est tué en 514, dans un combat contre les Bourguignons, et quelques annéos après^ Thierry, son frère, roi de Blelz, s'empare de ses états et notamment de TAnJou. Théodebcit, (ils de Thierry, lui succéda dans le royaume de Metz ot devint maître de l'Anjou. Il a pour successeur Cbildcberl, son onde, roi de Paris. Ce dernier meurt sans enfants m<\les ot laisse, en 558, son royaume à Clotairo, en qui la vaste unité monarchique se rétablit. Clotaire meurt en 56â ; ses états sont divisés de nouveau, et Gonlran, Tun do ses fils, devient roi de Bourgogne ou d*0rléans. 11 n'est guère possible d'établir à cette époque de notre histoire la filiation des souverains qui ont possédé la partie de l'Anjou qui fait le siyet de nos recherches.
La période mérovingienne est représentée par une petite hache en bronze, six bracelets et un style de mémo métal et plusieurs fragments de ûl de laiton do deux millimètres de diamètre, trouvés en 1846, dans un bois près do Faveraye. Ces objets étaient dans un pot en terre très grossière dont il reste quelques débris.
Clotaire II, roi de France, donna, de son vivant, à Dagobert son fils, le royaume d'Austrasie, et ce princequi aflec- Uonnait l'Anjou d'une façon toute spéciale, fit butir entre les années 625 et 628, dans ce que nous appelons aujourd'hui l'arrondissement de Saumur, (juatre églises ù Cunault, Doué, Cizay et Aubigné. Ce prince dont le nom est encore connu du peuple créa ses neveux Boggis et Bertrand docs d*A^taine en 637. Eudes, fils de Boggis, succéda à son père dans le duché d'Aquitaine qui comprenait toujours la partie méridionale de FAi^jou. Hunauld, fils
TEMPS PR»imi*S JUSOU*AU DOUZIÈME SIÈCLE. 7
d*Eudes, régna sur la même province, do Tan 735 à 745. Gaifre ou Waifre, (Ils d'ilunauld, dernier duc d'Aquitaine» mourut en 768 '.
Pépin le Bref réunit alors cette province à la couronne. En 778, Charlemagne rétablit le royaume d'Aquitaine en faveur de Louis le Débonnaire, son fils, le jour de sa naissance. Vers le mois de janvier 1867, on a découvert dans la commune de Faveraye, à six cents mètres au nord de la ferme du Grand-Champagne, une grande quantité de monnaies carlovingiennes dont nous avons recueilli quelques exemplaires. En 1850, on a trouvé à Thouarcé une petite pièce d'argent de dix-neuf millimètres de diamètre et pesant neuf décigrammes, portant d'un côté la légende hlvdowicus 1MP. Au revers on voit une façade d'édifice au fronton triangulaire surmonté d'une croix; autour on lit les mots xpisTiANA RELiGio. Cctle monuaio appartient au règne de Louis II, dit le jeune, fils de Lothaire, qui devint empereur d'Occident en 853 et mourut en 875'. L'Aquitaine fut ensuite gouvernée par Pépin 1", puis par Pépin II, et on attribue au règne de ce prince une pièce d'argent qui a été trouvée en 1846, à Faveraye. Celte monnaie du diamètre de vingt-un millimètres et du poids d'un gramme quatre décigrammes, porte d'un côté la légende pipixus rex eq. (çonr Equi'tanix ou Aquitam'x); SUT l'autre face se trouve le nom du prince disposé en roue, et autour on lit le mot METVLLO. En faisant les fouilles du clocher de Martigné au mois do novembre 1874, on a trouvé, avec des cercueils en pierre coquillière, une monnaie de Charles le Chauve (8>iO-877), frappée à Angers; et le 12 mars 1869, on découvrit, dans l'ancienne chapelle Saint-Lumin, une monnaie de Charles le Simple (898-923), frappée à Tours.
On constate l'existence d'Allençon, en latin A AVi/umne, dans un acte de l'an 658, et vers cette époque la villa d'Allençon
I VAnjou et ses monuments, t. I, p. 183.
8 mSTOIRB DU CANTON DE THOUARCÉ.
désignée sous le nom de Lancionum^ Lancian, ne faisait qQ*ane avec celle de Chavagnes, Cavania, sous le vocable commnn de Notre-Dame et de Saint-Gervais *. L^évèque Aglibert du Mans à qui elle appartenait par usurpation, parait-il, sur Tabbaye de Saint-Denis, les sépara pour donner Allençon au monastère de Saint-Calais (Sarlho), on G80- 707. Le testament de saint Aldric, un de ses successeurs, montre pourtant qu'elle lui appartenait encore en 837 *.
Ce qui prouve surtout Timportance de Thouarcé à cette époque, c*est la grande quantité de cercueils en pierre coqniUiëre qui y existaient. Au mois de juin iSio, en déblayant une cave aux environs de Téglise, on a découvert Yingt-quatre cercueils en pierre calcaire et trois en ardoise. Pendant les mois de juin et de juillet 1847, en baissant le soi de la rue Saint-Jean qui conduit do Téglise Saint-Pierre au Prieuré, on en a trouvé environ quatre cents dans une longueur de quatre-vingts mètres. Pendant Tannée 1880, on en a aussi trouvé plus d*un cent dans la tranchée du chemin de fer à Test de la nouvelle gare. De sorte que Ton peut évaluer à plusieurs mille le nombre do ceux qui existaient dans retendue de la ville.
PosmoN. — La plupart sont orientés de manière que la tète se trouve vers le nord-nord-ouest, ou du nord-ouest à Touest; quelques-uns sont placés dans une direction transversale et ont la tête vers le nord-nord-est. Us sont tellement serrés les uns contre les autres quMls se touchent presque tous, et semblent avoir été placés dans de larges excavations creusées à l'avance, et non dans dos fosses particulières comme celles que Ton fait aujourd'hui. On a troové, dessous et à Tentour, des fragments do briques et de poteries romaines, et même des morceaux de chaux, de ciment et marbre.
< On plaiôt de saint Germain qui est le patron actuel de Téglise de CbsTagnes.
s Didumnaite hitUnique de Mame^t-Loire, article ÀlUnçon.
TI3IPS PRIMITIFS jusqu'au DOUZIÈME SIÈCLE. 9
Structukk. — Ces tombeaux, creusés en forme d'auge dans un bloc de pierre, sonl d*un seul morceau ; Textrémité où est la tète est beaucoup plus large que l'autre aûn de pouvoir loger les épaules et le tronc ; et ils forment Ainsi une sorte de triangle très allongé et tronqué. Quel- (juos-uns ont jusqu'à doux mètres de longueur; la plupart varionl outre un mètre soixante centimètres et un mètre quatre-vingts. On en a vu un qui n'avait qu'un métro vingt-un centimètres. Le couvercle, composé d'une seule plorro plalo, semble n'avoir jamais été joint au cercueil uvoc do la chaux, ni un ciment quelconque, et ce qui le prouve c'est que la plupart des tombeaux sont pleins de lorro mèloo aux ossements et qui a filtré sous le couvorolo.
On a encore trouvé de ces cercueils à Gonnord autour de rcglisc; dans la commune du Champ, près du village de la Itougrie, dans une pièce de terre dépendant de la ferme do la (îrouas; près du Yau-(iallard, à Test de Chanzeaux; au nord-est do lanciennc église de Saiut-Ellier; dans la commune de Favcrayo, au bourg et sur un petit plateau entre Chandoiseau et rArbalètricr ; dans les fondements de réglisc de Joué; au bourg de Martigné, et au nord de la Saulaye dans la même commune ; près de l'église d'Aubigné ; et cr.fin au hourg de Tigné.
L*emploi de ces cercueils, qui peut remonter au v* siècle et paraît avoir cessé vers le commencement du x*, ne s'expli- (jncrait-il pas par la croyance, alors généralement reçue, <iue la (lu du monde devait arriver en l'an 1000? Et le soin que mettaient nos pères à la conservation des morts n'avait-il pas pour but de rendre plus facile leur résurrection pour le jufrement dernier?
A partir du ix" siècle nous commençons à être guidé dans noH rcchorches par «luelques documents un peu précis.
NiMH Tan 8^0, Lambert, comte de Nantes, ravagea le bas Anjou, mais ayant été tué quelque temps après, Nomenoê,
doc de Bretage« 8*empare de ce comté, prend et pille Saint- FloreniJe-Yieil en 844, les Mauges et TifTauge, et retient tonte cette contrée sous sa domination. Le territoire des Manges était alors borné au nord par la Loire et à Test par ' le Layon et THyrôme, de sorte qu*il comprenait une partie de ce qu*on appelle aujourd'hui les communes de Chanzeaox et de Saint-Lambert-du-Latay, dans le canton de Thooarcé. A cette époque, le Layon faisait aussi la séparation de l'Anjou d*avec l'Aquitaine : Thierry, comte dos Angevins, dominait par conséquent sur la rive droite de cette rivière où se trouvent aqjourd^hui les communes d*Allençon, les AUeuds, Beaulieu, Brissac, Charcé, Chavagnes. Sain t*Ellier, Paye, Luigné, Quincé, Saulgé-rilôpilal, une partie de Thouarcé, Yauchrétien, Brigué et Martigné. Tandis que celles du Champ, une partie de Chanzeaux et de Thooarcé, Faveraye, Gonnord, Joué-Étiau, Rablay, Aubigné et ligné, étaient soumises au roi d'Aquitaine.
En 847, le territoire qui forma plus tard les paroisses de Saulgé et de Luigné portait le.nom de Tarenciacus ou Terreneùteus.
En 849, Neomène ou Nomenoê, duc ou roi do Bretagno, s'empare d'Angers^ et des pays circonvoisins, et il meurt en 851. Érispoê, son fils, ayant remporté une éclatante victoire sur Charles le Chauve, oblige ce prince à lui confirmer la propriété des conquêtes faites par Nomonoô et i lui donner l'investiture de la partie du comté d'Anjou que possédait Thierry à sa mort *.
Après la mort d'Êrispoë, en 857, la portion do l'Anjou qnll gouvernait retourna à la couronne, et Charles le Chauve en donna le gouvernement à Torquat auquel il avait confié l'administration et la garde d'une partie des forèU de r Anjou*.
s Reehercket histoHquett ptr Bodin, nouTelle édition, t. Il, p. 75. t !dem, p. 80^1.