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CHAPITRE HUITIÈME

n'auront point rendu leurs comptes, ou donné Fa obligations à la fabrique de la balance de leurs comptes, ainsi que ceux qui seront alors redevables de quelques droits envers la fabrique.

Il est ordonné de plus que la clôture du cimetière sera faite en neuf le printemps prochain. Les habitants de la paroisse fournissent {es pieux et le bois nécessaires pour cette clôture, mais l’évêque permet, vu la pauvreté de la paroisse, que l'ouvrage pour faire cette clôture soit payé aux frais de la fabrique sur ses argents. Ilest ordonné enfin que M. le curé fera lecture de cette ordonnance au prône de la messe paroissiale. La susdite ordonnance est du 10 juillet 1829.

Dans cette année encore, en vertu des dispositions d’un bill passé en la dernière session de la législature, pour l'éducation élémentaire dans les campagnes, plusieurs écoles furent établies dans la paroisse. Sans compter deux écoles royales, établies en vertu d'un bill de la 4l° année de George III, passé dans les années précédentes, dès le mois de septembre il y avait de ces écoles élémentaires : une dans le village de Saint-Charles, deux dans le Petit Bois de l'Ail, une dans le village de l'Enfant-Jésus, une au Grand Bois de l’Ail, une autre enfin auprès de l'église. D’autres étaient sur le point de s'établir dans d’autres lieux de la paroisse.

Le temps seul fera connaître quel sera le fruit des sacrifices que la législature a faits ; ce qu’on peut espérer du moins, c'est que la plus grande partie des enfants :sachant lire, il leur sera plus facile d'apprendre leur catéchisuwe, et l’on ne sera peut-être plus obligé, au moins aussi souvent, de les renvoyer quand ils se présentent à la première communion, pour cause d’ignorance de leur catéchisme, ce qui était presque général chaque année.

. Nous avons dit précédemment qn'il y avait déjà deux écoles dites royales établies dans la paroisse. Ces écoles devaient leur établissement à un acte du Parlement provincial, passé le 8 avril 1801, réservé d’abord au bon plaisir de ‘Sa Majesté, sanctionné le 7 avril 1802, par le Roi dans

son Conseil privé, et enfin déclaré.comme acte public,

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revêtu de la sanction royale, par proclamation de Son Excellence Robert Shores Milnes, lieutenant gouverneur de la Province, le 12 août 1802. On peut voir les dispositions de ce hill dans le Recueil de statnts provinciaux du Bas-Canada, de l'année 1801, 14 année de George FI, chapitre 17.

Ce bill fat loin de recevoir l'accueil favorable de ce qu'il y avait de Canadiens éclairés et attachés à leur religion. L'esprit, les motifs qui en avaient inspiré les dispositions, perçcaient trop pour que les avantages qui en paraissaient, du premier coup d'œil, devoir résulter, en imposassent aux personnes clairvoyantes.

Les membres du Parlement provincial firent, à diverses reprises, des tentatives, soit pour en rappeler les dispositions, soit pour en prévenir les mauvais effets; mais tout fut inutile. Les ennemis des Canadiens avaient trop gagné par cel acte, qui n'avait été obtenu que par surprise, pour rien céder de ce qu'ils n'avaient gagné qu'avec peine et en profitant d'un moment favorable pour eux, à la fin d'une session, où il ne restait plus au Parlement que des personnes où trop faibles, où incapables par toute autre raison, de s'opposer à la mesure proposée par ce bill.

Personne, au demeurant, n'ignore l'opposition formelle et constante que le clergé catholique à toujours montrée, et avec raison, à l'établissement de ces écoles soumises à la direction et à l'influence immédiate et unique du clergé protestant. La manière dont le bill qui établissait ces écoles avait été obtenu, les vues trop bien connues que l'on se proposait par son établissement, l'exclusion formelle de toute influence directe où même indirecte de la part du clergé catholique sur ces écoles ; le choix de prédilection que l’on faisait des maitres protestants pour les placer dans ces écoles presque uniquement composées d'enfants tatholiques ; tout cela sans doute était plus que suffisant pour légitimer et pour commander même cette opposition que le clergé catholique à toujours montrée contre l'établissement de ces écoles.

Privées de l'influence du clergé catholique, ces écoles nommées de l’insGtutioh-royäle, d'out fait que bien pen de

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progrès. Les membres de cette institution l'ont si bien compris, qu’à différentes époques ils ont fait des tentatives pour intéresser au soutien de ces écoles les différents curés dans les paroisses desquelles ily en avait d’établies. Pour en obtenir l'influence qu’on désirait, on leur a fait des offres en apparence pleines d’honnêteté et de déférence; mais toujours la majorité du clergé s'est refusée à toutes ces avances que détruisait le vice radical de l'institution (1).

En 1K21, on proposa au curé de cette paroisse la place de directeur des écoles royales établies au Cap-Santé, de visiteur des sciences, etc. Enfin, en 1822, il fut envoyé à Messieurs les curés, dans les paroisses desquels se trouvaient de ces écoles d'institution royale, une lettre dont voici la teneur :

‘“ Monsieur,

Il n'est ordonné par le Bureau d'Institution royale de vous trausmettre une copie des règles et règlements qui ont reçu la sanction de Son Excellence le Gouverneur en chef, pour le gouvernement des écoles sous l’acte 4e George II, ch. 17, et de vous prier de vouloir bien agir comme l'ut des visiteurs de l’école de fondation royale.

(Signé) EL L. Miss, Secrétaire. ”

M. le curé du Cap-Santé, à qui il fut adressé une de ces lettres, y fit la réponse suivante :

‘“ Monsieur,

Je suis très sensible à l'honneur que me fait le Bureau d'institution royale pour l'établissement des écoles, etc., de m'offrir la place de visiteur d’une de ces écoles, érigée dans ma paroisse. Devant vous communiquer ma réponse, àcette offre, en votre qualité de secrétaire du susdit Bureau,

(1) M. Gatien dit que la majorité du clergé refusa ces avances, Cette manière de parler laisse donc supposer que quelques prêtres, probablement par insuffisance de matière cérébrale, ne soupçonnèrent pas les dangers de ce système d'éducation. (L'abbé D, G.)

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