CHAPITRE HUITIÈME
condamne, dans la vertu présumée de leurs enfants, soil par le désir de s'en débarrasser, en les mariant aussitôtque l'occasion peut s'en présenter,ne voient plus rien, en nn mot, sont frappés d'aveuglement sur tout ce qui se passe, mème sous leurs veux, dans la fréquentation des jeunes personnes de l'un et de l’autre sexe, De là, dans les jeunes gens et dans les jeunes filles, nne certaine retenue à l'extérieur, quelque chose qu'on prendrait d’abord pour de la modestie, et qui n’est rien moins que de la retenue.
Enfin nous mettons au nombre des occasions de désordres, le luxe qui est monté à un point réellement affligeant, et dont les suites servent déjà de punition aux pères et mères qui l'ont laissé s’introduire dans leurs familles (1.
Ce tableau, tout sombre qu'il est, exige encore quelques couleurs. Nous ajoutons donc qu'il y a dans la paroisse un certain nombre de personnes, ne comprenant fort heureusement que peu d'individus, qui semblent avoir oublié entièrement les devoirs de la religion, ou qui n'en ac complissent que ce qui leur plait et quand bon leur semble. Est-ce à l'impiété ou seulement à la paresse et à l'indolence qu'il faut attribuer cette conduite ? Nous n'hésitons pas à dire que, pour quelques-uns, c’est l'impiété, ou, sil'on veut, l'indifférence pratique en fait de religion, qui les tient dans “et engourdissement. Quant aux autres, nous croyons que la paresse et la négligence sont les causes principales de leur défaut d'action.
2ependant la parole de Dieu est annoncée exactement ; et cette paroisse a toujours eu des curés qui ont mis au nombre de leurs premiers devoirs celui d'instruire et de catéchiser ; mais quel bien peut produire la parole divine dans des personnes qui ne l'écoutent pas, où qui ue viennent pas mème l'entendre (21! !
Enfin un dernier trait par lequel nous terminerons ce tableau du mauvais côté de la paroisse : c’est un esprit de mauvaise foi qui se montre et qui perce en mille circons-
(1) Depuis cette époque, le luxe à plutôt augmenté que diminué. (L'abbé D. G. ) (2) Ces boucs sont tous disparus depuis un certain nombre d'années. (L'abbé D, G.}
tances; une opposition décidée à la vérité quand elle démasque la mauvaise for; une obstination marquée et la plus déraisonnable à temr à des préjugés, à des travers d'esprit, quand ils favorisent leur cupidité; enfin, un esprit vil et bas, qui souvent aveugle sur ies premiers principes de la justice.
Les couleurs qui composent ce tableau ne sont pas flatteuses sans doute ; aussi sommes-nous bien éloigné d'en vouloir appliquer les traits à tous indistinctement; et s'il y a en toutes choses des distinctions à faire, c'est surtoutici qu'il faut faire nsage de cette règle.
Nous venons «le représenter la paroisse sous les rapports qui lui sont ie plus défavorable, ou si l'on veut, nons l'avons montrée sous son plus mauvais côté; pour rendre justice à tous, montrons-la maintenant sous le côté opposé.
En général les particuliers de cette paroisse sont exacts aux devoirs de la religion. Dans un très grand nombre de familles la prière se fait en commun. La sanctification des dimanches et des jours de fètesest encore une chose fidèlement observée, ainsi que l'assistance aux offices publics de ces jours, la grand'messe et les vêpres. La parole de Dieu est écoutée avec empressement et avec respect. Le maintien des individus dans église est en général décent et religieux. Les jours consacrés à la pénitence sont observés autant que le permetterit le travail et les autres circonstances. La paix et l'union règnent dans les familles. La grande majorité dela paroisse se fait un devoir dese présenter au tribunal de la pénitence plusieurs fois das l’année.
Ce portrait du beau côté de la paroisse, n’est point pour affaiblir les couleurs du précédent, qui ne sont malheureusement que trop conformes à la vérité : et nous crayons n'avoir rien dit que de vrai alors, comme nous pensons ne dire encore actuellement que la vérité. Toutce que l’on peut conclure de ces deux tableaux si différents, c’est que la paroisse renferme du bon et du mauvais, de bons chrétiens, de fervents catholiques, et des personnes de l’une et de l’autre dénomination, qui n’ont que le nom de chrétiens et de catholiques; mais dans quelle proporüon ? chose difficile à décider.