CHAPITRE SEPTIÈME
M. LECLERC, sixième curé.
SOMMAIRE : M. LECLERC TOMBE MALADE EN 1817, ET SE RE- TIRE À SAINT-LAURENT DE MONTRÉAL. -— PLANCHER ET BANCS- NEUFS. — RAVAGES DE LA GBLÉE. — MARIAGE À LA GAUNMINE. — TABLEAU DE LA SaINTE-FAMILLE PLACÉ AU-DESSUS DU MAI- TRE-AUTEL.
M R Janvier Leclerc, comme nous l'avons dit plus haut, avait pris possession de la cure du Cap-Santé dans le commencement d'octobre 1814. D'une santé faible, ce Monsieur ne put résister longtemps aux fatigues de la desserte de cette paroisse qui prenait tous les jours de nouveaux accroissements. Dès le commencement de l'été 1817, il fut frappé d’une attaque violente de paralysie, qui le mit longtemps hors d'état d'exercer les fonctions de son ministère. Pendant ce temps, il n’y eut que quelques dimanches où la paroisse eut la messe que venait dire monsieur le vicaire de Deschambault. Lors même que M. Leclerc fut sorti du danger où ilavait été par cette attaque de paralysie, il resta dans un état de faiblesse et d'infirmité habituelle et si considérable, qu'il fut obligé de quitter entièrement l'exercice de son ministère, dans l'espérance que le temps et le repos lui procureraient le retour à la santé.
M. Leclerc, qui se trouvait sans ressources du côté de la fortune, se retira chez son frère, curé de la paroisse Saint. Laurent, de l’île de Montréal. Après en avoir dit si peu de chose, nous sommes obligé de le laisser là pour continuer ces mémoires (1). On fit dans le cours des années de 1814
| () M. Jean-Baptiste-Janvier Leclerc, né à Montréal, le 2 janvier 1773, ‘ut ordomré le 14 août 1796, et mourut à l'hospice Saint-Joseph de Montéal, le 28 mai 1846, à l'âge de 73 ans. (L'abbé D, G.)
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à 1817, les planchers de l’église en neuf, ainsi que tous les bancs de la nef au nombre de 135 (1).
Les vieux bancs furent montés et placés dans le juhé neuf qu'on venait de faire ; en faisant en neuf les planchers de l’église on ménagea de grandes trappes dans toute la longueur des allées pour éviter l'inconvénient de briser le plancher quand il faudrait faire des fosses dans l’église ; mais aussi, en fixant les bancs nouveaux dans le plancher neuf, on se mit dans l'impossibilité de pouvoir faire consacrer l'église par la suite, les bancs ne pouvant s'ôter de leur place. D'ailleurs, on tomba dans un autre inconvéuient, en mettant des bancs devant les petites chapelles en forme de voûte, au bas de l'église. On en ferma ainsi l'accès, et dès lors il fut impossible de les employer et de les faire servir aux fins pour lesquelles elles avaient été faites : l'une-pour mettre un confessionnal, l’autre pour placer le baptistère (2. Il faut convenir que sicela a été fait avec réflexion, il manquait dans ces dispositions quelque chose de plus que du bon goût.
M. Madrau, prètre, qui était venu dans la paroisse en qualité de vicaire, dès le 3 de juillet de l’année précédente, continua à la desservir jusqu'au moment où M. Janvier Leclerc, auparavant curé de Saint-Antoine et de Sainte- Croix, vint prendre possession de la cure du Cap-Santé, ce qui eut lieu le 3 octobre de la même année 1814. Ce Monsieur n’est resté curé du Cap-Santé que jusqu'à la fin de septembre 1817, temps où, par maladie et infirmité, devenu incapable de desservir plus longtemps cette grande paroisse, il fut obligé de l’abandonner pour chercher dans un repos qu’il ne pouvait y trouver un remède, au moins en espérances, à ses graves infirmités.
Pendant ces années, la gelée fit beaucoup de tort aux blés qu'elle perdit presque entièrement, surtout dans les
(1) 1 n’y a plus aujourd'hui (1899) que 122 bancs dans la nef, ue nous avons fait superposer le plancher actuel, en 1881, les trappes ont été dep ar et les bancs ne sont plus fixés dans le planchet comme antrofois, (L'abbé D. G.)
(2). Notre écesseur, M. Fortin, a eu l’heureuse idée de restaurer les “eux chapelles dédiées, l'une à Saint-Joseph, et l'autre an Sacré-Cœur de Jésus, {L'abbé D, G.)