‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 30 sur 163 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Le 7 août 1791, dans une assemblée générale des marguilliers, tant anciens que nouveaux, il fut décidé qu’on mettrait en vente, par une criée faite” tfois dimandes consécutifs, et qu’on adjugerait au plus haut enchérisseur, une terre de trois arpents de front sur 40 de profondeur, située dans la seconde concession, donnée par les anciens seigneurs pour l'usage et profit des curés de la paroisse ; attendu que la dite terre était plus onéreuse que profitable, soit à La fabrique, soit aux curés. Ce fut la raison alléguée par cette assemblée pour mettre en vente la susdite terre.

En conséquence de cette délibération, et sans autres formalités, la susdite terre fut criée, vendue et adjugée à un nommé Morisset, pour la somme de 100 livres. A peine cette vente fut-elle faite qu'il s’éleva des murmures; des plaintes furent portées à l'évèque contre cette vente illégale; mais prévenu par le parti qui voulait cette vente, le prélat reçut assez mal ceux qui lui faisaient ces plaintes. Des avocats furent consultés et déclarèrent que cette vente, sous seing privé, de M. le Curé et des Marguilliers, était nulle, n'étant pas accompagnée des formalités requises en pareilles circonstances. Les Dames Ursulines seigneuresses du lieu, très mécontentes du procédé de M. le Curé et des marguilliers, commencèrent une action contre l'acquéreur pour faire annuler cette verte.

Alors celui qui avait acheté cette terre, craignant avec raison les poursuites qui allaient être faites contre lui, renonça à son acquisition, en remettant la terre entre les mains des marguilliers qui la lui avaient vendue.

Le 25 mars de l’anne suivante, c’est-à-dire en 1792, ceux qui avaient vendu cette terre la première fois, et qui voulaient absolument s’en défaire, furent convoqués en assemblée générale de toute la paroisse, à la fin de

connaitre si c'était ou non la volonté de La majorité des

habitants de la paroisse que la susdite terre fût vendue. 183 particuliers votèrent pour la vente, 39 seulement contre la dite vente. En conséquence de cette majorité, les marguilliers et Monsieur le curé furent autorisés à passer un nouveau contrat de vente au nommé Mathurin

Morisset, pour le prix de 100 livres, conformément aux conditions de la précédente vente, et pour cette fois avec le consentement de Monseigneur l’évêque.

C’est ainsi que les curés de cette paroisse ont perdu une terre qui n'avait été donnée que pour leur profit, et dont la conservation leur aurait épargné, ainsi qu'à la fabrique,

disons-nous, n'excèdent-ils pas ceux qu'il aurait fallu faire pour l'entretien des chemins sur cette terre ? [''ailleurs. on disait encore, lorsqu'on voulait absolument vendre cette terre comme n'étant d'aucun profit, qu'elle n'était plantée que de mauvais bois, du bois de savanne. Or la réponse à cela, c'est qu'actuellement il n’y a peut-être pas une terre mieux fournie de bon bois dans toute la paroisse.

Mais voici ce qui explique tout: M. Fillion avait une terre; or que lui importait cette terre donnée pour les. .-curés, et qui ne pouvait lui servir en rien! Les marguilliers ne voyaient que les frais du moment, sans se mettre en: peine de ce qui aurait lieu par la suite; aussi, quoique dans l'assemblée convoquée pour décider sur cette affaire, iln’y ait eu que 39 opposants à cette vente de terre, contre -183 qui voulaient cette vente, bien loin de conclure quela raison se trouvait du côté du plus grand nombre, on a conclu tout le contraire ; et l’on voit un exemple de cette : vérité, que c’est souvent dans les grandes assemblées qu'il y a le moins de jugement.

bien des dépenses par la suite. Aussi, nous ne pouvons

à nous empêcher de remarquer ici, qu'il est étonnant que

ÿ M. le curé d'alors, ainsi que les marguilliers, n'aient point

ÿ vu que vendre cette terre, c'était faire un tort irréparable

| ïl aux curés futurs. Les frais qu'occasionnait cette terre, (hi prétexte doit on se servait pour en faire regarder la confi servalion comme onéreuse, ces frais étaient ceux des pi chemins ; mais l'obligation où Messieurs les curés ont été A ensuite d'acheter tout leur bois de chauffage, ainsi que Ll tout autre bois dont ils ont pu avoir besoin ; les frais que ‘He la fabrique elle mème aété obligée de faire quelques. 1 années après cette vente en achetant chaque année 25 ou ii 30 cordes de bois de chauffage pour la sacristie ; ces frais,

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