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CHAPITRE NEUVIÈME

En général, les curés, sans y être tenus par aucune loi, rendent volontiers aux marguilliers le service de tenir leurs comptes, Ces bons offices ne sont pas toujours, ii est vrai, appréciés comine ils devraient l'être, et sont trop souvent payés d’ingratitude — monnaie dont l& circulation est illimitée, comme l'on sait. — Mais ils font mieux de ne pas s'en tenir au droit strict, d'autant plus que cette attitude aurait pour résultat inévitable de replonger les fabriques dans l’ancien chaos. Tout curé a suffisamment de loisirs pour ce travail extra, et avec uu peu de nerf, peut facilement arriver à faire rentrer tous L s deniers dûs à sa fabrique, à temps pour présenter sa reddition des comptes à la fin'de chaque année.

Nous avons déjà dit que toutes les ordonnances de la dernière visite épiscopale, sauf une, furent mises à exécution avec assez de,bonne grâce. L’ordonnance qui resta lettre morte, il est facile de le deviner, avait trait à La construction d’un nouveau presbytère, Les paroissiens, en .majeure partie, se montrèrent têtus comme des Bretons, et rien ne put les décider à agréer la demande si raisonnable qui leur était faite. Cependant, trois ans plus tard, ils devaient se condamner eux-mêmes, en admettant l’impossibilité de réparer le vieux presbytère, et en consentant à en bâtir un nouveau.

Le 4 août 1846, M. Proulx, mort curé de-Sainte-Marie de la Beauce,.et «lors curé de Saint-Antoine, fut délégué par l’archevêque de Québec, et chargé de soumettre à l’approbation des paroissiens du Cap-Santé le projet de construction d’un nouveau presbytère. Le délégué choisi en cette.circonstance était bien à la hauteur de sa mission, et il aurait certainement réussi à ramener la majorité des contribuables à de meilleurs sentiments, si le parti pris n’eût rendu toute entente impossible. Leur siège était fait depuis longtemps, et. M. Proulx échoua complètement. Le principal représentant de l'opposition, qui ne manquait pas de savoir-vivre, parla en termes très convenables. Trop intelligent pour ne.pas comprendre qu’il plaidait une manvaise cause, il commença par protester, sérieusement, des dispositions bien veillantes de la paroisse à l'égard du.curé,

puis il déclara qu'elle voulait bien lui fournir une résidence convenable, et qu'il suffisait pour cela de réparer le vieux presbvtère. La forme de l'argumentation valait mieux que le fond, car il était généralement admis que la construction d’un nouveau presbytère s'imposait, et serait moins dispendieuse que la réparatioi. d’une bicoque devenue inhabitable. Cette attitude n'était, en résumé, qu'une tangente | pour marquer un acte d'insurbordination.

15 On rapporte que certains butors — comme en comptent

dé toutes les paroisses — ne craignirent pas de manifester brutalement leur opposition, et même dans des termes que ne désavouerait pas un communard.

La majorité de l'assemblée persista donc dans son entètement, et M. Proulx fit immédiatement rapport à l’archevèque de Québec qui, quelques jours plus tard, adressa aux fidèles du: Cap-Santé la lettre qui suit.

Cette pastoïale sévère, mais trop méritée, ne fit pas broncher les réfractaires.

En voici la teneur :

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+JOSEPH SIGNAY, PAR La MISÈRICORDE DE DIEu ET LA GRACE

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