CHAPITRE HUITIÈME
Cette paroisse, après son érection canonique, continua à ètre desservie par le euré du Cap-Santé, et on ne lui donna un curé résidant que sept où huit ans plus tard, Elle compte aujourd'hui une population assez considérable, et elle a pris rang depuis plusieurs années parmi les paroisses florissantes et prospères (1).
Le manque de ressources à toujours empèché M. Gatien de faire parachever l'intérieur de l'église du Cap-Santé, encore un peu trop nu, comme ilest facile de le remarquer, bien que M. Lahaye l'ait fait habiller davantage.
IL est cependant peu d'églises — sil y en a — dont le vaisseau présente un plus bean coup d'œil et se prète mieux aux décorations. Un certain nombre de fresques disposées avec goût, quelques belles toiles appendues aux murs, un peu de dorure et de peinture, suffiraient certainement pour en faire presqu'un bijou. L'intérieur de l'église attend done encore une parure plus riche, plus digne de Celui qui l'habiie,
Nous regrettons également que l’église ne posséde pas la moindre petite toile d'un peintre assez remarquable qui a vu le jour au Cap-Santé, M. le chevalier Antoine-Sébastien Falardeau. Il ne devait rien à sa paroisse natale, il est vrai, mais il aurait dû tenir, il nous semble, à Ini laisser l'une quelconque de ces peintures qui lui ont fait conquérir une place enviable dans le monde des ar.istes. Ce don, qui lui aurait sans doute valu l’'aumône de quelques bonnes prières, n'aurait cessé de rappeler À ses roparoissiens le souvenir de celui dont ils sont justement fiers (2).
(1) Elle a été érigée civilement le 31 mai 1858.
(2) M. Falardeau est né dans la concession du Petit Bois de l’Ail. Comme tous les enfants dont les parents sont cultivateurs, il dut aider aux travaux des champs, aussitôt que ses forces le lui permirent. Mais un bon dimanche, poussé par l'attrait irrésistible d'une vocation qui s'était manifestée dès l'enfance, il déserts le toit paternel pendant la grand’messe, et prit le chemin de Québec. I1 n'avait que quatorze ans. Après avoir réalisé/quelques économies il partit pour l'Italie en 1846. Ses débuts furent naturellement lents et pénibles, mais son talent et son énergie finirent par le faire. triompher de tous les obstacles, et forcèrent eufin la fortune de lui sourire. M. Falardéau est mort accidéntellement, dans le voisinage db Florerice, en 1890.
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Forcé de renoncer au désir, pourtant bien légitime, d’embellir sou église, M. Gatien voulut du moins, avant de mourir, renouveler la demeure particulière du divin Prisonnier de nos autels. Le l‘ novembre 1843 il convoqua donc les marguilliers, qui décidèrent unanimement de remplacer l'ancien tabernacle du maître-autel par un plus convenable, Ils votèrent pour cette fin une somme de cent livres, et confièrent l'exécution de cet ouvrage à un M. F. X. Leprohon, sculpteur. Ce tabernacle fait certainement honneur à celui qui en à conçu le plan; et, abstraction faite de sa dorure qui aurait besoin d'être rafraichie, bien qu'elle l'ait été une première fois en 1865, sous le règne de M. Godbout, il ne laisse rien à désirer,
Cet acte administratif de M.Gatien devait ètre le dernier. Mais s'il était le dernier, il n'a pas dû être le moins agréable à Dieu puisqu'il se rapporte directement à Lui, Tout curé, ilnous semble, peut difficilement mieux couronner son administration.
Le 10 juillet 1844, M. Gatien signait son dernier acte, — celui du baptème de Marie Céline Germain, — et le 19 du méme mois il remettait son âme à Dieu, à l’âge de 68 ans.
ILest donc mort sur la brèche comme il convenait à son tempérament—bien qu'ileût songé maintes fois à prendre sa retraite aussitôt que les circonstances le permettraient. C'est dans cette intention qu'il s'était fait bâtir une niaison sur le sommet de la côte de l’église, dans un endroit des plus enchanteurs; mais comme l'homme propose et Dieu dispose, il ne vécut pas assez longtemps pour réaliser ce rève,
Cette maison, que M. Gatien légua à la fabrique pour y tenir une école après la mort de sa ménagère qui en conservait la jouissance à vie, n'a jamais élé affectée à cette
destination, Elle fut vendue en 1865, avec la permission de
l'Administratenr du diocèse, à un rentier qui la reconstruisit presque.en entier, et maintenant elle est la propriété d'ün M. Gorges Morissette.
Les fünérailles dé M: Gatien enrerit lien le 22 juillet, aux frais de la fabrique, et'ses réstes mortels furent, inhumés près du maître-autel, du côté de l Éyangile. Le service