APERÇU
DU MORAL ET DU PHYSIQUE DE LA PAROISSE DU CAP-SANTÉ Aperçu Moral.
Vouloir choisir dans les traits caractéristiques, soit généraux, soit particuliers, du moral des différentes paroisses, des traits particuliers qui ne con“iendraient qu'à cette paroisse, et dont le résultat serait d'offrir, soit en bien, soit en mal, le type unique, ce serait une tentative ridicule et qui ne présenterait rien de vrai; car, dans la réalité, cette paroisse, sous le rapport de la morale, ressemble aux
‘autres paroisses. On n'y voit rien qui puisse obliger à la
ranger au uombre des paroisses qui se feraient malheureusement remarquer par le débordement des mœurs ou par l’impiété; on n’y trouve rien non plus qui puisse engager à la mettre au rang des paroiïisses qni se rendraient recommandables par une régularité plns que commune, On y voit de temps à autre certains désordres qui font gémir sans doute ; mais on est surpris encore de ne pas les voir se renouveler plus souvent, quand. on considère les occasions multipliées de désordres qui existent dans la paroisse, les unes habituellement, les autres par accident. Au nombre de ces occasions de désordres,.sont les différents chantiers éta'lis dans la paroisse, et qui y attirent
LT TS RP 7 CE CS TG GR Sd à : ' , ‘ ' . k , 6 : î
nécessairement des gens dont les mœurs sont plus qu'équ. ‘oques, des gens sans religion eL qui n’en observent pas les devoirs, des personnes enfin dont la compagnie et la société produisent nécessairement ce qu'on doit en attendre : cum perverso perverteris.
Une autre cause de désordres, c'est la multitude des cabarets dont le nombre n'était pas moins de dix ou onze en 1829 (1). La paroisse du Gap-Santé étant d'abord un lieu de passage et de reiais pour les voyageurs, ilest devenu nécessaire qu'il y eût plusieurs maisons destinées pour les recevoir ; mais cette nécessité servant de prétexte à la cupidité,
. les a fait multiplier au delà du vrai besoin. Cette multitude de cabarets offre à ceux qui sont déjà adonnés à la boisson des occasions trop faciles pour qu'ils n'en profitent pas ; et à ceux qui n’en ont pas encore formé l'habitude, des occasions bien dangereuses de la contracter:
Il y a des ivrognes dans la paroisse ; cependant le nombre, quoique toujours trop grand, n’est pas excessif, et tel qu'on aurait lieu de le soupconner d'après la population et le uombre des cabarets, Ce qu'il y a de plus, ce sont des hommes puissants à boire, des hommes qui ne passent pas pour ivrognes, parce qu’ils ne boivent pas habituellement, et que lors même qu'ils boivent ce n’est pas jusqu'aux derniers excès et jusqu'à perdre la raison. Ce sont pourtant des personnes qui aiment trop la boisson, et qui dans l’occasion én font un usage que la raison et que la religion réprouvent également. Or le nombre de cet ordre de personnes n’est pas médiocre, et il se compose peut-être plus de jeunes gens que de personnes avancées en âge. Quelle triste perspective pour l'avenir (2 !
Une autre cause de désordres, c'est Le pen de soin des parents sur leurs enfants ; la trop grande liberté dont ils les laissent jouir pour aller, venir, courir aux assemblées, veillées, jeux, etc; la conduite plus qu'imprudente des pères et des mères qui, soit par une confiance que le bon séns
(1) I n'y en a plus ün seul depnis longtemps. (L'abbé D, G.) (2) La disparition des auberges a fait cesser les désordres causés par l'intempérance, et sous:ce ra pport, les choses sont bien maintenant, (L'abbé D. G: