TEMPS PRIMITIFS JUSQU'AU DOUZIÈME SIÈCLE
(lu pieux Isembard. Un chevalier de Martigné, nommé Bourmaud, donne la terre et le bois du Fouilloux. Guillaume et Arnaud de Chanzé, plusieurs pièces de terre et une rente de cent anguilles sur le moulin à eau d'Ermenbert, situé près de Chanzé. Aimeric Ermcnard , la dime de Chasles , savoir des fèves, des pois , des lentilles , du lin et du chanvre. Raoul de l'Hommeau , une coulée et deux Iles près du pont de Thouarcé. Le prieur Aimeric concède à Aimer Rigaud un demi-quartier de terre au Gué-du-Berge pour le planter en vigne. Paycn de Paye et son épouse, Osanne, donnent la dime des prémices de la Roche et de Chanzé. Eugelbcrt Sorin, un quartier de vigne à Fesles. ilugue do Paye, la dîme d'un demi-arpent de vigne à Fonlaine. Enfin, Raoul de Tllommeau abandonne ses droits de sépulture de Fesles et de Bonnczeaux , à condition que les moines n'exigeront pour chaque enterrement que quatre deniers, à moins qu'on ne voulût bien leur en donner davantage, et ordonnant également que ceux qui ne pourraient payer les quatre deniers seraient enterrés gratis •.
La nouvelle église Saint-Jean est achevée; Tévêque d'Angers, Geoffroy, étant malade et ne pouvant se rendre à Thouarcé pour en faire la dédicace, prie Iloël ou Johel, éveque du Mans, d'y aller à sa place. Nous sommes en iOU3 : la veille du jour fixé pour la cérémonie, Isembard le jeune, devenu seigneur de Thouarcé par la démission de son oncle qui s'était fait moine, se porte au devant du prélat, accompagné de ses vassaux et monté sur un superbe cheval. Après avoir rencontré !c bon évéque, le cortège revient sur ses pas, et, arrivé au sommet du coteau, Isembard montre avec satisfaction le chef-lieu de ses domaines : a droite , le château auquel est adossée l'égUse paroissiale de Saint-Pierre ; à gauche , le nouveau temple et l'habitation des moines ; au milieu , les maisons de ses sujets. Les
* Livre bhnc dt Vabbatje dt Saint-Florent, fo* xv à xxvi.
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cloches sonnent à toute volée et la troupe se rend au château.
Le lendemain fut un beau jour pour les habitants de Thouarcé. Dès le matin, ceux des bourgs et villages voisins 8*y rendent afin d'assister à la cérémonie. L*église Saint- Rerre est trop petite pour contenir la multitude des fidèles. Bientôt une longue procession en sort et se dirige vers réglise Saint-Jean, en passant sur le pont-levis jeté sur les larges douves du château. Le vénérable évêque marche a la tête, accompagné de Guillaume , abbé de Saint-Florent ; des prêtres do Thouarcé et des environs ; des moines Thibault, Martin, Gosselin et Isembard le vieux. Ensuite Isembard le jeune, les seigneurs de Chanzé, du Mesnil, de Sourdigné, Sigebrand de Passavant, et Berlay son frère , tous ceux enfin qui ont contribué à Térection de la nouvelle église, tiennent les premiers rangs. Us marchent religieusement et foulent avec respect le sol , car ils savent que la me qu'ils parcourent est entièrement semée de tombeaux. La vaste place qui s*étend devant le portail de Saint-Jean est bientAt couverte de monde ; Uoël approche du temple , jette Teau sainte autour des murailles, puis pénètre dans rintérieur qu*il bénit également, et les fidèles sont ensuite admis à assister aux chants religieux qui, pour la première fois, retentissent sous les voûtes du nouveau sanctuaire.
Telle est Torigine du prieuré de Thouarcé , Tun des plus importants de ces établissements religieux qui devinrent si nombreux quelques siècles plus tard, que nous n*en compterons pas moins de seize dans retendue des vingt paroisses du canton.
Une ère d'activité extraordinaire avait succédé à Thorrible crise de Tan 1000. L'abattement causé par l'idée de v(ûr arriver la fin du monde à cette époque, avait fait place an courage et au besoin de renouveler partout les monuments attestant la puissance de l'homme.
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Nous avons déjà mentionné Texistence d*un certain nombre do localilés ; nous pouvons ajouter que rancienne église de Beaulieu remonle aux xi* et xu* siècles, ce qui prouve que ce lieu était un centre de population dès cette époque, quolqull n*ait été érigé en paroisse qu'au' xvui» siècle. L'église d'Étiau remonte aussi au xi* siècle ; celle de Quincé, qui ne sert plus au culte, porte des traces de construction qui remontent au moins au ix* siècle, et le lieu de Tessigné, dans la commune de Charcé, existait aussi au xl^ En i08o, Téglise de Kablay, qui était possédée par des laïques, fut rachetée par les religieux de Saint- Serge ; enfin Tancienne église de ligné portait aussi des traces remontant au ix* siècle.
Si nous énumérons ici quelques noms pris dans les chartes, ce n'est pas que nous croyions que les habitations ne fussent pas plus nombreuses à cette époque dans les campagnes : nous pensons au contraire , et nous sommes même convaincu que depuis longtemps, les bourgs, villages et hameaux y étaient en assez grand nombre; les liefs même étaient déjà très multipliés. Les noms d*Allençon, Argonne, Bassac, Belligné, Bonnczeaux, Brigné, Brissac, Chanzé, Chanzcaux, Charcé, Chasles, Chavagnes, Chemellier, Cré, Doua, Druillé, Étiau, Favcraye, Faye, Fcslcs, Gastincs, Gonnord, Grézillé, Jaugé, Joué, Luigné, MàchcUe, Maligné, Mauvezin, Mozé, Grillé, Quincé, Saulgé, Sourdigné, Souvardaine, Souzigné, Tessigné, Thouarcé, Tiercé, Tigné , etc., ne nous paraissent pas tirés du latin, mais nous semblent plutôt avoir une origine celtique.
Au XII* siècle, nous voyons les établissements religieux se multiplier: on bâtit des prieurés, on fonde des chapelles : c'est le temps de la ferveur religieuse.
L'an 1103, Pierre 11, évèque de Poitiers, confirme à Ranulphe, abbé, et aux moines de Saiut-Maur-sur-Loiro, la possession des égUses de Faveraye et du Yoide, situées
dans son diocèse et qui appartenaient depuis plus de trente ans i leur abbaye '.
En TAnnée 1112, Foulques le jeune conduit une armée à Brissac, appelé alors en latin Braccum saccum, ' En 1112-1120, on constate Texistence de Doua ou Douay, en latin Doiacusy Dueium^ dans la commune de Chanzeaux, d*après le cartulaire de Chemillé, où fut bâtie une chapelle dédiée i Saint-Jean, et un prieuré dépendant de Tabbaye de Melinais, commune de Sainte-Colombe, prés La Flèche. n s*y tenait autrefois une assemblée et foire le jour de la Saint-Jean.
Le Pape Calixte II confirme, en 1122, à Etienne , abbé de SaintrFlorent, la possession de Téglise de Saint-EUier, de celle de Gonnord et de celle de Saint-UiLiiro do Montilliers avec la chapelle Saint-Nicolas*. L'an 1119, le mémo pape étant à Marmoutier, prés Tours, avait confirmé à Pélronille, abbesse de Fontevrault, la possession du lieu do Saint-Calais {Sancti Can'leffi), près Chavagnes, donné par Ghalon de Blazon ou Blaison, et aussi la terre de la Prillière'y donnée par Philippe de Blaison et son épouse, qni avaient également abandonné les bois et les terres qu'ils possédaient entre le Bois-de-Rou * et les Allouds.
Ulger, évéque d'Angers (de 1121 à 1148), confirme à Matthieu , abbé de Saint-Florent , la possession des églises SaintrPierre, Saint-Jean et Saint-Lumin de Thouarcé.
En 1130, le 12 juillet, le même prélat accoruc à Godefroy, prieur de Cunault, le droit de présentation des églises de Saint-Maxenciol de Cunault et de Saulgé (en latin Tareneiàcum).
Une dame, nommée Constance, ayant donné au chapitre
> Archwei d'Anjou, par M. P. Marchegay, t. I, p. 267-268.
* lÀmre ftargeni de Saini-Flarent, f^ 2 ; et Livre rouge^ f» 6.
* La Prillièro eti une petite ferme située dans la commune de Clia- ▼agnes, à deux mille cinq cents mètres au nord du bourg.
* L«t Boif-de-Rou sont entre Chayagnes et Luigné.
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de Saint-Maurice d*Angers la dime d'Ëtiau, quelque temps après, Lupel, son flis, voulut contester cette donatioa ; mais reconnaissant qu*il avait tort, il fit l'abandon de cette dîme entre les mains dXlger, évêque d'Angers, et la céda a perpétuité aux chanoines do Saint-Maurice.
Pierre Guiton donna (de 1133 à il3G) aux moines de Saint-Florent et à Téglise Saint-Pierre de Gonnord , toute sa dime de Mauvezin, celle qu'il avait sur les porcs, les veaux, la laine, le lin et le chanvre au Plcssis, certaine dime qu'il avait à Jaugé et celle des vignes de la Normandière. Ces dons furent faits avec le consentement de sa fille, Avise, et de son gendre, Pierre de la Ferté *.
L'an lUO, (îcoffroy le Bel ou Plantagcnet, comte d'Anjou , créa rétang de Brissac, dans la vallée de TAubance qu'il avait eue en échange de Tabbesse du Ronceray. L'église de Soulaincs appartenait, au xu* siècle, à Pévêché d'Angers, et fut de celles que l'évèque Ulger légua à son chapitre vers 11-49.
Boissay ou Boissé , commune de Brigué , autrefois de la paroisse d'Ambillou , en latin Buxeium ou Boseium , est un des plus anciens domaines de l'abbaye de Nyoiseau. Le pape Innocent II le mentionne dans sa bulle de 4141 , sans parler do la chapoHe qualifiée souvent d'église, qui existait rerlaiucraciil avant 1150 et peul-otre depuis longtemps. Elle élait dédiée à Sainte-Madeleine et devint un prieuré réuni seulement au xvni* siècle au prieuré voisin des Lochcreaux.
L'église de Grézillé, dont une partie datait du xi* siècle, appartenait alors a l'abbaye de Cunault. Elle appartenait au commencement du xu« siècle, ainsi que la seigneurie du lieu, à Kainaud, fils de Joubert Tiremouche, et dès 4150 a son petit-fils Pierre Clercau ; celui-ci ou son successeur restitua en 1161 l'église à l'abbaye de Cunault.
» Livre bianc de Saini-Fiorenl, f» 12.
En Tannée il86» Guérin de Luigné, considérant qu*il possédait une église près de son manoir de Luigné, et voulant y fixer un prêtre, avec la permission de Tévéque d'Angers, il donne une rente annuelle de neuf setiers de froment, neuf setiers de seigle, dix-huit sommes de vin rouge et diverses autres choses détaillées dans l'acte de fondation >.
Dans la même année, le pape Urbain III confirme h Mainier, abbé de Saint-Florent, la possession de Téglise de Saint-Ellier, de celle de Saint-Pierre de Gonnord avec la chapelle Saint-Jean, et des églises Saint-Pierre et Saint- Jean de Thouarcé avec la chapelle Saint-Lumin '.
Au xn* siècle, fut construite la chapelle de la commanderie de Saulgé, qui appartenait aux chevaliers de Saint- Jean de Jérusalem , connus plus tard sous le nom de chevaliers de Malte. Cette chapelle, qui existe encore et qui servait de grange depuis longtemps, a été restauréo en 4862 et bénite le 25 août. Elle a quinze mètres do longueur sur cinq de largeur ; elle est composée de trois travées éclairées par des fenêtres plein- cintre, et la voùle est en pierre avec des nervures peintes où sont sculptés les emblèmes des quatre évangélistes.