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CHAPITRE HUITIÈME

etainsi en proportion pourles autres produits de la terre, excepté néanmoins les foins, qui furent en assez grande quantité. Ilsuivit de cet état de la récolte une disette etun manque général des choses nécessaires à la vie, Dans l’hi: ver de 1828 à 1829, ceux qui mangèrent du pain de froment ne furentqu'en très petit nombre. La farine d'avoine, de blé, de sarrazin, de blé-dinde, les patates surtout, et pour un grand nombre rien autre chose que des patates, telle fut la nourriture de la presque généralité des habitants : encore eût-on désiré que ces objets fussent en assez grande quantité pour ne pas faire craindre des maux plus grands par la suite, que ceux que l’on ressentait alors.

La majeure partie des habitants de cette paroisse souffrit beaucoup, pendant cet hiver, du manque des choses nécessaires au soutien de la vie; et au printemps, à la vue de la quantité de figures blèmes et amaigries qu'on rencontrait fréquemment, ilétait facile de juger combien ces personnes avaient dû souffrir, et de la mauvaise qualité et de la petite quantité de la nourriture au moyen de laquelle ces personnes avaient soutenu leur existence (1).

L’hiver.de 1828 à 1829 fut également remarquable par la quantité extraordinaire de neige qui commença à tomber peu de temps après la Toussaint, et qui ne cessa de tomber qu'aux premiers jours du printemps.

Pendant cethiver, il se fit des travaux considérables dans les bois, au nord et au nord-ouest de la paroisse, pour préparer des pièces de bois de merisier, qu'on transportait des forêts où elles étaient coupées et équarries, au bord du fleuve, pour de là les mener à Québec. La coupe et le charroi de ces pièces, dont plusieurs étaient énormes par Ia longueur et la largeur, causèrent à tous ceux qui avaient

(1) En 1828 le Cap-Santé fournit un deuxième prêtre à l'Eglise du Canada, dans la personne de l'abbé F. X- Delâge dit Lavigueur, l’une des figures les plus remarquables du clergé provincial de l’époque. Né le 2 décembre 1805, du mariage de Louis Delâge et de Thècle Bédard, ordonné le 6 juillet 1828, M. Delâge, après avoir été vicaire à Kamouraska, de 1828 à 1832, et à l’Islet, de 1832 à 1833, est décédé curé de l’Islet 13 17 août 1887. Il était curé de l'Islet depuis 1833. Cette famille n'a plus au Cap-Santé de représentants slu même nom. (L'abbé D. G.)

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entrepris ces travaux des fatigues extrèmes, sans compter les dangers souvent renouvelés d’être estropiés, écrasés, et mème tués, auxquels ils furent exposés. Et cependant, toutes ces peines et tous ces dangers étaient. bien peu payés, vu la modicité du gain que firent la pupart de ceux qui avaient fait ces entreprises. Plusieurs milliers de pieds de ce bois de merisier furent ainsi tirés des forèts et conduits à Québec. Quelques-uns de ceux qui avaient préparé de ces bois, plus malheureux que les autres, en perdirent une partie en les conduisant à Québec et furent sur le point de se perdre eux-mêmes, surpris par des vents contraires qui brisèrent leurs cajeux ; d’autres, rendus à Québec avec leur bois, ne trouvant plus d’acheteurs, parce qu'ii n’y avait plus de demandes pour cette espèce de bois, furent obligés de l’abandonner pour ainsi dire sur les grèves, ou de le donner presque pour rien. Cependant quelque modiques que furent les gains que produisirent ces travaux, ils procurèrent à quelques-uns plus heureux que les autres, les moyens nécessaires pour acheter nne partie des grains qu'il leur fallait pour ensemencer leurs terres; car, à raison de la perte de la récolte dont nous avons parlé précédemment, plusieurs manquèrent de blé, surtout pour ensemencer leurs terres ; d'autres n'en purent semer qu'une quantité moindre que celle qu'ils avaient coutume de semer.

Le 20, mars 1829, le pont Royal, bi sur la rivière Jacques-Cartier depuis 1801, s'écroula tout à coup. Les lambourdes, le pontage, tout s'abima dans la rivière. Quelques instants auparavant, une personne avait passé sur ce pont et l'avait entendu craquer. Les quais néanmoins sont restés debout et peuvent servir à recevoir un nouveau pontage, car ils sont d’une bonne maçonnerie. En 1840, la législature a accordé une somme de 250 louis pour réparer ce pont.

Dans la nuit du 11 juin de cette même année, la maison de François Piché, au lieu nommé le fort Jacques-Cartier, fut de nouveau visitée par une bande de voleurs; mais setle fois-ci avec des circonstances bien plus. atroces que la première, qui avait eu lieu le 19 mai 1826. Ces scélérats,

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