CHAPITRE CINQUIÈME
En 1781, les chenilles causèrent un grand dommage aux foins, et La perte qu’elles causèrent fut teile, que le foin se vendit cette année-là jusqu’à, 300 livres le cent. On fit des prières publiques, et on se rendit en procession en partant de l'église, jusque sur la terre du capitaine La Salle Bertrand, près de Jacques-Cartier.
L'année 1783 fut malheureusement remarquable par la misère causée par les suites d'une gelée considérable qui eut lieu le M août, et qui attaqua tous les grains, mais surtout le blé, qu'elle perdit entièrement,
Deux aus environ après que M. Fillion eut achevé la uouvelle église, il fit bâtir pour luimème une demeure vaste et commode, dans la construction de laquelle il fit voir de nouveau le goût qu'il avait pour les grands édifices, Gette maison, bâtie sur un terrain vaste, réunissait toutes les commodités que l'on peut désirer, soit à Pintérieur, soit a l'extérieur. Au dedans, des appartements vastes et multipliés; au dehors, un grand jardin, nn terrain propre à mettre une quantité considérable d'arbres fruitiers, une cour assez étendue pour y élever tous les bâtiments et dépendances qui doivent accompagner une grande maison, En un mot, M: Fillion rie négligea rien de ce qui pouvait lui rendre agréable cette nouvelle demeure, qu’il commença d'habiter vers 1733, et dans laquelle il est resté jusqu'à sa mort il).
Après s'être ainsi occupé de son bien-être particulier, M. Fillion s’occupa de nouveau de procurer et d'assurer de nouveaux avantages au public en général, à la fabrique et aux curés ses successeurs, en augmentant et assurant différentes portions de terrain qu'il laissa à leur usage, par un acte du 8 juillet 1787, signé par M. Fillion et par plusieurs marguilliers. M. Fillion déclare par cet acte, qu'ayant acquis de J.-Bte Motard et de Magdeleine Motard un terrain de deux cents pieds de long, sur soixante de large, il les donné en toute-propriété à la fabrique ; ce terrain est celui où est bâtie la nouvelle église. De plus, par le même acte,
(1) Cette maison était bâtie sur la pointe de terre qu'il y a à l'ouest du hangar actuel, Elle a été démolie en 1885. (L'abbé D, G.)
il élargit ce morceau de terre de 40 pieds, du côté du nord, lesquels se poursuivront en ligne droite jusqu'au coin de la sacristie, de manière que la borne du dit terrain se trouvera à 42 pieds du coin de la sacristie. Le fond en est donné à la fabrique, le public néanmoins en jouira, sans qu'il soit permis d'y introduire des animaux. Par le même acte, M. Fillion donne aussi au public tout le terrain qui se trouve au dehors de la clôture de la maison,qui en est éloignée de 36 pieds, jusqu'au terrain qui appartient aux curés. Ilest dit encore dans ce même acte, que M. Fillion ayant agrandi le terrain du cimetière jusqu'au coin de Ja sacristie, il donne aux curés le terrain qui se trouve audessous, en prenant une ligne droite jusqu'à l’'Ecore. Cet acte se trouve dans le cahier ou régistre couvert en rouge.
En 1789, le 23 juin, Mgr François Hubert, coadjuteur de Mgr d’Esglis, fit la visite de la paroisse, et alloua les comptes de la fabrique depris la dernière visite.
Cette année 1789, Le pro.e jour de sainte Anne, un vent d’une violence extraordinaire, accompagné d'une pluie également violente, causa un grand dommage aux blés alors en fleurs. Ils’ensuivit une perte presque totale de la récolte du blé, dans les endroits où ce vent et cette pluie se portérent avec toute leur violence.
Le village de Saint-François commença à s'établir dans le cours de ces années. Ce fut aussi vers ce temps-là que l’ancien chemin de Portneuf, en deçà du pont, fut placé comme on le voit actuellement. Auparavant, et depuis l'établissement des premières habitations de Portneuf, le chemin passait où est le fort actuel, descendait de là à la chapelle, allait jusqu'à la grève, et se poursuivait ainsi jusque vis-à-vis la terre occupée actuellement par Hyacinthe Pagé. Là le chemin remontait et se poursuivait Le long de la côte, tel qu’il est encore aujourd’hui.
Dans le cours des deux années 1791 -et 1792, on fut obligé de couvrir de nouveau en bardeaux toute l’église. Dans les deux années suivantes, la fabrique se trouva
* assez riche pour acheter un encensoir et un bénitier d'ar-
gent; ce qui coûta 890 livres. La lampe d'argent ne fut achetée qu'en 4795, sous M. Dubord, Elle coûta 1,200 livres.
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