‹ Histoire du caractère et de l'esprit français depuis les temp les plus reculés jusqu'á la renaissance (volume 2)Chapitre 38 sur 46 · C. C. juglar, bo viulador · texte numérisé non relu

C. C. juglar, bo viulador

Si son accordât entre lor.

Que, dui e dui, de luein esteron,

Els bancs, e la danza violepon.

(2) Que a cascum fon ben avis Que tots vins fos en paradis

('Jj Oi, mal aion miei parent,

Que m' cosselleron quieu preses Zo don ad home non venc bes.

Kr aven mollier, moliier E per bon dreg serai cogolz, Mais ja non cal dire serai, Qirados 0 sul, que bon o sa^

finit par l'emporter sur la résignation; la comédie tourne au tragique... L'idée lui vient de battre sa femme» mais une autre réflexion se présente : les coups la rendront*ils meilleure ?««. Il se contentera de l'enfermer dans une tour avec deux jeunes filles, il fera luimôme sentinelle et ne confiera à personne le soin d'accompagner la prisonnière à l'église ou à l'établissement de bains de son voisin Pierre Guy. Le programme est fidèlement exécuté ; il la suit partout, ne la quitte pas un instant. Mais, cai* on rencontre toujours un mais dans ces sortes de choses, il y avait dans la Bourgogne un chevalier accompli , initié aux counaiS'sances des sept arts, à la faculté de Paris, si savant qu'il aurait pu tenir école, et si vaillant qu'on n'aurait pu écrire en un an ce qu'il exécutait en un seul jour (i). Ce merveilleux chevalier, nommé Guilhem de Nevers, aimait les tournois et les joutes, adorait les dames, les oiseaux, les chevaux, les chiens, et se li* vrait enfin avec passion à tous les amusements qui plaisent à l'homme. Il connaissait chansons, lais» des cors, verses, sirventes, et autres chants plus que nul jongleur de profession, et se plaisait à combler de pièces d'argent, de beaux habita et de chevaux tous les chanteurs et ménétriers, sans tenir compte de leur mérite.

Tel est le portrait que le troubadour nous donne du parfait chevalier. Si l'on compare ce bachelier galant, instruit, poète, artiste, avec le héros féodal des Chansons de Gestes^ qui vit au milieu du carnage et se platt à éventrer ses adversaires, on saisira la profonde diffé-

(1) En un an non agrè escriit So que fasia en un jorn.

poëtes; deux cents jongleurs, bons joueurs de viole, accordent leurs instruments, et, placés deux à deux sur les bancs éloignés, donnent le branle aux danseurs (1). Les couples joyeux prennent un si vif plaisir à se tréoQousser qu*il3 se croient au milieu du paradis (2). Surviennent des personnages allégoriques, tels que Pierre Vidal, le Toulousain, les avait inventés; tels aussi qu'ils s'introduiront bientôt dans le Roman (le la Rose. Envie et Jalousie persuadent au corale Arcbambaud que le roi est épris de sa femme. Chose plus grave ! elle répond à ses feux, témoin la manche dont elle lui a fait don au dernier tournoi. Un jongleur effronté, précurseur des vîvlels de comédie, intervient dans l'aventure, et ce n'est pas pour consoler le mari ; celui-ci ne manque pas de réfléchir et de se dire : «je .ç^?Y//trompé, j'en ai l'intuition. Pourquoi parler au futur et non pas au présent; c'est je suis trompé que je dois dire ; je suis certain de ma mésaventure (3). » La colère

(1) Ane en Bretaina ni en frança Non basti mais tan rica danzas.

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