‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 122 sur 219 · APRES LES AVEUX, LE PARDON · texte numérisé non relu

APRES LES AVEUX, LE PARDON

toute ma vie la reconnaissance et l'obligation que je pense avoir à ceux qui me tirent de cette ail'aire. Donnez-moi ia main ». Ce sont les Mémoires qui nous montrent l'homme rouge si miséricordieux et si paternel, et ils ajoutent : « Le cardinal refusa par respect, se retirant par le même motif, au lieu de s'approcher (1). » Peut-être Hichclieu craignait-il que le Roi, sui'venant à l'improviste, ne trouvât qu'il parlait à la Reine, comme dit M""* de Motteville, « d'un air trop galant pour un ennemi »,

Ce même 17 août 1637, après que le cardinal eut rendu compte au Roi de l'entrevue, la Reine fut priée d'apposer sa sig-nature au bas d'une feuille de papier, où Son Éminence avait mis par écrit tous les aveux de la malheureuse princesse. Le document se terminait par ces lignes humiliantes : a ... Avouons ingénument tout ce que dessus, comme choses que nous reconnaissons franchement et volontairement être véritables. Nous promettons de ne retourner jamais à pareilles fautes, et de vivre avec le Roi, notre très honoré seigneur et époux, comme ujie personne qui ne veut avoir aucuns intérêts que ceux de. sa personne et de son État ; en témoignage de quoi nous avons signé la présente de notre propre main, et icelle fait contresigner par notre conseiller et secrétaire de nos commandements et finances. Fait à Chantilly ce 17 août 1637. »

Au-dessous de l'attestation dressée pour la Reine, le cardinal avait préparé un pardon écrit et signé de la main du Roi : « Après avoir vu la franche confession que la Reine, notre très chère épouse, a faite de ce qui nous a pu déplaire depuis quelque temps en sa conduite, et l'assurance qu'elle nous a donnée de se conduire à l'avenir selon son devoir envers nous et notre Étal, nous lui déclarons que nous oublions entièrement tout ce qui s'est passé, n'eu voulant jamais avoir souvenance; ainsi voulons vivre avec elle comme un bon roi et un bon mari doit faire avec sa femme; en témoin de quoi jai signé la présente et icelle fait contresigner par l'un de nos conseillers secrétaires d'État. Fait à Chantilly ce 17 d'août 1637. »

(1) Mémoires du Cardinal de Richelieu, éd. Petitot, t. X, p. 201.

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