‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 167 sur 219 · U2 DECLARATION SOLENNELLE DU ROI · texte numérisé non relu

U2 DECLARATION SOLENNELLE DU ROI

Viorqe pour protectrice spéciale de notre Royaume, nous lui consacrons particulièrement notre personne, notre Etat, notre Couronne et nos sujets, la suppliant de vouloir nous inspirer une si sainte conduite, et défendre avec tant de soin ce Royaume contre l'efibrt de nos ennemis, que, soit qu'il soulï're le fléau de la guerre ou jouisse des douceurs de la paix, — que nous demandons à Dieu de tout notre cœur, — il ne sorte point des voies de la grâce, qui conduisent à celles de la gloire. » Louis XIII, en outre, promettait de « faire construire de nouveau le grand autel de l'église cathédrale de Paris avec une image de la Vierge qui tiendroit entre les bras celle de son précieux Fils descendu de la croix ». Il entendait « y être représenté aux pieds et du Fils et de la Mère, comme leur offrant sa Couronne et son sceptre (1) ». Il enjoignait ensuite à l'archevêque de Paris de « faire faire » tous les ans, le jour de l'Assomption, une commémoration de son vœu à la grand-messe qui se diroit en l'église cathédrale », et une procession dans « la dite église après les vêpres ». Cérémonies qui devaient être célébrées dans tout le diocèse de Paris et que tous les archevêques et évêques devaient célébrer à leur tour dans leurs diocèses respectifs : « Nous exhortons, ajoutait Louis XIII, lesdits archevêques (?t évêques d'admonester tous nos peuples d'avoir une dévotion jîarticulière à la Vierge, d'implorer en ce jour sa protection, afin que, sous une si puissante patronne, notre Royaume soit à couvert des entreprises de ses ennemis, qu'il jouisse longuement d'une bonne paix, que Dieu y soit servi et révéré si saintement, que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous avons tous été créés (2). »

Louis XIII ne se contentait pas de rendre grâces au Ciel, il récompensait les chefs qui avaient été les instruments de la

(1) Louis Xlll n'eut pas le temps de faire construire l'autel, mais Philippe de Ghainpaigne, des 1638, peignit le tableau. Ce n'est que plus tard que l'autel fut érigé. Un groui)e de Coustou, représentant la Vierge au pied de la Croix avec le Corps du Christ sur les genoux, remplaça le tableau qui décorait la première chapelle latérale du chœur. Quant à Louis XIII, une statue le représenta à la droite de l'autel, offrant sa Couronne à la Vierge. Voir la note d'Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. V, p. 908-910.

(2) Avenel, Lettre» du Cardinal de Richelieu, t. V, p. 909.

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Providence. Quelques mois plus tôt, il avait, aux applaudissements de toute la France, érigé le marquisat de La Force et quelques seigneuries voisines en duché-pairie en faveur du vieux maréchal qu'aimaient les Parisiens.

A présent, il song-eait à donner un éclatant témoignage de satisfaction au ministre qu'il considérait comme le plus grand serviteur que la France eût jamais eu. be l'''" janvier 1638, il érigea en duché-pairie les terres d'Aiguillon en faveur de Marie de Vignerod, marquise de Gombalet, et de « ses successeurs héritiers, tant nulles que femelles, tels que « la nièce du cardinal les voudroit choisir ». Faveur que rehaussait encore le début des lettres patentes : « Les grands et signalés services que nous a rendus, à nous et à cette Couronne, notre cher et bien-aimé Cousin le Cardinal de Richelieu... »

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