CHAPITRE TROISIÈME
la même négligence poussée plus ou moins loin, jusqu'au temps où ceci est écrit, c’est-à-dire en 1830, on serait tenté d'en demander la cause sans doute, Sans vouloir décider à laquelle des causes suivantes on peut attribuer cette négligence, nous assignons celles-ci : la pauvreté de la paroisse, le peu de fermeté dans les marguilliers, et la crainte de se faire des ennemis en poursuivant avec la rigueur nécessaire le paiement de ce qui est dû à la fabrique, la négligence chez les paroissiens, et la prévention qui les porte À dire et peut-être à croire que l'église en a toujours assez et qu'ellé ne souffre de rien, en attendant qu'ils aient la volonté de payer ce qu'ils lui doivent.
Au reste, dans le cours des années précédentes, à l’exception des frais pour les réparations de l’église, on ne voit rien de remarquable, ni dans les recettes, ni dans les dépenses, La seule chose qu'on peut remarquer dans les recettes, sont des dons encore faits par les évêques ou par les grands vivaires et quelques particuliers laïques, On voit encore en article de recette de cette année 1739, dix livres payées par Jean Chaillé, pour l'amende à laquelle il avait été condamné ; dix autres livres payées également en amende par Etienne Pagé. Il n'est point spécifié pour quelles offenses ces deux particuliers avaient payé cette amende.
C’est vers ce temps-ci que les premières habitations dans Je Petit Bois de l'Ail ont commencé, Quant à la côte sur la terre de J.-Bte Marcot, et au Chemin qui depuis le haut de cette côte conduit au Petit Bois de l'Ail, il n'a été établi par procès-verbal, qu'en 1763. Avant ce temps, il n'y avait d'abord qu’un sentier, et ensuite un chemin très mauvais pour gagner ce village, et du dit village pour revenir au fleuve. Le 30 janvier 1740, dans une nouvelle visite, M. de Miniac, Vic. Général/ après avoir examiné les comptes des marguilliers qui lui furent présentés, les alloua au nombre de quatorze, savoir: ceux de Chastenay, margullier en 4724 ; Louis Richard, en 1725 ; Etienne Langlois, en 1726 ; Antoine Germain, en 1727; François Marcotte, en 1728 ; Michel Frenette, en 1729 ; Louis Pagé, en 1730 ; Simon Frenette, en 1731; Pierre Piché, en 1732 ; Guillaume
Gignac, en 1733 ; Laurent Matte, en 1734 ; Adrien Piché, en
1735; Jean Marcot,en 1736; enfin Pierre Morisset, en 1787.
Les comptes de Jean Pagé marguillier en 1738 ; de Nicolas Lesage en 1739 ; d’Etienne Langlois en 1740, restent encore en arrière, les remises d'argent qu'ils devaient à la fabrique n’étant pas faites. IL fut ordonné au marguillier en charge de presser la rentrée de ces argents, et de donner avis au dit M. de Miniac du résultat de ses démarches à cet effet, pour, par le susdit M. de Miniac, être pourvu plus efficacement à la remise entière des deniers dus à la fabrique par les susdits marguilliers.
Malgré ces ordres réitérés et si précis, les comptes de ces trois marguilliers, savuir ceux de 1738, 1739 et 1740 ne furent acceptés et alloués, ainsi que ceux du marguillier de 1741, Simon Frenette, qu'en 1742, le premier juin, par Mgr Marie Dubreuil de Pontbriand, dans la visite pastorale de la paroisse qu’il fit cette année. Dans cette visite épiscopale de 1742, 94 personnes furent confirmées. On me voit rien de particulier ordonné dans cette v'site. La même année 1742, au mois de septembre, M. Lacoudray quitta. cette paroisse après l'avoir desservie pendant 14 ans comme. curé, c'est-à-dire depuis la fin de septembre 1728. En quittant la paroisse du Cap-Santé, M. Lacoudray se rendit. à Québec, où il resta six ans, c’est-à-dire jusqu'au premier octobre 1748, temps où il fut nommé curé de Saint- Pierre de la Rivière-Sud, qu'il desservit conjointement. avec Saint-François, du 24 décembre de la même année jusqu’au 1er octobre 1794. A cette date il ne resta plus curé que de Saint-Pierre, qu'il quitta pour une nouvelle transmigration, en septemk :e 1750. De Saint-Pierre, il se rendit à Varennes, dont il venait d’ètre nommé curé. Il desserwit. cette nouvelle cure pendant lix ans, c’est-à-dire jusqu’au. 5 mai 1760. Après quoi, apres tant de voyages d’une cure à une autre, ilñt enfin le grand voyage de l'éternité, I mourut dans cette paroisse de Varennes, âgé de 64 ans.
Quant aux événements qui concernent la paroisse, et différents de ceux qui ne regardent que la fabrique, il.est. ben probable que pendant le cours de toutes ces: années, fepuis l’arrivée de M. Lacoudray jusqu'à son départ, il n'y en eut aucun dont la mémoire’ ait mérité d'être conservée.
em ed 0 ne SC Cd CHAPITRE QUATRIÈME
M. VOYER, troisième curé (1743-1752)
SOMMAIRE : DESSERTE DE LA PAROISSE PAR LES ABBÉS DESs- BRUYÈRES ET FRICHET. — REFONTE DE LA CLOCHE DEL'ÉGLISE. — INVENTAIRE DES MEUBLES ET EFFETS DE L'ÉGLISE.— VIsiTE DE LA PAROISSE PAR M. DE LA VILLANGEVIN. — VISITE PAS- ‘TORALE PAR MGR PONTBRIAND. —- RÈGLEMENT DES DIFFICUL- "TÉS PENDANTES ENTRE LES HÉRITIERS MOTARD ET LA FABRI- QUE. —- RÈGLEMENT AU SUJET DES LICENCES. — RECENSEMENT. — PONT DE BATEAUX SUR LA RIVIÈRE JACQUES-CARTIER. — NOUVELLE COUVERTURE LE L'ÉGLISE EN BARDEAUX. — DÉMis- SION DE M. VoyEr. — Monr DE M. VoyER Aux ECUREUILS.
EPUIS la fin de septembre 1742, temps où M. Lacoudray D avait quitté la paroisse, jusqu’à l’arrivée de son successeur, la paroisse fut desservie par M. Desbruyères jusqu'au cinq novembre, et ensuite par M. Frichet, curé des Ecureuils, jusque dans le mois de janvier suivant, où M. Voyer est venu prendre possession de la cure. Son prémier acte comme curé, est l'acte de sépulture de Marie Charlotte Motard, du vingt janvier 1743.
M. Voyer est resté curé de cette paroisse, l’espace de neuf ans, après lesquels il a quitté la paroisse, c’està-dire à la fin de septembre 1752,
Nous allons exposer ce qu'il a pu y avoir d’intéressant, soit dans les affaires de la fabrique, soit dans la paroisse en général, sous ce nouveau curé, homme estimable sans doute, mais qui semble avoir eu en partage un petit grain d’une originalité à lui toute particulière ; chose dont on ne peut s'empêcher de convenir, en parcourant les papiers et en examinant les affaires où il a été mêlé.
Dans cette année 1743, la cloche, par un accident qui n’est poiut autrement désigné que par le mot même d'accident, se trouva cassée et mise dans un état à ne plus pouvoir servir. Un nommé René Chevalier, fondeur de profession
demeurant à Beauport, la refondit et en fit une cloche nul neuve. [Len coûta pour la refondre, pour les frais du transport et pour la remettre en place, 305 livres. Le 17 avril de cette année, dans une assemblée de la paroisse présidée par M. Voyer, il fut décidé qu'il était nécessaire de réparer les fenêtres de l'églis? ; on y décida aussi qu'il fallait obliger ceux qui avaient enlevé des échelles faites pour l’église et le presbytère, du temps de M. Lacoudray, de les rapporter, à moins qu’ils ne montrassent une preuve par écrit signé par M. Lacoudray, ci-devant curé, comme quoi ils avaient un droit de les enlever.
1H Conformément aux résolutions de la susdite assemblée, | | on renouvela immédiatement les croisées de l'église, qui LR étaient au nombre de six, ce qui coûta 72 francs.
Au mu:s de septembre de la même année, il y eut une assemblée de la paroisse où, en vertu des ordres de Monseigneur, il fut décidé qu’on s’adresserait à M. l'Intendant pour obliger François de Sales Motard à exécuter le précis. d'accord, donné par Monseigneur même, au sujet d’une contestation survenue entre le dit Motard et la fabrique, pour le terrain de l'église acquis du père du susdit Motard. LE Jean François Richard, second marguillier, est choisi FIRE pour être le procureur de la fabrique en cette affaire. qi. Dansles recettes de cette année, on voit 18 livres données nr à l’église en aumône par les propriétaires des usines à scie, parce qu’ils avaient fait marcher leurs usines les jours de fête, quoiqu’ils n’eussent ainsi marché que pour le bien et l'avantage du public. On voit encore, par l’état des dépenses de la fabrique, que dans le cours de ces années, vu la rareté et le haut prix de la cire, et le peu de moyens des habitants de la paroisse et de la fabrique elle-même, on se servait encore de chandelles de suif, au lieu de celles de cire, surtout pour les services et sépultures. La fabrique fournissait ces chandelles de suif, que les particuliers ; payaient ensuite.
Ni 10 En 1747, conformément aux ordres donnés par Messieurs
Het les archidiacres dans les visites précédentes, on fit un inventaire des meubles eteffets de l’église. Nous mettons ici le précis de cet inventaire, qui servira mieux que toute
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