‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 3 sur 163 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les actes de baptèmes, mariageset sépultures, faits-par <es différents missionnaires dans la chapelle de Portneuf, et signés par eux comme missionnaires du lieu, attestent que c'est par eux que la dite chapelle à été desservie pendant cet espace de temps, c’est-à-dire de 1679 à 1708. Ces actes faits par ces différents missionnaires, inscrits sur divers papiers, feuilles volantes, petits livrets, et par conséquent avec peu d'ordre, et dans un état où plusieurs probablement auront été perdus; ces susdits actes ont été recueillis et mis en ordre, autant que possible, dans un régistre particulier, par Monsieur Rageot-Morin, comme on le voit par un avertissement xigné par ce monsieur, en date du 17 janvier 1722, et qu'il a mis en tête du recueil qu'il a fait de ces actes. Le premier de ces actes ainsi recueillis par M. Morin, est du 24 décembre 1679, le dernier du 29 juillet 1708. Ainsi, cette collection d’actes renferme l’espace de vingt-neuf années. Elle se trouve dans le premier registre de cette paroisse, à la page 85.

Au nombre de ces actes, on trouve celui du baptême de Louis Chailler, de l'an mil six cent nonante-deux, le 28 juin: lequel Louis Chailler, fils de Claude Chailler et de Marie Brière, son épouse, eut l'honneur d'avoir pour parrain, haut et puissant seigneur, messire Louis de Buade, comte de Frontenac, gouverneur et lieutenant-sénéral de la Nouvelle-France, et pour marraine, dame Marie-Anne %eneuf,

épouse de M. Robintau, seigneur de Portneuf.

A ce grand nombre de différents missionnaires qui ont desservi la chapelle de Portneuf depuis 1679 jusqu’en 1708, a succédé M. Rageot-Morin, dont le premier acte comme missionnaire de la chapelle de Portneuf, est l'acte de baptème de Pierre Dumas, du 18 septembre 1708 (b).

M. Morin est resté à la chapelle de Portneuf jusqu'à la fin de l’année suivante, 1709, temps où il est venu demneurer au nouveau presbytère qu'il venait de faire bâtir sur la terre de Louis Motard, qui avait donné le terrain pour bâtir le presbytère.

{1) Les prénoms de M. Rageot-Morin étaient Charles-Jean-Baptiste. (M. L'abbé D..G.)

Dans le cours de l’année 1709, il arriva un événement ridicule en lui-mème, mais qui aurait pu avoir des suites. fâcheuses pour plusieurs. Nous ne le rapportons ici que pour faire connaître le caractère original et presque sauvage des habitants de ce temps, et des lieux où la chose se passa au commencement de cette année, Un particulier, habitant de Portneuf, dit publiquement qu'il soutieudrait à un autre particulier du nom de Perrot, habitant de Deschambault, qu'il étaitun pe, ce qui était vrai, puisque le dit Perrot avait eu la chevelure enlevée par les Iroquois. Quelque vraie néanmoins que fñt la chose, cette dénomination de tête pelée rendit furieux le susdit Perrot.

Mais ne se jugeant pas capable de venger assez par luimème upe injure aussi atroce, il sut intéresser à sa querelle et à la vengeance de son honneur outragé, les autres habitants de Deschambault. Ceux-ci à leur tour, ne se voyant pas assez nombreux pour venger sur tous Les habitants de Portneuf, qu'ils regardaient comme tous coupables, liujure faite à leur coparoissien, appelèrent à leur secours les habitants de la Chevrotière, C'est ainsi, sans doute, que dès les premiers temps se sont faits entre les différents peuples, les traités d'alliance offensive et défensive, Quoi qu'il en soit, au moment du combat, le nombre et la fière contenance des habitants de Portneuf, qui avaient réuni toutes leurs forces, pour défendre celui qui avait appelé Perrot‘ tête pelée, ” et pour se défendre euxmêmes contre ceux qui venaient les attaquer, en imposerent tellement aux habitants de Deschambault et à leurs alliés, que ceux-ci n'osèrent en venir aux mains. On se borna, poûr le moment, au lieu de coups de hâton, à se charger d'injures et à échanger des jurements etdes malédictions réciproques. Mais bien loin de renoncer à leur projet de vengeance et à la gloire que devait procurer la défaite entière des gens de Portneuf, ceux de Deschambault leur annoncèrent que, renforcés et soutenus par les habitants de Sainte-Anne, ils viendraient le jour de la Pentecôte, et qu'alors les habitants dé Povtneuf, pour avoir attendu, ne perdraient rien, parce que tout leur serait

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