CHAPITRE SIXIÈME
milice fut incorporée, soit au moment de la guerre, où il se fit de nouvelles levées de soldats miliciens, tout se passa dans le plus grand ordre. Les jeunes gens obligés de quitter leurs familles pour aller sur les lignes défendre leur pays, ou dans les autres lieux où le commandement du roi les appelait, ne montrèrent que zèle et bonne volonté. Le tous ceux qui furent commandés, un mourut sur les lignes, de maladie contractée par la misère qu'il avait endurée dans la milice même, dont le service fut parfois bien dur pour ces jeunes gens. Un autre également mourut de la misère éprouvée dans la conduite des bateaux qui montaient.continuellement de Montréal à Kingston.
L'année 1813 fut remarquable par des maladies et des fièvres d’une nature des plus malignes. Le nombre des décès dans la paroisse surpassa de plus de moitié ce qu il avait été dans les années précédentes, et il s'éleva jusqu’au nombre de 69 individus, tant enfants que grandes personnes. L'année suivante s'en ressentit encore, car le nombre de ceux qui moururent fut plus grand qu'en aucune des années précédentes, quoiqu'il fût moindre que celui de, l'année qui venait de fuir.
M. Dubord , quoique d'une constitution des plus robustes, d'une santé et d'une force qui semblaient lui assurer encore de longues années de vie, ne put néanmoins résister à la fatigue extrême que lui causèrentles courses de nuitet de jour qu’il était obligé de faire pour secou rir tant de malades. Il contracta des infirmités qui, bientôt, se changèrent en une maladie des plus graves et des plus douloureuses. Dès le mois de juillet 1813, Monseigneur fut obligé de lui envoyer un vicaire ; et dès ce moment, la maladie prenant toujours des caractères plus inquiétants, il fut obligé de renoncer à tous les exercices de son ministère. Plein de confiance dans les différents médecins qu'il appela successivement auprès de lui, et dont l’un, le docteur Holmes, de Québec, lui fit payer cinquante-un louis son voyage an Cap-Santé, où il ne resta que quelques heures (1); espérant
(1)M. Holmes était probablement de l'o n d'un médecin que nous avons connu et que p tendait humblement que les services d’un médecin ne sont pas appréciables à prix d'argent. (L’ab 6 D. G.)
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Wwujours quelque soulagement de la quantité et de la diversité des remèdes qu'ils lui administraient, quoique les progrès que faisait le mal dussent lui en montrer l'inutilité, s’obstinant à refuser les secours et les traitements que lui proposait un de ses confrères, M. Courval, curé de la Pointe-aux-Trembles, qui, fort de son expérience et de ses connaissances en médecine, fort surtout de l'efficacité d’un remède et d’un traitement au moyen desquels il avait déjà retiré des bras de la mort plusieurs personnes attaquées de maladies semblables, les lui proposait depuis longtemps, comme seuls capables de le retirer du triste état où 1l était réduit, M. Dubord, après une longue maladie, après avoir souffert des douleurs cruelles, avec la patience et la résignation d’un chrétien et d'un prêtre, expira le 6 janvier 1814.
Il fut inhumé par M. de Courval, dans le sanctuaire de l’église de cette paroisse, du côté de l’évangile, le huit du même mois. Il était âgé de 49 ans trois mois et cinq jours 11 avait pris possession de la cure du Cap-Santé le 15 octobre 1795; ainsi il a été 19 ans curé de cette paroisse. En 1800, il avait été nommé archiprêtre par Mgr Plessis (1)
M. Dubord avaît desservi la cure des Ecureuils conjointement avec M. de Courval, curé de la Pointe-aux-Trembles Il allait y faire l'office chaque troisième semaine. Il y allait aussi quelquefois pendant la semaine, et toutes les fois encore qu'il y avait, soit des sépultures à faire, soit des services à chanter. Cet ordre de choses a duré tout le temps qu'il est resté curé du Cap-Santé. À sa mort et depuis jusqu'à ce qu'il y ait eu un curé dans cette petite paroisse M. de Courval] fut chargé seul du soin de la desserte,
Par son testament, M. Dubord avait fait des dispositions qui devaient procurer des avantages considérables à sa paroisse et aux curés ses successeurs; mais des parents ayant fait casser et annuler ce testament, ces dispositions ont été sans effet comme sa bonne volonté.
(1) M. Dubord était né à Berthier le ler octobre 1764, et avait été ordenné le 16 août 1789, (L'abbé D. G.)