‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 138 sur 163 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

comptes sont approuvés par l'Ordinaire, Ge dernier est de fait le véritable administrateur des biens des Fabriques, puisque sans son placet, les marguilliers ne peuvent à peu près rien régler,

Nous avons done eu raison de dire que la mise hors la loi de l'ancienne coutume est regrettable, comme nous avons raison d'ajouter que ce fait est dû, en grande partie, aux effortsréunis des brouillons que comptent toutes les paroisses, soutenus par les hâbleurs politiques.

Nous sommes arrivés à l'année 1878, que les futurs historiens pourront, sans exagération, appeler l'année terrible. Un coup d'Etat dout l'appréciation n'entre pas dans le cadre de cette histoire, acheva de chauffer à blanc les deux partis politiques de la Province, porta grand nombre d'esprits à la température d'ébullition, et créa un malaise dont le choc en retour se fit sentir jusque dans les paroisses les, plus reculées, à propos de tout et à propos de rien,

La paroisse du Cap-Santé, beaucoup trop politiqueuse, mème en temps ordinaire, éprouva naturellement le sort commun, et contracta la fièvre courante, qui provoqua un conflit entre le curé ct les membres du Conseil de la paroisse. Les documents suivants, que nous reproduisons sans commentaires, résument cet incident malheureux d'une manière claire et complète.

Voici la teneur de ces documents :

Lettre des conseillers muniripauxà l’'Archevêque de Québec,

A Sa Grandeur Monseigneur l’'Archevèque de Québec.

Mo'seigneur,

Lors de la révision de la liste électorale de cette paroisse, nous avons cru devoir ajouter à cette liste les noms de certaines personnes et refuser d'entrer les':noms de certaines autres personnes. A

IL y a dimanche huit jours, Monsieur le curé de cette paroisse a lu en chaire une lettre de Votre Grandeur, comportant être là réponse à une lettre qu'il vous, avait écrite.

D'après cette lettre nous constatons que Monsieur le curé à posé à Votre Grandeur la question suivante : Si les conseillers de celle paroisse, dans le but de favoriser un parti politique, ontentré certaines personnes sur la liste, et refusé d'enentrer d'autres, se sont-ils rendus coupables de parjure, ou se sontils rendus coupables de péché grave ?

La lecture de La lettre de Votre Grandeur à laissé Ia paroisse sous l'impression qu'uous sonnmes condamnés par Votre Grandeur comme ayant manqué à notre devoir et enfreint notre serment d'office, Nous n'avons pas besoin de dire que cela fait un grand dommage à notre réputation dans la paroisse, Nous croyons devoir en conséquence nous adresser à Votre Grandeur, pour mettre à la place des hypothèses de Mousieur le Cure Les laits qui se sont passés,

Avautde procéder à la révision de la liste, nous avons consulté trois avocats pour savoir quelles personnes nous devons y mettre ebnous affirmois que tout à été correct,

Nous demandons comme une faveur la permission de rendre publique la réponse de Votre Grandeur ou, ce qui serait mieux encore si, Votre Grandeur n'y voit pas d'objection, nous demandons que Monsieur le curé lise cette répouse en chaire. Du reste, nous ne voulons pas prendre sur nous de tracer à Votre Grandeur une ligne de conduite à cetégard, Tout es que nous demandons, et nous connaissons trop bi Fesuit de justice de Votre Grandeur pour douter de voire reponse c'estqn le tort causé à notre réputation dans la paroisse soit réparé,

Nous somm's ailes chez Mousiou: Le curé pour lui expliquer les faits ct lui montrer les documents du Conseil, mais il à refuse de nous eatendie fi L

Nous avons l'honneur, ete,

Signé} CG Germain, Daimase Pagé, Charles Falardeau,

Lélix Leclere, J.B. Savard, Etic Dilisle, Honoré Doré.

Témoin ds signatures S. Doelisle,

{1) La lettre des conseillers*municipuux ne porte pas de date,

Page 1