CHAPITRE TRE'ZIÈME
le Quand une église est pourvue d'un carillon de cloches, s- ilest rare que le curé ne rève pas ensuite l'acquisition n d'un orgue, qu'on peut appeler le carillon intérieur, M. For-
tin éprouva, comme tant d’autres, cette légitime ambition, u et commença à agit rlaquestion en 1879. Mais l'acquisition $, d’un orgue n'est pas toujours ce qu'un vain p'yple pense, re et avant de l’entendre ronfler ses airs solenn::1s et harmo- 16 nieux, il faut se résigner à entendre bien des notes dis- US cordantes. Tout le monde, comme le disait monsieur le AS curé Gatien à propos de-peinture, n’est pas tenu de goûter Lu les beautés de la musique. Pour plusieurs, rivn n'est comit, parable au chant sans accompagnement, et un simple
harmonium est un objet de luxe à leurs yeux. Le conseil er 4e la fabrique fut saisi de la question de l'orgue, pour la ns première fois, le 9 décembre 1879. Deux requêtes lui furent rs présentées : l'une signée de 111 francs-tenanciers, expri- 8, mant le désir de voir la fabrique faire cette acquisition; de et l'antre signée par trente-cinq, s’opposant à cette mesure.
Les marguilliers étaient, parait-il, en majorité hostiles au projet; mais, ayant commis la faute de quitter la salle un instant, sans avoir demandé. de suspendre la séance, les autres marguilliers s'empressèrent de demander le vote, et résolurent à l'unanimité que le curé, conjointement avec les marguilliers en charge, était autorisé à acheter, aux frais de La fabrique, un orgue qui devait être, dans la pensée des requérants, une offrande faite au Sacré-Cœur de Jésus, en reconnaissance des grâces spéciales accordées à la paroisse (1).
Quand les marguilhers, sortis pour se concerter entre eux, firent de nouveau leur entrée dans la salle, ils eurent le désappointement de constater que tout était réglé, et jurèrent, mais un peu tard, que pareil tour ne leur arriverait plus.
Six mois plus tard, la confection de l'orgue était terminée et on en fit la bénédiction e l'inauguration solennelles, le
(1) Le curé et le troisième marguillier furent autorisés, le 25 janvier 1880, à confier la facture de l’orgue à M. Déry, de Québec, av prix de #1880.00.
274 k HISTOIRE DU CAP-SANTÉ
29 juillet, au milieu d'un grand concours de peuple. Le Révd. M. N. Bélenger, curé de Beschambault, présida li cérémonie de la bénédiction, et la tâche agréable de l’inauguration fut partagée par Mi abbé GER. Fraser, MM. G. Gagnon et G. deSaint-Georg $. On remurquaitan chœur : MM. les abhés À, Pilote, N. Godbott, TE. Beaulieu, G. Gaudin. qui officia et donna la bénédiction papale, W. Blais, J. Martel, Aug, Gosselin: 1, Chabot, J. Sonlard, O. God: T, Labrecque, G. B, Dionne et L Dumont.
M. le Notaire de Saint-Georges
Il est juste de dire ici que si la paroisse du Cap-Santé a l'avantage de posséder un orgue, elle le doit en grande partie à M. le notaire de Saint-Georges, qui a été l'instigateur du mouvement, ei n'a reculé devant aucun sacrifice pour le mener à bonne fin.-Non content de cela, il s'engagea à remplir gratis les fonctions d’organiste, — et ce service était d'autant plus appréciable qu'il était musicien expert,