‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 83 sur 163 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

l'auteur d’un écritsur les affaires des fabriques, des hommes qui bien loin d'être dignes d'occuper cette place, ne meriteraient pas qu'on les souffrit sous la corde de la cloche au bas de l'église : on y verrait des gens qui, connus publiquement pour des infâmes, des concubinaires, des usutiers, des impies, trouveraient au moyen de leur urgent et des cabales, le secret de se faire élire et choisir pour marguilliers, on y verrait enfin l'abomination de la désolation.

On représentait que, du moment où la mesure qui était en projet aurait lieu, dès lors ces personnes sages etsonsées, ces personnes d'un bon sens naturel et souvent exquis, qui ordinuirement se trouvaient faire partie du corps des marguilliers, reconnaitraient que leur présence désormais y serait inutile pour l'avantage des fabriques d'abord,

‘parce qu'elles ne seraient plus écoutées; déplacée et dan- gereuse pour elles-mèmes, parce qu'elles ne pourraient

paraitre dans ces assemblées sans s'exposer aux insultes et au bavardage de cette espèce d'individus qui désormais domineraient dans les assemblées de fabriques.

. On faisait voir enfin que les qualités civiles, morales at religieuses de ceux qui composaient les différents corps de marguilliers, dansles diverses paroisses, le soin avec lequel on choisissait ceux qui devaient chaque année en augmen- ter le nombre, ne laissaient ordinairement rien à désirer “de la part de ceux’dont ils étaient les représentants; de plu .e ombre de ces marguilliers dans chaque paroisse tant soit peu ancienne, était plus que suffisant pour représenter les intéressés aux affaires des fabriques, parce que,

“par leur-nombre, ils surpassaient de beaucoup toute pro-

portion actuelle des corps ou sociétés dont les intérêts

: étaient confiés à des représentants.

.… Quant à l’objection qu'on pouvait faire, qu’au reste ces

marguilliers représentant les paroissiens, n'étaient point ‘de leur choix, puisque ce n’était point eux qui les élisaient, on répondit que, quoique ce choix ne fût pas précisément : le.choix personnel de chaque individu représenté,, néan- ‘moins ordinairemt et presque toujours, ce choix renconwait l'approbation de tout ce qu'il y avait de gens sages,

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judicieux el paisibles, et qui n'auraient pas fait eux-mêmes un autre choix, s'ils eussent été appelés à donner leur voix à ce nouvel élu, et qui aimaient bien mieux voir exercer exclusivement ce droit d'élection par das p:rsonnes qui leur ressemblaient, qu: de le vois abandoïné au choix capricieux et passionné de la multitud: et aux cabales des intrigants et des personaes l28 plus indignes d'occuper cette place de marguillier; que l'inconvénient, le mal mème qu'il y avait de ne point appaler chaque individu au choix à faire dans les cas d'élection, en laissant ce choix aux marguilliers seuls, n'était rien, en comparaison des inconvénients et des maux sans nombre qui ne pouvaient manquer de résulter d'un choix laissé à la multitude, et abandonné aux passions, à l'intrigue et aux cabales.

Que par l'adoption du mode généralement en usage dans les paroisses, pour les élections des marguilliers, etc. ce que l'on s'était proposé en l’adoptant, et ce que l’on se proposait en le suivant, c'était, nôn d'ôter-aux représen tés leurs droits, supposés tels actuellement, mais de leur procurer un avantage plus grand que l'exercice de ce droit}. en leur ôtant l’occasion de tomber infailliblement daus les inconvénients les plus graves qu'entrainerait l'exercice dé ce droit.

Eafin on répondait à l'objection fait: contre le m dé actuel de gestion des affaires de fabrique, savoir : que par ce mode eu usage, une partie considérable des intéressés, dans: chaque paroisse, était privée de son droit naturel, d'un’ droit que lui donnait d'ailleurs la Constitution ; on répondait que les droits que confèrent, soit la doi naturelle, soit les lois humainés, doivent être réglés par ces mèmes lois if. «que c'est à ces lois à déterminer et à régler la mesure de, ces droits et le mode même d'en user; que ces lois qui. confèrent ces droits aux individus, les restreignent elles.

-mèmes-dais ‘ans infinité de circonstimces, quand le plus’ grand bien l'exige, qnand, de l'exercice illimité de ces droits il ne doit résulter que des abus, les inconvénients les plus: graves, et pourles individus et pour la société elle-mème s. aqu'ibest du devoir.et de la sagesse des législateurs de les, prévenit;de les empêcher ces abus, par une restriction

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