‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 95 sur 163 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

dans ses divisions. Souvent elle observe un parallélisme parfait, le plus souvent cependant elle est taillée naturellement à une de ses extrémités, à l'angle droit, tandis que l'autre offre un angle aigu d’un côté, et de l’autre un angle obtus. Cette pierre n'est que médiocrement bonne pour bâtir, elle se détruit et s'exfolie à l’air et au contact de l'eau. Couverte, ou dans l'épaisseur d’un mur, elle est excellente.

La pierre calcaire se rencontre à plusieurs endroits de la paroisse, L'endroit où elle est moins abondante, est le Grand Bois de l’Ail; mais dans le Petit Bois de l’Ail, et surtout au côteau des Roches, elle est en très grande quantité ; sur ka grande côte et au bord de l’eau, il ne s’en trotve nulle part.

La variété et la multitude des cailloux est immense. Ils forment une chaine énorme et dangereuse le long de ia plus grande partie du fleuve à basse mer. On les trouve pareillement en grandes masses ou épars çà et là, soit à la surface, soit dans l’intérieur de la terre, On en tronve de presque toutes les couleurs, de toutes les nuances et de toutes les grosseurs. On en voit plusieurs massifs énormes au nord de la paroisse, en gagnant la rivière Sainte-Anne. Deux surtout se font remarquer par leur étendue en lar: geur, qui. en plusieurs endroits est de plusieurs arpents, et par leur longueur que traverse La plus grande partie de la-paroïisse. Ces massifs sont composés en presque totatité de cailloux, de roches ignescentes, de différentes dimensions, et de bancs de pierre désignés communément sous le nom général de grisons, et dont le vrai nom est le granit plus où moins parfait. Ainsi parmi cette variété de cailloux où trouve des silex de différentes couleurs, on trouve des petro-silex ; on y trouve enfin des poudingues dont le gluten est quelquefois argile x, dans d’autres, ferrugineux on siliceux., | | . Dans différents endroits de la paroisse, les eaux dont on fait usage, soit en boisson, soit pour cuire les aliments, forment au-fond des vaisseaux où on les fait bouillir, un dépôt ou sédiment des silex. Ce sédiment acquiert la dur eté de l'agate, et en prend le poli rar le frottage d’un corps dur, en conservant-dans sa hauteur des points variés qui en

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rendent la vue agréable. Cette eau coule ordinairement sur un massif de pierre argileuse dont la surface est en décomposition et présente une espèce dé pâte argileuse d'un rouge très foncé et d'une finesse extrème. Aussi, ‘quoique l'eau qui coule sur cette argile en soit imprégnée,’ come il parait par les dépôts qu'elle forme, maïs seulement dans les vaisseaux dans lesquels on là fait'bouillir, cela ne l'empêche pas de paraître d'une limpidité et d'une pureté que l'on croirait parfaites. L'usage de cette etu part ait ôtre nuisible à plusieurs pérsonnes.

Nous parlerons maintenant d'une üiose qui n'est pas sans un intérêt particulier, et qui est une preuve du travail continuel de la nature et des changements qui én sont la suite, C'est l'existence très probable d'un lac d’une assez grande étendre, qui à dù exister du liéu où sont maintenant les habitations et les terres de Laurent Mattë et ses voisin 1).

‘Ce lieu offre én effet l'apparerice f appart d'ün’ bassin qui se créuse par degrés, ét qué les eaux de la rivière Jacqués- Cartiér ont dû reriplit aütréfois. Cette rivière passé en effet à une des extrémités de cè ‘bassih où elle s'est creusé'un lit profond, et qui paraît avoir toujours été la décharge naturelle de cette rivière vers le fleuve. Du côté du nord, d'où vient la rivière, le bassin'qué l’on suppose avoir été celui d'un lac se creuse par dégrés ; du côté opposé, celui par où la rivière a sa décharge, les collines au contraire s'abaissent rapidemerit, ce qui. semblé démontrer l’action naturelle et nécesSairé des eaux sur'cette partie des terres du bassin qui léur était opposée: SUR

La, décharge de ce lac a dû être toujours dans Ja. mème direction où est actuellement la décharge de la rivière, la vüe du terrain est la preuve dé cette assertion ; mais à une époqne sans doute bien reculée, cette décharge du côté du sud a pu être bien plus resserrée qu elle ne l’est actuellement, ét a dû par conséquent ètre insuffisante pou l'éconlénent dés eaux qui arrivaient én ce lieu. Alors ces eaux grossies continuellement ont dû refluer et se répandre dans ce bassin, le remplir et enfin former uh lac.

(1) Là où réside aujourd’hui Télesphore Matte, (L'abbé D. G. )

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