CHAPITRE NEUVIÈME
intérèt pour les paroissiens, aurait dû lui concilier à jannais leurs sympathies. (n'en fut rien cependant. Bien plus, cette sage innovation provoqua les murmures et ls critiques d’un bon nombre.
On dirait vraiment, en certaines circonstances, que les géns n'ont reçu le don de raison que pour déraisonner. Néanmoins les récalcitrants finireut par admettre qu'il est aussi logique de chauffer les églises que les maisons privées, qu'il vaut mieux être: dans une salle tempérée que dans une glacière, et ils cessèrent leurs ridicutes jérémiades. Depuis assez longtemps, un troisième poële a été ajouté aux deux premiers, et si l'on tentait aujourd'hui d'en supprimer un seul, il est probable que la paroisse entière se mettrait en grève.
La seule visite pastorale sous M. Lefrançois eut lieu ‘en 1845, et le nombre des confirmands fut de 281.
Comme les années précédentes, la plupart des marguilliers sortis de charge n'étaient pas en règle, et ne purent présenter leurs comptes, à l'exception seulément d'un M. François. Décarreau. Aussi, le procès-verbal de cette visite commence naturellement par la même antienne, suivie d’une iujonction aux marguilliers en défaut, de rendre les comptes de leur gestion respective, le plus tôt possible et un an au plus tard, dans l’espace de trois mois à partir de ce jour.
Mgr Signay fit ensuite de légers amendements au tarif de 1840, conseilla de nonimer un procureur chargé de régler les comptes arriérés, suggéra de dresser une formule d’engagement, spécifiant les obligations du bedeau envers le curé, a fabriqueet les paroissiens, 'attira sérieusement l'attention des marguilliers sur la nécessité de construire un nouveau-presbytère, ordonna rachat d'un grand ciboire d'argentet de quelques autres objets, renouvela l'ordonnance,de sonner. gratiritemeut les baptèmes, lorsqu'on ne demande qu'une. seulé elôche, :prohiba l’inhüumatiou: des corps des enfants ‘avec ceux des adultes, et engagea les marguilliers à faire‘ disparaitre les deux petits bâtiments suspendus à la voûte de:léglise — pour: plusivurs raisons, ajoute le procès-verbal, qu'ils ont paru goïûter,
Toutes ces ordonnances, sauf une, conm.me nous le ver:rons, furent mises à éxéçcution.
Peu après la visite pastorale, le 10 août, le chemin de croix, que nous voyons actuellement daus l'église, fut érigé solennellement par M. Paisley, curé de Sainte-Catherine, délégué ad hoc par M. Lefrançois. La paroisse entière et plusieurs membres du clergé assistèrent à cette cérémonie.
L'archevèque de Québec avait conseillé la nomination d'un procureur chargé de préparer tous les comptes dont la reddition était.en souffrance.Il était, avec raison, souve- “sisement ennuyé d'unétat de choses qui menaçait de s’éterniser. Ni les notes de blâme, ni les ordonnances décrétées à chaque visite n'avaient réussi à secouer la torpeur de la plupart des marguilliers, qui auraiert probablement crié au scandale si le curé avait été responsable, :‘Voulant à tout prix, mettre.fin à ces négligences préjudiciables aux intérêts de la fabrique, Mgr Signay suggéra done leremède qui lui paraissait le seul possible et efficace dans les circonstances. Mais s'il pouvait remédier au passé, ilavait l'inconvénient denepoint prévenir la répétition desmêmes abus dans l'avenir. Le euré et les marguilliers semblent l'avoir compris, car ils ehargèrent le procureur nommé, uon seulement de la collection et de 4a reddition-des anciens comptes, mais aussi de la tenue des comptes des marguilliers futurs. :
La décision de 1846, prise à ce sujet, fait remarquer que cette mesure n’a rien d'extraordinaire, puisqu'elle est déjà en vigueur dans quelques autres paroisses. C’est vrai jusqu'à un certain point, Mais si la nomination d'un tuteur aux fabriques des paroisses urbaines est un mal presque nécessaire, il n'en est pas de même dans les paroisses rurales dontles affaires sont généralement peu considérables. Dans le cas qui nous.-occupe, cette nomination avait sans doute sa raison d’être, mais elle n'en était pas moins un mal, puisqu'elleentraîinait un surcroitde dépenses, que des marguilliers plus vigilants auraient pu épargner à la fabrique. Aussi nous verrons, plus tard, l'autorité ecclésiastique recommander l'abolition de cette agence, et exprimer:le désir que le curé etles marguilliers se chargent de cette besogne.
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