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CHAPITRE HUITIÈME

Dans la suite des temps, une crue subite et extraordinaire des eaux, ou simplement leur travail lènt mais continuel sur des terres peu solides, où toute autre cause, ont pu élargir la décharge de ce lac, la creuser étenfin former une issue assez spacieuse pour laisser écouler non-seulement les eaux dela rivière, mais cellés aussi qui formaient le lac et qui, n'étant plus alimentées par dé nouvelles eaux, ont fini par laisser à sec le terrain qu'elles couvraient auparavant, Au reste, tout ceci n’ést qu'une supposition que la vue et l'inspection du terrain font former, et qu’une multitude d'exemples rendent très probable.

La rivière Jacques-Cartier, dans plusiéurs éndroits de son cours, est fortement encaissée dans un lit profond et large que bornent, du côté des Ecuréuils, une ‘côte très élevée et formée en partie de tnf, et de l'autre côté, un plateau de moindre élévation que la côte ‘opposée, et en quelques parties plus surbaissé encore ; il est formé en presque totalité de terre grise caillouteuse, et très bonne pour le blé.

À quélques arpents plus bas que lé doit Royal sur la rivière Jac ques-Cartier, les eaux ont pratiqué um chemin souterrain de huit à dix arpents de loniguerrr. C’est comme un canal de cinq ou six pieds de largeur, ét dont l’ouverture aux basses eaux paraît avoir la même hauteur, cinq ou six pieds. Ce canalest toujours plein d'une eau profonde, dans laquelle on à remarqué que lés poissons, Méssés ou fatigués des efforts qu'ils ont fait pour $urmonfér fes rapides et les courants, viennent se reposer, se émettre de leurs fatigues etse guérir de leurs blessures, qûand elles ne sont pas trop considérables : ce qui a fait donner à ce lieu ou à ce canal souterrain qui se décharge à son autre extrémité dans la même rivière, le nom de l'hôpital (tj.

Enfin, il y a encore une choso dont nôu$ croyons devoir faire mention, c'est l'existence d’uné flaqné d’eau ou lac souterrain, qui se trouve dans le fièu nommé lés Brülés. Ce lac se trouve sur une terre de ce lieu agtuéllément pos-

” (1) Ce canal se trouve aujourd’hui dan la paroisse dé Bainté- Jeanne. (L'abbé D. à. )

sédée pur le sieur Ambroise Matte; il est éloigné de la rivière Jacques-Cartier de douze arpents à peu près. Il peut avoir quinze ou seize arpents en superficie. Sa profondeur varie d’un pied à cinq ou six pieds. Sous cette profondeur. d’eau existe une vase claire et si profonde qu'on n'en peut découvrir le fond. Les perches les plus longues qu'on y plonge, enfonçent sans obstacle dans cette vase, sans rencontrer de fend solide. Plusieurs animaux qui y sont tombés .par accident, s’y sont perdus. Cette étendue d'eau est recouverte d’une tourbe d'un pied d'épaisseur, sur laquelle croissent des broussailles et même de petits arbres, Cette tourbe est si solide qu'on passe mème en voiture sur ce terrain, et sans danger, au moins dans los temps de sécheresse.

Ge petit lac squterqin. est très poissonneux.. Lorsqu'on y veut faifé la péché/;on coupe un niorceau de‘ln tourbe qui couvre l'eau ; ordifäirement sa pesanteur la fait tomber au fond de l'eau où elle s'enfonce dans la vase. Alors on pêche dans ce trou comme on pêche l'hiver la petite morue sur la glace que l'on a, percée. Ce lac parait sans courant apparent, l'eau en est excellente et extrêmement froide en été. Ce lac enfin paraît formé par un canal souterrain, dont on aperçoit la tête seulement lorsque la rivière Jacques-Cartier est dans ses basses eaux. Ce canal ptut avoir douze arpents de longueur, et c'est celle de la distance du lac à la mème rivière. A l'extrémité du lac, opposée à celle par où l’on s’y rend, il y a un autre canal, souterrain aussi, qui sert de décharge à ce lac; ce second canal a environ vingt arpents de longueur, il se décharge dans la même rivière où le premier canal prend ses eaux (1).

Ce sont. là les seules Choses que nous connaissions et que nous considérions.commes dignes de quelque mention. Des rec! :rches plus attentives, le hasard mème pourront sans doute faire conuaitre par la suite plusieurs choses dignes d'attention, surtout dans les parties de la paroisse encore couvertes de forêts, et par là même peu connues.

(1) Ce duo pinisiels 80 “trouve. également dans la paroisse de Sainte- Jeanne. (L'abbé D, G.):

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