LA CAMPAGNE DANS LE NORD EN 1638. SUCCÈS ET REVERS
« L'année d'après, l'hiver étant passé, il fallut pourvoir aux affaires de la guerre. On en revint au maréchal de La Force. Sa Majesté lui fît entendre qu'il l'avoit toujours bien servie, et en avait tant de satisfaction qu'elle vouloit qu'il continuât, sachant qu'il étoit aimé parmi les gens de guerre et l'estime qu'ils faisaient de lui, que les affaires se préparoient de tous côtés à faire de grands efforts cette année, qu'il se tint prêt (1). » C'est ainsi que le maréchal de La Force, en ses Mémoires, ouvre l'année 1638. De sa maison de Rueil, le cardinal suivait les progrès des sept a,rmées que le Roi avait en campagne. En Artois, l'armée du maréchal de Ghâtillon; sur les frontières de Picardie et de Champagne, celle du maréchal de La Force ; dans le Luxembourg, celle du cardinal de La Valette ; sur le Rhin, celle du duc de ^Yeimar ; en Franche-ComJé, celle du duc de Longueville ; en Italie, celle du duc de Créqui; sur la frontière d'Espagne, celle du prince de Condé. Sans parler de l'armée navale et des galères.
Traité de Hambourg.
Avant la fin de l'hiver, le cardinal conclut avec Salvius, plénipotentiaire de Suède, un traité qui fut signé à Hambourg, le
(1) Mémoires du Duc de La Force, Maréchal de France, t. III, p. 197-198.