‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 4 sur 163 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

payé, avec les intérèts mème pour le retard du: pavement, s'ils lexigeaint. L

La chose aurait eu sans doute des suites fâchenses, tant les esprits étaient animés et les têtes exaltées de part et d'autre, si l’Intendant de Justice d'alors, monsieur Jacques Raudot, informé de ces désordres, n'eût immédiatement fait sortir une-ordonnance, qu'il enjoignait au Capitaine de Côte de lire à la. porte de l’église, afin que personne n'en prétendit cause d’ignorance. Par ceite ordonnanre, M. l'Intendant défendait à tous les habitants des lieux où ces désordrès avaient commencé, de se battre sous quelque prétexte que ce fût, à peine de prison contre celui qui: commencerait la querelle, de six livres ‘d'amende contre tous ceux qui s'y trouveraient mélés. Il ordonnait au capitaine de se trouver le dimanche suivant à la porte de l'église, pour faire observer le bon ordre. Il ordonnait enfin au capitaine d'envoyer immédiatement à Québec, quiconque serait assez hardi pour commencer la querelle. Des ordres si précis et si sévères arrêtèrent les préparatifs de guerre, mirent fin aux hostilités, et bientôt les douceurs de la paix succédèrent aux horreurs de cette guerre ridicule.

Dans cette même année 1709 et la suivante, le imême M. Raudot rendit trois ordonuances contre des particuliers qui refusaient de rendre le pain -bénit. La premièré, du 12 avril 1709, condamne le nommé Paul Perrot à rendre le pain bénit à La paroisse de Portneuf, quoiqu'il soit le fermier du seigneur de Deschambault ; raison pouf laquelle il refusait de le rendre, la seigneurie de Desthambault dépendant de la dite paroisse de Portneuf, sous peine de dix livres d'amende, applicable à la fabrique de Portneuf. La seconde ordonnance, du 3 de juin, condamne Paul Perrot à rendre le pain bénit de la même qualité qu'il est offert par les autres habitants les plus aisés de la paroisse dont il est du nombre; ce, sous telle peine que jugera d’infliger le susdit Intendant.

La troisième ordonnance est du 20 mai 1710, rendue sur plainte de M. Morin, contre un nommé Catalan, qui refusait de rendre le pain bénit, prétendant en être exempt

parce qu'il disait ne faire qu’un seni ménage avec le parti: culier chez lequel il demeurait (1).

Revenons: maintenant à M. Morin: Ce raousieur, dès son arrivée à la chapelle de Portneuf, voyant l'accroisse: ment de la population, l'insuffisance de la chapelle, assez graride : d'äbord pour les habitants! réunis à Portneuf, mais trop petite pour contenir ceux qui s'établissaient sur les différents points de la paroisse, et voyant de pas combien elle se trouvait mal placée, étant à une des:extrémités: de la paroisse, tandis que la nouvelle population se portait sur l’autre, entreprit incontinent de remédier: à tous ces. graves inconvénients.

M: Morin obtint de monsieur Gaudel, grand vivaire de monseigneur de la Croix de Saint-Vallier, second évèque: de Québec, la permission de construire, dans la côte du Gap-Santé, un: presbytère dont la moitié servirait de chapelle. L'ouvrage fut poussé avec tant de zèle, que M. Morin fut en état de venir habiter cette nouvelle demeure à la fin de la même année (2).

Pendant neuf ans, il n'y eut point d'autre lien public destiné aux exercices de la religion, que la moitié du pres: bytère que M. Morin venait de faire bâtir. Ce fut sans doute danscette moitié de presbytère, convertieen chapelle sous le titre et l’invocation de la Sainte-Famille, que Mgr de Saint-Vallier donna en 1714, la confirmation à 94 personnes,

En 1712, le 10 novembre, deux enfants, l’un nommé Frauçois Grolliau, âgé de 12 ans, l’autre Chailler, âgé de 9 ans,

* disparurent tout-à-coup et en même temps du Cap-Loson,

lieu de leur demeure dans la paroisse de Deschambault, Pendant huit jours consécutifs on fit les recherches les plus actives et les plus exactes, on parcourut les bois, les forèts à trois et quatre lieues dans les profondeurs. On fit des prières, des vœux, on fit offrir plusieurs fois le

(1) L'usage de donner le pain bénit a été aboli dans la paroisse du Cap- Santé, par l’autorité ecclésiastique, en 1878. (L'abbé D. G.) (2) Nous n’avons pu localiser l'endroit précis de ce presbytère-chapelle. (L'abbé D. G.)

CHAPITRE PREMIER 13 ie. à saint sacrifice pour obtenir de Dieu la grâce de connaître

ce que ces enfants étaient devenus. M. Morin lui-même, é l: accokipagné-d'une-trentaine-d'hommes, les- chercha: dans- # DA les profondeurs des savannes et des bois, sans qu’on ait ja- "7 mais pu savoir: ce qu'ils étaient devenus ; s'ils avaient été

, | enlevés, noyés ou écrasés par quelques arbres.

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