‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 10 sur 219 · LA REINE ET MONSIEUR · texte numérisé non relu

LA REINE ET MONSIEUR

La Reine et Monsieur.

Cepcndaiit le Koi et son ministre étaient loin de « goûter, coninic (lit le même Corneille, une parfaite allégresse ». Au début d'octobre le Roi était malade à GhAteau-Thierry, le cardinal à Saint-Uizier. L'un se plaignait de ses « boulTements de ventre », l'autre d'un abcès « aux parties que vous savez ». Le chirurgien juif en qui Richelieu n'avait qu'une demi-conliance, traversant Château-Thierry pour aller prodiguer ses soins à Son Éminence, le Roi mandait à Bouthillier : « Si j'en eusse été averti, je lui eusse baillé des chevaux qui l'eussent mené plus diligemment que la poste (1). » De son côté, le cardinal pressait le Roi de ne pas demeurer davantage dans une ville dont le séjour ne convenait point à sa santé. Mais Louis XIII entendait ne pas quitter Chàteau- Thieri7, tant que Richelieu ne serait pas en état de reprendre la route.

Lorsque enfin les deux convalescents regagnent à petites étapes, l'un Saint-Germain, l'autre RueU, de brefs billets du Roi viennent prouver au ministre que l'aflection de son maître ne cesse de veiller sur lui; quel tendre intérêt dans ces quelques lignes datées du 26 octobre 1633 : « Mon Cousin, ne pouvant être en repos, si je n'ai souvent de vos nouvelles, j'envoie Montorgueil pour m'en apporter! Je prie le bon Dieu de tout mon cœur qu'elles soient telles que les désire la personne qui vous aime le plus et qui n'aura point de joie qu'il ne vous revoie en parfaite santé (2). » Richelieu, soulagé par un coup de lancette, écrit le 5 novembre : « Sire, l'honneur qu'il vous plait me faire me sert beaucoup plus que tous les médecins du monde. Je pars aujourdhui pour me mettre en chemin de vous aller trouver. Quand je ne serai plus qu'à une journée de Votre Majesté, il me semble que je serai tout à fait guéri (3). » Et voici un autre billet, dépêché de Versailles, le 28 janvier, où Louis XIII se montre

(1) Marius Topin, Louis XIII et Richelieu, p. 179.

(2) Ibidem, p. 180.

(3) Avene], Lettres du Cardinal de Richelieu, t. IV, p. 495-496.

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