CHAPITRE HUITIÈME
au nombre de huit ou nenf,. armés de bâtons, entrèrent dans la maison par la fenêtre de l’ouest, qu'ils défoncèrent ; François Piché, éveillé par le bruit, commencant à crier, ils le frappérent et le blessérent grièvement au visage, meuaçant de le tuer sur le champ, s’il ne gardait le plus, profond silence. Tls le forcèrent de déclarer où était son argent, ayant soin pendant ces préliminaires de le lier, lui, sa femme et toute sa famille, excepté une petite fille, avec des cordes qu'ils avaient apportées. Fs se mirent ensuite à chercher l'argent à l'endroit qui leur avait été indiqué, et enlevèrent une somme de plus de trois cents piastres, appartenant au susdit Piché, Non contents de ce vol, ils brisérent plusieurs meubles de ménage, uniquement pour faire plus de mal, et mirent sa maison dans un état de désordre complet. Pour mettre le comble enfin à la mesure de leur scélératesse, un d'entre enx outragea de la manière la plus äffreuse une jeune orpheline de 15 ou 16 ans, élevée dans la maison.
Ce vol accompagné de circonstances si horribles, excita la plus vive indignation dans le publie, etle plus vif intérêt à l'arrestation de ceux qui en étaient les coupables. On fitles poursuites les plus vives non seulement dans le Cap-Santé, mais encore dans les paroisses voisines, ainsi qu'à Québec. Il y eut pendant plusieurs jours des gardes posés sur les différentes routes par où il était possible que ces malfaiteurs passent; toutes personnes inconnues et tant soit peu suspectes étaient arrétées et conduites devant les juges de paix des lieux. Enfin on mit tant d'activité dans ces poursuites et ces recherches, que bientôt ces scélérats, à l'exception de deux. furent arrêtés et confinés dans les prisons, où plusieurs d’entre eux avaient déjà de longues habitudes.
A la cour criminelle, tenue dans le mois de septembre suivant, convaincus de leurs crimes par la déposition dé l'un d'entre eux, le nommé Ouellette, qui s'était rendu témoin du Roi, ces misérables furent condamnés à ètre pendus le 31 octobre. Le public en général applaudit à æette sentence, tant le crime de ces scélerats avait excité d'indignation contre eux. Ceux qui furent ainsi condamnés