CHAPITRE HUITIÈME
La deuxième visite pastorale de Mgr Signay, sous, le règne de M. Gatien, eut lieu en juillet 1840.
Le nombre des .onfirmands fut de trois cent sept.
L'évèque alloua ensuite les comptes des années 1833, 1835, 1836, 1837 et 1838, ainsi que les comptes des années 1821, 1825 et 1829, qui n'avaient pas été présentés lors de la dernière visite.
li ne put allouer les compt:s du marguillier en exercice pour 1834, parce que ce dernier. avait été surpris par la mort, avant d'avoir réglé les affaires de son année d’administration, Mais il fut convenu que le fils du marguillier défunt serait responsable du montant dû par sou père, qu'ils'engagea à payer en 1842.
Après avoir promulgué quelques ordonnances d’une importance secondaire, l’évèque autorisa la fabrique à coniribuer, pour une somme de vingts livres, à la construction d’une nouvelle maison pour le bedeau, et il autorisa une légère augmentation du salaire de ce dernier, que les marguilliers étaient unanimes à recommander (1).
Ce fut pendant cette visite pastorale que la future fondatrice du Bon Pasteur de Québec résolut de quitter le Cap-Santé, où elle résidait depuis une douzaine d'années. Puisque le Cap-Santé a été sa paroisse adoptive pendant un certain temps, nous devons dire un mot de cette femme remarquable, qui ne soupçonnait guère à cette époque la mission que la Providence lui réservait.
Sans cesser de se croire appelée à la vie religieuse, elle suivit le conseil qu'on lui donna d'accepter la main d’un M. F. X. Roy, ancien ma-chand de Québec, retiré au Cap- Santé. Dieu voulait la faire passer par tous les états de vie, pour bien la préparer à l'œuvre qu'elle était destinée à fonder. Son mariage eut lien en cette paroisse le 17 avril 1828. Dieu bénit son union par la naissance de trois filles, dont les deux ainées, Séraphine et Célina, font partie de
(1) Cette nouvelle maison, qui a servi de résidence aux bedeaux jusqu'en 1858 on 1869, était située immédiatement en arrière du hangar actuel de la fabrique, et l’ancienne se trouvait en arrière de celle-ci, c'est-à-dire uw peu plus au nord. Depuis cette époque, les bedeaux ont toujours demeuré dans le vieux presbytère.
la Congrégation des Sœurs Grises de Québec. La plus jeune, Clorinde, ne vécut que peu d'années.
Le curé du Cap-Santé, disent les annales du Bon-Pasteur, pouvait toujours compter sur Mme Roy, quand il s'agissait de quelque œuvre de piété ou de charité à accomplir. Une année que la petite vérole sévissait dans la paroisse, elle se fit la garde-malade de plusieurs personnes attaquées de la terrible maladie. L'abbé Gatien lui confait habituellement les-enfants du catéchisme les plus ignorants. Durant les beaux jours elle les réunissait au pied d'un bouquet d'arbres qui ombrageait la maison, et si le temps était mauvais, sous un auvent établi dans la cour. Elle savait si bien intéresser et amuser ses petits auditeurs, que la plupart des enfants qui se préparaient à la Première Communion venaient suivre ses leçons (1).
Devenue veuve en 1833, Mme Roy résolut de se consacrer exclüisivement à l'éducation de ses enfants et au service des pauvres et des malheureux. Elle refusa toutes les propositions de mariage qui lui furent faites, et bien qu'ellé n'eût que vingt-six ans, elle fit vœu de ne plus se marier, C’est alors qu'elle cemmença à mener dans le monde la vie d’uue vraie religieuse, à laquelle elle s'eforça d'associer ses filles. Les deux aînées ont avoué plus tard que ce fut surtout dans ses exemples qu'elles puisèrent la vocation de sœur de la éharité, qui est maintenant la portion de leur héritage.
Après la perte de son mari, Dieu lui ménagea une autre épreuve pour la détacher davantage des choses de la terre, et permit qu'elle tombât dans un état voisin de l’indigence. Il lui fallut donc songer à la recherche d'une position qui lui fournirait le pain quotidien, et lui permettrait en même temps de compléter l'éducation de ses enfants. La Providence, qui la conduisait par la maïn, ne tarda pas à mettre sur son chemin le protecteur dont elle avait besoin. Lors de la visite pastorale qui eut lieu au Cap-Santé en 1840, Dieu lui inspira de s'adresser à l’un des prêtres qui accompagnaient l’évêque, l'abbé Dufresne, curé de Saint-Gervais,
(1) Cette maison appartient: aujourd’hui à M. F. X. Bernard.