CHAPITRE ONZIÈME
vous l'ai recommandé ; etils abusent de votre complai-
sance, et cela fait mal. «
Je vous en prie, dites-leur, à l'avenir, que vous seriez bien prèt à les confesser, mais que Mgr ne le veut pas; et s'ils trouvent votre refus un peu dur, qu’ils s’en prennent à l'Evèque. De cette manière, ils ne pourront vous reprocher votre manque de complaisance, et ils seront forcés de se réndre à leur paroisse, comme ils doivent le faire ; et leur insubordination ne sera plus pour eux un sujet de triomphe, et de scandale pour les autres. Et Dominus sit tecum.
Votre dévoué + C.-F. Evèque de Tloa.
M. Lanaye, Ptre, curé du Cap-Santé.
A partir de ce moment, les réfractaires semblèrent comprendre que toute résistance était devenue inutile. Leurs rangs s'éclaircissaient tous les jours, l'autorité ecclésiastique venait de réaffirmer la position qu’elle avait prise; de plus, la paroisse de Saint-Basile avait été érigée civilement le 31 mai IK58, avec les concessions annexées canoniquement depuis 1852. Ils cessèrent done graduellement. de fréquenter l’église du Cap-Santé, et se résignèrent enfin à prendre place au sein de [a famille Basilienne.
Ce conflit aurait probablement duré moins longtemps si le Conseil de fabrique du Cap-Santé avait consenti à rembourser aux habitants du Petit Bois de l’Aïl le capital payé pour les bancs dont ils étaient en possession. L’Archevèque de Québec avait conseillé cette concession ; les intéressés en avaient fait la demande plusieurs fois, mais les marguilliers ne voulurent jamais se rendre au vœu des pétitionnaires. Légalement parlant, la réclamation n’était peutêtre pas fondée ; en équité, elle l'était certainement, et on aurait dû y faire droit Aujourd'hui, un cas semblable serait porté devant les tribunaux avec des chances de: succès.
Aussitôt que M. Lahaye eut pris possession de son poste, il se mit à l'œuvre avec le même zèle que ses prédécesseurs. et commença immédiatement à effectuer les réformes et.
les améliorations possibles et nécessaires. La longue série des propositions qu'il soumit, en différents temps, à l'approbation du Conseil de fabrique, montre qu'aucun détail ne lui échappait, et que son administration ne laissa rien à désirer (1).
Mentionnons sommairement les principales décisions qui sont à son crédit : la pose d’un gros tuyau vertical dans l'église, 11 octobre 1857; le changement du cimetière des eufants morts sans baptème, ler novembre 1857; construction d’un local pour le corbillard et érection d'un confessionnal dans la chapelle Saint-Joachim, 6 décembre 1857; réparation du tableau de la Sainte-Famille, 27 décembre 1857 ; assurance de l'église, du presbytère et de la sacristie à l'Assurance mutuelle des fabriques; pose d'un plafond à la sacristie, 24 janvier 1853 ; renouvellement des chassis de l'église, 5 décembre 1858; suppression des arcardes, érection d’un second jubé et substitution d’une nouvelle chaire à l’ancienne, 6 janvier 1859 (1); numérotage des bancs de la nef et des jubés, 13 février 1859; commande d'un nouveau banc de l'Œuvre, 17 avril 1859 ; construction d’une estrade à l'avant de l’ancien jubé, destinée à l’harmoniun, 5 juin 1859; parachèvement de l'intérieur de l’église et de la sacristie, 20 novembre 1859. Bien que ces travaux n’aientété exécutés que dans le cours de l'année 1860, la répartition légale qu'ils nécessiterent était en force depuis le 25 juillet 1858.
On peut dire qne la décoration de l'église a été le grand œuvre de M. Lahaye pendant son passage au Cap-Santé. Chose étonnante ! Cette église, qui comptait un siècle d'existence, attendait encore une parure convenable, et n'avait même qu'une voûte brute. La sacristie n'était pas plus privilégiée sous ce rapport. On avait attendu un peu tard, il nous semble, puisque les démembrements de la paroisse étaient commencés et devaient se précipiter. Les paroissiens. le comprenaient évidemment, car ils donnèrent, sans se faire prier, leur FAARATIRNE aux travaux:
(1) Sous son règne les marguilliers n’ont HE dû se tadr de’ne pas être convoqués assez souvent. ? , ïfr:..tiis it