‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 82 sur 163 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

était leur opinion sur la participation des habitants nota-

bles aux assemblées de fabriques, ce qui paraissait être le but auquel on tendait, et les motifs sur lesquals slait

appuyée leur opinion quelle qu'elle fût.

Malgré les occupations et le travail du momant où ce demandes étaient faites, et qui ne laissaient que bien peu

de temps à chaque curé pour s'occup2r avec le soin néces,

saire des réponses qui devaient y être faites, cependant la grande majorité du clergé se fit un devoir de répondre au plus tôt, et de la manière la plus honnète et la plus confiante au désir du comité, en lui transmettant la réponse aux questions posées.

La réponse surtout aux deux dernières questions, p: araigsant devoir diriger ou du moins éclairer les discussions du comité sur le sujet qui l’occupait, il était nécessaire qu'elle fàt faite avec beaucoup de prudence et de circonspection . Il fallait que les motifs de l'opinion que l'on énonçait dans cette réponse fussent exposés avec force, quoique avec la réserve convenable, avec discernement, et surtout que leurs rapports avec l'expérience et le bon sens y fussent montrés jusqu’à l'évidence. On s’appliqua donc, dans, cette partie dela réponse aux questions du comité, à faire remarquer les inconvénients qu'il y aurait à appeler La majorité

‘des habitants de chaque paroisse, ou, ce qui revenait au

même, tous les notables de la dite paroisse, dont jusqu alors on ne pouvait déterminer la qualité ; caril aurait été trop ridicule d’en chercher la définition, soit dans les lexicographes, soit dans les jurisconsultes, pour l'appliquer à <eux qu'on voulait appeler aux assemblées de fabriques sous le nom de notables ; on s’appliqua à faire voir et à démontrer jusqu'à l'évidenc:, que si toutes ces personnes étaient une fois admises aux assemblées des fabriques, alors on devait s'attendre à ue voir que troubles, confusion et désordre, parce que, dans ces assemblées ne domineraient plus que c:s. personnes, comme en fournissent toutes les puroisses, qui sont le fléau des gens sensés et paisibles, pour qui le. Tepos et la paix, sont un état violent et contre nature, qui ne sont jamais plus dans ; un. êta at de trouble, que quand elles sont obligées d'être en quelque

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rapport avec ceux que guide le sens commun, qui portent partout avec elles le trouble et la discorde, suites nécessaires et inséparables de leur opposition avec le bon sens : ces personnes qui se font un mérite de leur courage et de leur indépendance à tout dire, à tout contrarier sans réserve, sans discernement, à attaquer, à injurier quiconque ose se trouver en opposition avec elles et ne partage pas tous leurs travers d'esprit,quine ménage rien en un mot, parce qu’elles n'ont rien de leur part à faire respecter ; ces personnes enfin avec lesquelles un ‘homme qui se respecte tant soit peu lui-même rongirait d'entrer en discussion,

. parce que la discussion est toujours déplacée avec cette

sorte d'individus.

On fit remarquer en même temps que ces personnes d’un caractère si odieux, ne manqueraient pas cependant de se faire écouter, et de trouver un support certain de la part de ces gens qui mettent la raison là où se trouve la faculté de parler hardiment, bien haut ; infailliblement, cette sorte de gens qui domineraient dans les assemblées de fabriques, ainsi que tous les mécontents et les ennemis des curés, comme ilne manque jamais d’y en avoir, d’autañt plus qu’ils mettent plus de soin à remplir leurs devoirs ; que toutes ces différentes personnes guidées, les unes par leur amour du trouble et leur opposition à la paix, les

‘autres par leur haine, par leur animosité, par leur envie

de nuire, ne manqueraient pas de profiter de ces heureuses circonstances pour elles d'assemblées publiques, pour manifester leurs mauvaises dispositions, leur mauväise humeur, pour se décharger en un mot du fiel et de l’'amertume qui surabondent toujours en elles, et qu’elles ne répandent jamais avec plus de plaisir et plus de profu-

-sion que quand ce sont des personnes qui méritent l6 plus

d'égards, qui se trouvent être les objets de leur animosité. On fit remarquer dans ces réponses que si une mesure

semblable était malheureusement adoptée, on serait ex-

posé à voir figurer dans le banc de l'œuvre, si respectable

‘et toujours jusqu’ au moment actuel si respecté, on serait

exposé à y voir les personnes les plus viles etles plus méprisables, les plus immorales : à y voir, comme s’exprimait

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