CHAPITRE HUITIÈME
je suis mortifié d’être dans l'obligation de vous dire qu’il n’est impossible d'accepter cette charge. Il est parfaitement inutile de vous exposer ici les raisons qui motivent mon refus. Vous avez certainement trop de délicatesse pour ne pas sentir ces raisons,
Veuillez bien, etc. ”
Cette Pttre du secrétaire de l'Institut royal fut suivie d’une autre de la part des syndics d’une des écoles royales établies au Cap-Santé, adressée pareillement à M. le curé de la paroisse. Ces messieurs s'y exprimaient ainsi :
‘ Monsieur,
Comme la corporation des écoles vous a prié d'accepter la charge de visiteur de l’école du Cap-Santé, et d’en prendre la direction ainsi que l'inspection immédiate sur toutes les mesures qui regardent l’école, nous voulons savoir si c’est votre intention d'accepter cette charge : ce qui nous fera un sensible plaisir, et en même temps sera très avantageux aux enfants de votre paroisse, si vous voulez avoir la bonté de nous donner votre aide.
Nous sommes, etc.”
Monsieur le curé voulant faire connaître à ces messieurs, de manière à n’y plus revenir, sa façon de penser au sujet de ces écoles et de leur manière d'exister, leur fit la réponse suivante :
‘ Messieurs, -
Ayantcommuniqué directementavecle révérend M.Mills, secrétaire du bureau de l'institution royale pour les écoles, en répondant à la lettre dont il m'avait honoré, je pensais n'avoir aucune information ultérieure à vous donner ; mais puisque vous m'avez honoré vous-mêmes d’une lettre sur le même sujet, il est de mon devoir de vous donner une réponse. La voici. Personne n’est plus intimement convaincu que moi qu’il appartient à un curé catholique d’une paroisse de catholiques, de veiller et de diriger
une école d'énfants catholiques, érigée das sa paroisse, Ce devoir lui est imposé par sa charge môme de pasteur. Lui contester ce pouvoir, ce serait ignorance ou prévention ; mais vouloir lui faire tenir ce pouvoir d'une autorité absolument étrangère à celle de son état, c'est, je ne dirai pas seulement manquer de délicatesse, mais oubli même des convenances..……. Au réste, messieurs les Syndies, je sais apprécier votre intention en me faisant la demande énoncée dans votre lettre, et quoique je ne puisse accepter l'offre que vous me faites, je n’en suis pas moins, ete.»
Ces réponses mirent fin à toutes relations, soit verbales, soit par écrit, au sujet des écoles dites royales, Il ne fut plus question d'essais pour engager messieurs les curés à prendre une part active dans la conduite de ces écoles dont l'opinion publique d'ailleurs réprouvait le mode d'existence,
Ce ne fut qu'en 1829 que, vaincus par la constance des membres de la chambre d'Assemblée, par une expérience de plusieurs années, qui leur démontrait, et l'insuffisance de l'acte de 1801, et l'opposition toujours croissante qu'il éprouvait, etenfin incapables de résister plus longtemps au poids de lopinion publique, que les deux autres branches de la législature donnèrent enfin leur consentement aux dispositions d'un nouveau bill pour éducation, plus libéral, plus propre à produire les résultats heureux de l'éducation.
Ce fut en conséquence des dispositions de cet acte que, dès le mois de septembre 1899, il y avait déjà six écoles établies dans la paroisse, comme nous l'avons dit précédenment. Quatre autres peu après furent érigées ; d’autres encore probablement s'établiront aussi dans les villages plus éloignés, et qui sont privés de tous moyens d'instruction pour les enfants.
Quoique l'acte en vertu duquel ces écoles furent élablies ne donnât au elergé catholique aucune inflnence directe sur les dites écoles, néanmoins il ne la leur interdisait pas, puisque les curés, prêtres missionnaires desservant. les paroisses, pouvaient, s'ils étaient propriétaires dans la paroisse de leur résidence, être choisiset élus par les autres propriétaires de chaque paroisse, syndics des dites écoles, à la fin de les diriger etconduire, etc. Cette clanse, insérée